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Intervention de Michel Larive

Séance en hémicycle du lundi 11 février 2019 à 16h00
Pour une école de la confiance — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMichel Larive :

Après, c'est le lever aux aurores pour rejoindre le plus proche regroupement pédagogique intercommunal, la nouvelle école avec des centaines d'enfants, la nouvelle école socle. Après, c'est le problème de la mobilité, et les dizaines de kilomètres qu'il faut parcourir pour déposer les enfants dans les écoles du RPI correspondant effectivement à leur tranche d'âge. Certains nous rapportent des pérégrinations d'une heure pour mener à bien leur nouvelle mission quotidienne. C'est le cas des enfants de la vallée du Douctouyre, que les parents des villages alentours déposent en voiture, au bourg-centre de la vallée, où ils prennent des bus qui les conduisent vers leur destination finale, déterminée en fonction de leur classe d'âge.

Depuis plus de quinze ans, l'administration, souvent accompagnée des élus locaux, modifie la carte scolaire pour l'optimiser avec son arme fatale : le RPI. Si, dans certains cas de figure, cette solution remplit son rôle de stabilisation du nombre d'établissements scolaires, il arrive de plus en plus souvent que cela se passe mal, très mal. Le principe du RPI concentré consiste à fermer toutes les écoles alentour pour regrouper les élèves en un endroit ; alors, des établissements scolaires sont détruits. Les classes d'âges posent un autre problème. Si un malheureux village relevant d'un RPI déconcentré souffre, même momentanément, d'un déficit d'élèves dans une classe d'âge, son école fermera tout simplement, comme ce fut le cas à Lieurac, l'année dernière. Le RPI n'est pas la panacée de l'éducation nationale en zone rurale. Il doit être employé à bon escient, souvent de façon provisoire ou transitoire. Or cette option est actuellement la seule solution proposée aux écoles rurales et, lorsqu'elle aboutit, il est rarement possible de revenir en arrière.

Pourtant, depuis des décennies, les écoles multiniveaux ont montré leur efficacité. La scolarité des élèves en classes à plusieurs niveaux en milieu rural est plus régulière. Les retards scolaires y sont en moyenne moins importants que dans les écoles qui ne comptent que des classes à un seul niveau et les élèves y sont souvent plus en avance. Les risques de redoublement en classe de sixième, pour les élèves scolarisés dans des écoles avec classes multigrades, seraient presque deux fois moins élevés que pour des élèves scolarisés dans des classes à un seul niveau. Les performances des élèves des classes multigrades aux évaluations en français et en mathématiques, en CE2 et en sixième, sont meilleures que celles de leurs camarades de même profil des classes à un seul niveau – c'est encore plus net en mathématiques qu'en français. « Par ailleurs, pour des aspects importants de l'éducation, comme l'autonomie dans le travail, les attitudes de solidarité et de tolérance à l'égard des autres, qui sont rarement évaluées de manière objective et quantifiée, il est probable que les classes multigrades soient très formatrices sans que l'on puisse mesurer leur plus-value par rapport à d'autres structures scolaires » : c'est ce que relevait Viviane Bouysse, ancienne cheffe du bureau des écoles de la direction de l'enseignement scolaire, au séminaire interactif des responsables de la planification, à l'UNESCO – l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture – , le 25 avril 2002.

Depuis déjà plusieurs semaines, je sillonne ma circonscription pour entendre les doléances de la communauté éducative. Ce matin, j'ai rencontré le DASEN – le directeur académique des services de l'éducation nationale – de l'Ariège, qui finalise la carte scolaire de notre département pour la rentrée 2019 : il doit rendre des postes, ce qui représente un vrai casse-tête pour lui, mais il répond à vos injonctions : 120 000 fonctionnaires en moins, soit le plus grand plan social du quinquennat. C'est difficile à gérer sur le terrain pour un haut fonctionnaire. L'éducation nationale subira là l'une des plus grandes saignées de son histoire. J'ai profité de nos échanges pour lui transmettre les inquiétudes de nos concitoyens. Il m'assure vouloir faire de son mieux, et je lui fais confiance car il m'inspire du respect.

La fermeture d'une école est une insulte à notre avenir.

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