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Intervention de Philippe Monloubou

Réunion du jeudi 21 mars 2019 à 11h00
Mission d'information relative aux freins à la transition énergétique

Philippe Monloubou, président du directoire d'Enedis :

Nous avons vu au travers des échanges qu'il existe une dimension nationale industrielle, qui est l'apanage de grands opérateurs dont nous avons la chance de disposer dans notre pays, et une dimension hyperlocale qui est celle des territoires. Cela mérite d'être mis en regard du savoir-faire de la France, au moment où tous les pays s'interrogent sur leur capacité à conduire la transition énergétique. Il est intéressant, comme levier de la transition énergétique, de capitaliser sur notre capacité à gérer deux dimensions en apparence opposées, la gestion du temps, voire du long terme, et la gestion du temps réel, contrairement à d'autres pays qui peinent à investir durablement dans les réseaux ou à en maîtriser la planification et la « smartisation ». Jean-François Carenco ne me démentira pas, ce n'est pas seulement une question de dogme ou de principe républicain, c'est une question de solidarité des territoires et de capacité d'action dans une logique maîtrisée de coûts, de ressources et de faisabilité, au regard des enjeux.

Il est évident qu'entre la part fixe et la part consommation, une évolution est nécessaire. Je n'indiquerai pas de pourcentage. Nous y travaillons avec la CRE. C'est une évidence, François Brottes l'a souligné. On pourrait parler de « part assurantielle du réseau ». Des coûts de réseau seront nécessaires, quel que soit le développement de l'autoconsommation collective et des communautés énergétiques locales. Ils pourront même se renforcer, car la transition énergétique nécessite des investissements importants.

Je soulignerai aussi la transformation : transformation des entreprises, des compétences, des organisations, de la capacité à fonctionner de manière horizontale. Vous y avez insisté d'emblée et vous l'avez repris à juste titre dans votre formulation. C'est une autre innovation, non exclusive des grands groupes que nous sommes. Elle est de plus en plus horizontale, transverse, on parle d'« open innovation ». Je peux vous le dire par mon engagement dans l'association pour les réseaux électriques intelligents, nous avons un vrai savoir-faire. Il convient de le renforcer, car c'est la condition pour être dans le time to market, le temps d'accès au marché, et permettre la réactivité de nos entreprises.

L'énergie fatale peut être associée à la logique de flexibilité, à la logique de stockage, à la logique de développement des smart grids. La transition énergétique pose de plus en plus de questions, mais jamais, sans doute, autant de réponses ne nous avaient été apportées par les évolutions des technologies numériques et digitales, qui sont aussi des outils nouveaux mis à notre disposition. L'énergie fatale, nous en voyons une expérimentation à la frontière avec le Luxembourg, qui permet la recharge directe de véhicules électriques. Il faudra en vérifier les conditions économiques, mais il y a un espace potentiel pour ces nouveaux outils.

Quant aux territoires, il nous faut, là encore, capitaliser sur ce que nous savons faire pour développer demain la valeur industrielle et la réactivité nécessaires pour s'adapter à des enjeux de plus en plus locaux. On a parlé de schémas directeurs, d'engagements sur la durée, donc de compréhension mutuelle beaucoup plus fine. Nous savons le faire en France.

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