Intervention de Maxime Minot

Réunion du mercredi 10 juillet 2019 à 9h30
Commission des affaires culturelles et de l'éducation

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMaxime Minot :

Permettez-moi de commencer par le commencement, à savoir le titre du texte qui nous est présenté aujourd'hui. Celui-ci nous paraît en effet bien étrange : alors qu'il est interdit à un député d'introduire des cavaliers législatifs, ce titre renvoie à deux types de dispositions qui n'ont aucun point commun, sinon le sport. Sans doute faut-il y voir une nouvelle illustration de la méthode selon laquelle ce gouvernement et cette majorité légifèrent, méthode dont ils ont le secret. Ainsi, l'article 1er vise à préciser une ordonnance publiée pourtant il y a quatre mois à peine…

Au-delà de la méthode, je tiens, ici, comme je l'ai fait lors de l'examen de la loi du 26 mars 2018 relative à l'organisation des Jeux Olympiques, à vous alerter sur l'utilisation des voies de circulation réservées aux véhicules accrédités. Si nous pouvons comprendre les motivations qui sous-tendent leur création, nous devons néanmoins prendre garde à ne pas faire de Paris un bunker inaccessible à celles et ceux qui, malgré les JO, continueront de s'y rendre pour travailler. Les Français, en particulier les Franciliens, ne sauraient être les otages de ce magnifique rendez-vous sportif si nous voulons que celui-ci suscite l'adhésion populaire propre à en faire une fête du sport et du dépassement de soi.

L'article 3 constitue le coeur du texte. Il appelle trois remarques succinctes du groupe Les Républicains. La première concerne le financement de l'Agence nationale du sport, sans lequel celle-ci ne serait qu'une énième agence ad hoc, inutile et coûteuse. Or, on a annoncé un financement de 350 millions d'euros, loin des 400 millions réclamés par le monde sportif, et ce sont finalement 300 millions d'euros qui sont prévus.

La deuxième a trait à l'objectif poursuivi. Dès lors que l'Agence récupère deux missions essentielles – le développement du sport de haut niveau et le pilotage de la pratique sportive sur l'ensemble du territoire – actuellement dévolues au ministère des sports, on est en droit de s'interroger sur l'intérêt et l'utilité de ce dernier. Serez-vous, madame la ministre, la dernière ministre des sports ? Question incidente, mais ô combien importante : quelle sera, demain, la politique sportive du Gouvernement pilotée par l'Agence ? Aura-t-elle pour objectif de ramener des médailles ou de continuer à faire du sport un vecteur de mixité sociale, là où l'école semble renoncer à sa mission dans ce domaine ? De fait, nulle part, dans ce texte, n'est évoquée cette question qui me semble pourtant essentielle.

Enfin, rien, non plus, dans ce texte – mais vous l'avez dit dans votre propos liminaire – sur l'avenir des conseillers techniques sportifs, malgré l'appel lancé par le monde sportif au Président de la République, qui reste sourd à cet enjeu majeur pour l'avenir du sport de haut niveau.

Le sport français mérite mieux que ce bricolage législatif qui illustre, une fois encore, une vision bien approximative.

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