Intervention de Éric Coquerel

Séance en hémicycle du lundi 23 octobre 2017 à 16h00
Projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2018 à 2022 - projet de loi de finances pour 2018 — Article 27 et débat sur le prélèvement européen

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaÉric Coquerel :

J'ai écouté certains de mes collègues, comme M. Maire ou M. Dumont, ou encore Mme la ministre, qui se sont contentés de donner comme réponse à nos arguments que notre discours était « désolant ». Je serais vous, je ferais un petit peu attention. Le mépris que j'entends ici, les distinctions entre nationalistes et ceux qui ne le sont pas, laissant penser que toute critique de l'Union européenne est bonne pour les gémonies, c'est exactement ce que nous avons entendu pendant des mois avant le traité constitutionnel européen. On nous a accusés de tous les maux, vous avez été méprisants – je m'adresse à vous parce que vous reprenez les mêmes arguments. Or, à ce référendum, qui a vu 70 % des Français voter – un record sous la Ve République – , 55 % ont dit qu'ils ne voulaient plus de l'évolution actuelle de l'Europe. D'ailleurs, personne n'ose organiser de nouveau un référendum sur des traités pourtant fondamentaux, de peur, très certainement, d'être à nouveau minoritaire.

Il y a eu beaucoup de modèles européens dans l'histoire. L'Europe, c'est un moyen ; ce ne peut pas être un objectif. Elle ne vaut que si elle favorise le progrès social, écologique et démocratique. Or c'est tout l'inverse qui se passe aujourd'hui. Monsieur Maire, vous parliez de l'aide au développement pour les pays africains ; mais ne savez-vous pas que l'Europe est en train de contracter des accords de libre-échange qui vont ruiner toutes les économies des pays africains, notamment de l'Ouest du continent ? Vous parliez de la Grèce ; mais ne savez-vous pas que l'Europe a laissé les banques spéculer sur la dette souveraine grecque ? Un peu de réalisme ! Arrêtez de nous vanter quelque chose auquel les gens ne croient plus, parce qu'ils regardent la réalité ! Au lieu d'une Europe de la coopération, nous avons une Europe qui a abandonné sa souveraineté à la finance. C'est ça, la réalité ! Ne vous en déplaise, c'est ça que vivent les gens tous les jours.

Sur la question du solde structurel, vous seriez plus crédibles, je pense, si vous ne faisiez pas en permanence une critique de notre pays, au prétexte que nous ne respecterions pas nos soldes structurels.

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