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Intervention de Éric Coquerel

Réunion du mardi 8 octobre 2019 à 17h20
Commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaÉric Coquerel :

Je suis étonné que les débats économiques n'intègrent pas un événement majeur et inédit : la valeur de l'argent est devenue négative. La formule n'est pas de moi, mais de Nicolas Sarkozy. Dans sa foulée, avec un certain nombre d'économistes libéraux, beaucoup de gens s'étonnent à juste titre – cela fait longtemps en ce qui nous concerne, mais chacun peut trouver la lumière à un moment ou à un autre – que l'on s'en tienne toujours à la sacro-sainte règle des 3 % du PIB pour le déficit public, alors que les taux d'intérêt sont négatifs et quel que soit l'impact que cela peut avoir sur les politiques publiques, notamment en matière de transition écologique.

Pourquoi avons-nous dépassé le seuil de 3 % l'an dernier ? Parce que le Gouvernement a décidé de doubler le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), ce qui représentait un déficit supplémentaire de 0,8 point de PIB. Quand il s'agit de faire des cadeaux sans contrepartie, on peut dépasser les 3 % de PIB, mais sitôt que l'on décide de revenir à des règles relevant de l'orthodoxie libérale en 2020, il faut à toute force revenir à 2,2 % !

C'est une très mauvaise politique, qui n'a pas vraiment de sens économique : quand il est possible d'emprunter à des taux d'intérêt négatifs, on peut presque penser, en poussant le raisonnement jusqu'au bout, que cela peut même diminuer la dette. En tout cas, ce que vous faites n'est pas à la hauteur du traitement de la seule dette qu'il ne faut pas léguer aux générations à venir, c'est-à-dire la dette écologique. Il faudrait un grand plan d'investissement dans la transition écologique.

Ajoutons, comme je l'ai expliqué tout à l'heure à madame Borne, qui a fait semblant de ne pas comprendre, que lorsqu'on décide de supprimer des postes dans les ministères pour appliquer la fameuse règle des 3 %, on supprime parfois des postes d'inspecteurs pour les établissements à risque sur le plan industriel ou naturel. Nous n'aurons plus que nos yeux pour pleurer quand les incendies se multiplieront. Cela aussi participe de l'affaiblissement de l'État.

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