Intervention de Agnès Buzyn

Séance en hémicycle du jeudi 26 octobre 2017 à 21h30
Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 — Article 12

Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé :

Nous avons pris, avec Gérald Darmanin, des engagements très fermes vis-à-vis des buralistes, de façon à ce que cela ne pénalise pas leur retraite, puisque nous avons besoin d'eux sur les territoires et qu'ils sont même prêts à s'engager dans des actions de santé publique. Nous leur avons promis, d'abord, une lutte acharnée contre la fraude, que nous avons commencé à mettre en oeuvre avec la Direction générale des douanes. Nous avons également prévu, dans le protocole d'accord sur la modernisation du réseau des buralistes, une hausse du taux de remise net. Ce taux passera ainsi de 6,9 % en 2016 à 8 % en 2021. Le Gouvernement est même prêt à amender ce protocole pour accompagner encore davantage les débitants de tabac.

Enfin, nous allons travailler avec la Commission européenne sur une harmonisation des prix, sur la traçabilité des produits du tabac et sur une convergence des prix entre tous les produits du tabac, qu'il s'agisse de tabac à rouler, de cigarillos ou de cigarettes, de façon à éviter un report de la consommation.

Oui, la hausse que nous proposons est importante, car nous savons que seules les hausses importantes sont capables de réduire la consommation. Au cours des dix dernières années, pendant les quinquennats des présidents Sarkozy et Hollande, aucune mesure réellement courageuse n'a été prise sur le prix du tabac dans les plans cancer successifs, ce que je regrette. Or les hausses minimales et continues qui ont été décidées n'ont pas abouti à une réduction, mais plutôt à une augmentation de la consommation, alors que les autres pays européens réussissaient à réduire leur tabagisme.

Nous avons les pires chiffres de prévalence du tabagisme chez les femmes de vingt à cinquante ans au monde ! Ce n'est pas simplement un tabagisme réservé aux personnes des catégories socio-professionnelles les plus défavorisées. Les femmes fument, quelle que soit leur catégorie socio-professionnelle. C'est pareil pour les jeunes : 33 % des jeunes de dix-sept ans sont des fumeurs quotidiens – quotidiens ! Nous savons l'impact que cela aura sur leur santé et leur dépendance. Un fumeur sur deux aujourd'hui mourra du tabac. Il s'agit donc d'un enjeu majeur. C'est pourquoi je vous demanderai, dans les débats qui s'annoncent, d'arrêter d'opposer stérilement les buralistes à la lutte contre le tabagisme, car ils en sont d'accord. Ce sera l'enjeu du « en même temps » de ce gouvernement.

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