Intervention de Général François Lecointre

Réunion du mardi 15 octobre 2019 à 19h05
Commission de la défense nationale et des forces armées

Général François Lecointre, chef d'état-major des armées :

Au risque de lasser votre patience, la réponse à chacune de vos questions exigerait un exposé interminable.

Vous m'interrogez sur les conséquences du Brexit sur notre coopération avec les Britanniques. Le Brexit aura d'abord une incidence vis-à-vis de l'Union européenne sur des systèmes comme Galileo et sur la part des Britanniques dans le contrôle et l'accès à certains de ces signaux. L'Union européenne devra passer un accord de défense et de sécurité particulier avec le Royaume-Uni afin qu'il ne soit pas considéré comme un État tiers banal. Il faudra étudier les sujets qui ne l'ont pas encore été dans le cadre de l'accord global du Brexit que proposaient les Européens. C'est le cas de la Combined Joint Expeditionary Force (CJEF), ce corps expéditionnaire dont nous espérons atteindre la pleine capacité en 2020 et pour lequel nous devons maintenir nos efforts de coopération, de rapprochement des procédures, de travaux d'états-majors. Il n'y a pas de raison que nous le remettions en cause. Ni les Britanniques ni nous ne le souhaitons, nous poursuivons sur cette voie.

Il y a ensuite les engagements réels en opération. J'observe que, là aussi, du côté français comme du côté britannique, nous n'avons aucune intention d'y mettre un terme, qu'il s'agisse de l'enhanced forward presence battlegroup (eFP) en Lettonie, à laquelle nous renouvelons régulièrement notre participation soutenue, ou de l'engagement des Britanniques à nos côtés, par l'envoi de Chinook au Mali. Tous les contacts que j'ai avec mon alter ego, le général Carter, et tous les contacts qu'a la Ministre laissent à penser que les Britanniques ont l'intention de maintenir cette présence, peut-être plus qu'avant. Parce qu'ils sont en train de brexiter, ils essaient, sur le plan militaire, d'entretenir cette relation privilégiée, même si cela paraît paradoxal. En bilatérale, ils sont extrêmement coopérants et désireux de maintenir leur coopération entre les deux véritables puissances militaires européennes.

Concernant la coopération en matière d'armement, nous conservons quelques briques technologiques du système de combat aérien du futur, quel qu'il soit, en commun avec les Britanniques. Un programme de missiles de croisière antinavires, un programme de guerre des mines continue d'être porté en commun. Certes, la coopération industrielle sera compliquée, la position d'industriels comme MBDA sera difficile mais, sur le strict plan de la coopération militaire, dans le cadre du CJEF ou dans le cadre opérationnel, je ne relève pas de risque de dégradation de notre grande proximité.

Sur le système de drones tactiques, parliez-vous des Patroller ou de l'évolution du Reaper, qui n'est pas un système de drones tactiques ?

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