Intervention de Jean-Luc Mélenchon

Séance en hémicycle du mardi 7 novembre 2017 à 15h00
Projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2018 à 2022 - projet de loi de finances pour 2018 — Mission action extérieure de l'État (état b)

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Luc Mélenchon :

Par conséquent, on n'a pas d'autre possibilité que de demander ce genre de transferts. Si on avait imaginé que la minorité de cette assemblée allait avoir le dernier mot sur ce point, croyez-moi, on aurait proposé autre chose ! Évidemment qu'il n'est pas question, dans notre esprit, de détruire tel ou tel appareil de l'influence française. Le rapporteur Petit a parfaitement raison de dire que l'influence d'une langue ne se résume pas à l'enseignement qu'on en fait, mais passe par des dizaines d'autres canaux ; nous le savons tous bien. La diplomatie d'influence est souvent beaucoup plus efficace, ample et de longue portée que la diplomatie au sens fonctionnel du terme.

Pour autant, monsieur le ministre, répondez aux deux questions que nous avons posées : celle de la baisse du budget affecté, mais surtout celle de l'usage du français dans le monde. En tant que ministre des affaires étrangères, vous avez l'autorité de faire cesser ce scandale qui fait que dans les institutions de l'Union européenne il faut pleurer pour obtenir des textes en français. Le français est la langue de travail de l'Europe, tout comme de l'ONU, à égalité avec l'anglais. Il n'y a aucune raison pour qu'une de ces deux langues l'emporte et que nos ministres fassent comme si c'était normal. Si nous avons porté cet amendement à votre connaissance, c'est pour renforcer le poids de l'expression de la représentation nationale sur cette question de l'usage de la langue.

Vous avez raison, monsieur le rapporteur, de dire que le français ne nous appartient plus ; d'ailleurs, les textes de la francophonie précisent qu'elle réunit ceux qui ont en commun l'usage de la langue française. C'est la langue de la République française, mais de bien d'autres nations encore. Dans ces conditions, lorsque nous plaidons, nous plaidons pour tous les autres.

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Inscription
ou
Connexion