Intervention de Meyer Habib

Séance en hémicycle du mardi 7 novembre 2017 à 15h00
Projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2018 à 2022 - projet de loi de finances pour 2018 — Mission action extérieure de l'État (état b)

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMeyer Habib :

Concernant les Français résidant à l'étranger, le programme du candidat Emmanuel Macron, pour lequel ils ont voté à près de 90 %, je le rappelle, était clair et limpide : « L'enjeu numéro un, c'est l'éducation. »

Aujourd'hui, la France dispose d'un réseau scolaire exceptionnel à l'international. Il joue à cet égard un rôle fondamental dans le développement et dans le rayonnement de la France dans 136 pays à travers 500 écoles, 350 000 élèves dont 40 % de Français. Mais je ne cache pas que j'éprouve une certaine inquiétude pour l'avenir de ce réseau, sachant que les frais de scolarité ont augmenté de presque 60 % entre 2008 et 2015, et que le nombre de Français installés hors de France ne cesse de croître – plus 150 000 sur la seule année 2016 : que reste-il de ces engagements de campagne, monsieur le ministre, monsieur le secrétaire d'État ?

Je vous pose la question car, par un décret de régulation du 21 juillet dernier, le budget de la mission « Action extérieure de l'État » a été sacrifié : plus de 163 millions d'euros d'autorisations d'engagement ont été supprimés en catimini, au coeur de l'été. Conséquence pour l'AEFE : une coupe brutale de 8 % de son budget, ce qui veut dire concrètement moins de travaux d'aménagement pour sécuriser les locaux, moins de matériel pédagogique et surtout une augmentation significative des frais de scolarité, et ce alors que la dotation aux bourses scolaires stagne à 110 millions d'euros. J'ai bien peur que les familles les plus démunies en soient les premières victimes. Je suis régulièrement saisi par des familles monoparentales obligées de retirer leurs enfants du système français parce qu'elles n'ont pas les moyens de payer les frais de scolarité. C'est un comble pour un député de centre-droit de demander – pas seulement en son nom personnel mais au nom de l'ensemble du groupe Les Constructifs – , une augmentation de 5 millions d'euros de la dotation attribuée aux bourses scolaires.

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