Intervention de Stéphane Peu

Séance en hémicycle du mardi 7 avril 2020 à 15h00
Questions au gouvernement — Continuité scolaire

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaStéphane Peu :

Depuis désormais quatre semaines, l'école est arrêtée. Certes, le ministère de l'éducation nationale tente de maintenir le lien entre l'enseignant et l'élève et d'assurer la poursuite des apprentissages, mais nous voyons bien à quel point cette prétendue « continuité pédagogique » se heurte à d'importantes difficultés : l'indisponibilité des parents qui travaillent ; le manque de compétences, car il ne suffit pas d'avoir fréquenté l'école pour savoir enseigner ; enfin, le manque d'outils, car dans nombre de foyers modestes, le seul lien vers l'internet, c'est le téléphone : pas d'ordinateur, encore moins d'imprimante – et parfois rien du tout dans les zones blanches, dans nos campagnes. Vous admettez avoir perdu le contact avec 8 % des élèves, mais dans bien des territoires, c'est beaucoup plus ; dans mon département de la Seine-Saint-Denis, votre administration évalue ainsi à un tiers la proportion d'élèves en rupture de scolarité, proportion qui atteint les 60 % dans l'enseignement technique.

Il est désormais clair que l'école à la maison risque d'accroître un peu plus les inégalités scolaires. Nous ne pouvons en accepter les graves et durables conséquences pour les élèves – par exemple pour ceux de CP : on sait que c'est au coeur de ce trimestre que doit se produire leur envol vers la lecture et l'écriture.

Monsieur le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, n'ajoutez pas la crise scolaire à la crise sanitaire. Oui, il faudra un plan massif de rattrapage et, sans doute, adapter les programmes afin de ne pas entériner le retard pris par certains élèves. Pouvez-vous, alors que votre administration annonce d'ores et déjà à nos communes la fermeture de plusieurs classes, vous engager devant la représentation nationale à lancer un moratoire sur les fermetures de classe ? J'ai appris ce midi que, sur les 1 200 postes supplémentaires que vous avez annoncés le 27 mars dernier, il n'y en aurait aucun pour la Seine-Saint-Denis, qui est pourtant le département le plus jeune et le plus populaire de France et qui paie en ce moment un lourd tribut à la crise du Covid-19. Je dois dire que cela m'a abasourdi ! Je n'avais pas prévu de finir ma question ainsi, mais, monsieur le ministre, pourriez-vous nous rassurer et nous dire qu'il s'agit d'une fake news ? Ainsi, je n'aurais pas perdu mon après-midi…

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