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Intervention de Julien Dive

Séance en hémicycle du mardi 26 janvier 2021 à 21h00
Lutte contre la maltraitance animale — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJulien Dive :

Les animaux sont des partenaires sociaux à part entière ; nous avons envers eux un devoir de respect, pour eux, mais aussi pour nous-mêmes. C'est en prenant conscience de notre humanité que nous concevons notre responsabilité envers eux ; c'est avec nos particularités humaines – l'écriture, la parole, le sens de l'histoire, du bien et du mal – que nous élaborons des lois visant à la protection du monde animal. Les animaux dorment et nous veillons : ceux qui veillent sont responsables de ceux qui dorment. Oui, nous devons rester éveillés !

Il est naturel que les lois traduisent en mesures concrètes cette responsabilité, ces devoirs que nous avons envers l'animal. C'est pourquoi je voterai sans difficulté en faveur des dispositions qui visent à protéger nos animaux domestiques, à améliorer les conditions de détention des animaux de compagnie et des équidés, à renforcer les sanctions pénales contre la maltraitance ; elles sont importantes et surtout nécessaires au bien-être du vivant. Les sévices physiques ou psychologiques, la négligence, la brutalité constituent une réalité quotidienne : il faut mettre un terme au cycle de la violence. En moyenne, plus de 9 500 infractions liées à des actes de cruauté sont enregistrées chaque année par les services de gendarmerie : privation de nourriture, d'abreuvement, de soins, maintien dans un environnement constituant une source de souffrances, autant de faits qui méritent d'être sanctionnés plus durement.

Je conçois également la nécessité de prendre des mesures en faveur du bien-être de la faune sauvage captive. Encore une fois, notre rapport à l'animal a évolué : nous devons nous adapter aux influences éthiques, morales, philosophiques et scientifiques de notre époque. Par exemple, la fin programmée de la présence d'animaux non domestiques dans les cirques itinérants est idéologiquement acceptable. En revanche, elle ne sera financièrement guère soutenable si l'État ne s'engage pas à déployer les moyens requis pour accompagner les filières concernées dans cette transition ; sans quoi l'inquiétude et la désapprobation des éleveurs, des dresseurs, des exploitants de cirques se trouveraient justifiées.

De même, l'interdiction d'élever et d'abattre des visons pour leur fourrure répond aux attentes de nos contemporains ; mais il ne faudrait pas prendre de décisions de cette ampleur sans soutenir les acteurs en cause. Concernant l'élevage des visons, monsieur le ministre de l'agriculture et de l'alimentation, votre collègue Barbara Pompili avait annoncé en décembre une transition de cinq ans assortie d'une enveloppe de 8 millions d'euros. Ce délai a été réduit à deux ans lors de l'examen de ce texte en commission ; un amendement de M. le rapporteur général Dombreval visait même à interdire ces élevages sans délai. Dans l'une ou l'autre de ces hypothèses, monsieur le ministre, madame et messieurs les rapporteurs, combien choisiriez-vous de consacrer à l'accompagnement de ces quelques établissements, et selon quelle formule ?

Le sujet de l'élevage d'animaux destinés à l'alimentation humaine n'a pas été abordé dans le cadre de l'examen de ce texte, mais l'est parfois dans cet hémicycle et souvent au dehors. Je souhaite mettre en garde certains collègues : ici ou ailleurs, leurs propos peuvent constituer les ferments de l'agribashing et de toutes les dérives qu'il suscite. Je m'opposerai toujours à ceux qui montent des citoyens contre les éleveurs, les paysans de nos campagnes, qui travaillent dur et qui aiment leurs bêtes, comme vous le savez, monsieur le ministre.

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