Intervention de André Chassaigne

Réunion du 16 novembre 2016 à 9h30
Commission des affaires économiques

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaAndré Chassaigne :

Nous sommes malheureusement déjà dans l'adaptation, ce qui est un signe d'échec partiel en ce qui concerne la lutte contre le changement climatique.

Il existe plusieurs scénarios possibles. Le premier mise sur une simple augmentation de la température d'un à deux degrés, qui pourrait être favorable à la qualité des vins. Malheureusement, il faut davantage réfléchir aux conséquences d'une hausse de la température de 4 à 5 degrés et évaluer le bouleversement que cela va entraîner pour le cadre traditionnel de la viticulture, qu'il s'agisse du degré alcoolique, de l'acidité, du ruissellement et de l'érosion, des phénomènes de photosynthèse. Comme vous l'avez souligné les uns et les autres, la question du temps est primordiale : il faut anticiper à vingt ans, voire davantage, ce qui implique une appropriation par les producteurs, mais aussi une intensification de la recherche pour apporter des réponses à la hauteur du défi.

Je veux appeler votre attention sur la nécessité d'accompagner la recherche sur les cépages résistant à certaines maladies comme l'oïdium et le mildiou. J'ai déjà eu l'occasion de regretter certains blocages, alors que la recherche, en particulier dans le centre de Pech Rouge de l'INRA, s'est considérablement développée et a abouti à des résultats très concrets. Il a fallu saisir l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) pour qu'il y ait un déblocage et que cette recherche puisse bénéficier à la viticulture.

Ma deuxième question concerne le maintien de certaines caractéristiques physico-chimiques des cépages avec leurs typicités. Des recherches sont-elles menées en la matière ? C'est toute la richesse de nos vins qui en dépend.

Quelles solutions sont esquissées sur la maîtrise de la température des raisins, des moûts, des vins ? Des techniques ont-elles déjà été mises en oeuvre sur la désalcoolisation, pour tenter de sauvegarder la typicité des vins avec de nouveaux composants de la vendange ? Qu'en est-il de ces conservatoires de l'INRA que je trouve remarquables sur de nombreuses productions, notamment avec des cépages anciens ? Cela pourra-t-il servir à répondre à cette priorité ?

Ma dernière question concerne l'INAO. Il a été souligné que l'évolution pouvait porter sur le périmètre des zones de plantation, en lien notamment avec l'altitude, et sur de nouvelles variétés adaptées aux nouvelles conditions, avec de nouveaux cépages. Quelles AOC ont engagé une mutation ? Où en est la prise de conscience des régions d'appellation contrôlée ? Dans le cadre de cette mutation, quels cépages peuvent être pris en compte, en particulier quels cépages anciens peuvent-ils être introduits ?

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