Intervention de André Chassaigne

Séance en hémicycle du lundi 11 mars 2019 à 16h00
Coopération parlementaire franco-allemande — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaAndré Chassaigne :

Monsieur le président, madame la ministre, chers collègues français et allemands, je commencerai par évoquer les difficultés d'adoption de cette proposition de résolution par nos deux assemblées. Le nouveau report par le Bundestag n'est pas lié à des questions d'agenda : il l'est à des désaccords profonds entre son président et une partie de sa majorité parlementaire, refusant que les délibérations de l'Assemblée parlementaire franco-allemande puissent être adoptées par des alliances de circonstance sans une majorité de ses membres allemands. Cette réticence touche à un volet essentiel de l'accord : celui des votes. L'exigence d'un droit de veto en dit long sur la volonté d'une relation parlementaire équilibrée. Vous nous demandez donc de nous exprimer sur un texte qui peut être encore soumis à modification par le Bundestag.

À l'heure où l'Europe est traversée par une vague nationaliste et xénophobe, je placerai d'emblée cette intervention sous le sceau de l'amitié des peuples français et allemand, si chère à Jaurès, Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht. Notre histoire commune nous enseigne que la peur et le rejet de l'autre aboutissent à une impasse mortifère, qui peut prendre jusqu'à la forme hideuse de la guerre. Dans ce contexte, la solidarité franco-allemande comme la solidarité européenne doivent être plus que jamais guidées par la recherche de l'intérêt des peuples souverains. Elle implique une coopération qui ne soit pas engluée dans le passé, en particulier contre le réchauffement climatique, contre la désertification et la destruction des sols ou pour la satisfaction des besoins alimentaires des habitants.

Le fait que ces enjeux essentiels soient absents du texte est la marque d'une pensée fossilisée dans le vieux monde. Ce texte n'offre pas de vision pour l'avenir d'une humanité en quête d'espérance qui pourrait s'appuyer sur une solide relation franco-allemande, comme Victor Hugo le souhaitait déjà en 1842. Si nous convenons que la solidarité passe par la coopération interétatique et interparlementaire, le texte qui nous est soumis la réduit à satisfaire les intérêts particuliers des opérateurs économiques et autres acteurs bancaires et financiers. C'est l'intérêt des peuples qui aurait dû primer ! L'humain doit l'emporter sur le capital, qui détruit l'homme et la nature, comme le rappelait ce grand Allemand que fut Karl Marx, dont la pensée continue à nous éclairer.

2 commentaires :

Le 14/03/2019 à 19:08, Laïc1 a dit :

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" ce grand Allemand que fut Karl Marx, dont la pensée continue à nous éclairer."

Les millions de morts causés par le marxisme apprécieront...

Vous trouvez ce commentaire constructif : non neutre oui

Le 14/03/2019 à 19:11, Laïc1 a dit :

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"L'humain doit l'emporter sur le capital, qui détruit l'homme et la nature,"

Les excès du marxisme ont détruit plus de monde que les excès du capitalisme.

Avec le marxisme, l'être humain voit sa perte.

Vous trouvez ce commentaire constructif : non neutre oui

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