Intervention de Bastien Lachaud

Séance en hémicycle du mercredi 3 avril 2019 à 15h00
Débat sur la démocratie et la citoyenneté

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaBastien Lachaud :

Que ces mots de Maximilien Robespierre résonnent encore dans notre assemblée, car on ne les répétera jamais assez : liberté, égalité, fraternité. Nous sommes tous profondément épris de notre devise.

Elle n'appartient pas à un courant politique, elle appartient au peuple. Et, puisque le peuple est souverain, nous devons, en tant que représentants, accomplir sa volonté. Le souverain n'a pas à demander d'autorisation : il décide.

Samedi dernier, j'étais dans l'Oise. Je manifestais pour l'abolition de la chasse à courre. Des gilets jaunes avaient décidé de venir. De quoi avons-nous parlé ? De souffrance animale, bien sûr, de la morgue de ceux qui croient encore vivre sous l'Ancien régime, mais surtout du référendum d'initiative citoyenne. D'autres sont venus à pieds depuis Arles, pour remettre à l'Assemblée nationale une plaque symbolisant la volonté du peuple d'instaurer le RIC.

D'autres encore, dans les cahiers de doléances de ma circonscription qui m'ont été remis, parlent aussi du RIC. C'est de leur parole, qui rejoint celle de millions d'autres, que je me fais l'écho. Entendez ce profond mouvement pour la dignité du peuple.

Ne vous y trompez pas. La seule sortie positive à cette crise n'est pas un grand bavardage, à l'issue duquel vous ferez semblant de prendre des décisions. Le peuple français est profondément politique. Il comprend ce qui est en train de se passer, et que vous vous moquez de lui. Qu'allez-vous donc décider que vous n'aviez pas déjà l'intention de faire ?

Vous avez déjà écarté toute remise en cause de votre politique : ISF, salaires, démocratie, écologie.

La solution n'est pas dans la dérive autoritaire et violente à laquelle vous vous livrez, avec toujours de plus de répression policière et judiciaire, martyrisant les corps, mutilant les personnes, ou tenant les esprits dans l'angoisse d'une condamnation qui les vouerait quasiment à la mort sociale.

La solution est politique, et elle est parfaitement évidente : la démocratie ! Seule la décision du peuple peut convenir au peuple. Aucune fausse solution imposée par force ou par ruse ne permettra de réconcilier le peuple avec lui-même, et avec ses institutions politiques.

Nous avons déjà parlé du référendum d'initiative citoyenne en février dernier. À cette époque, les orateurs de la majorité ont inventé tout un tas d'arguties pour refuser de l'instaurer immédiatement. Parmi ces subterfuges, vous prétendiez qu'il fallait attendre la fin du grand débat. Nous y sommes. S'il était trop tôt il y a un mois, maintenant, il est temps. Et c'est vous qui êtes minoritaires dans le pays, à vous opposer au RIC !

Instaurons la possibilité de procéder à des référendums d'initiative citoyenne, pour que le peuple puisse proposer une loi, ou l'abroger, révoquer un élu, femme ou homme, qu'il soit conseiller municipal ou Président de la République, ou encore modifier la constitution.

Discutons des modalités, des seuils, de la temporalité, du nombre de RIC par an, de la durée minimale de la campagne référendaire, discutons de tout ce dont vous voudrez débattre.

Mais actons que, désormais, il sera possible au peuple de prendre l'initiative de la loi. Il est normal et sain, en démocratie, de débattre de sujets importants, mais à condition que ce débat débouche sur une décision.

La voie est claire. Instaurons les référendums d'initiative citoyenne. C'est un moyen raisonnable, rationnel, pacifique, politique et démocratique. C'est au peuple de décider. Nous n'avons qu'à en organiser les modalités. Il faut savoir faire confiance au peuple.

Si vous refusez, il y a une autre solution, plus radicale, plus efficace sans doute. Convoquons une assemblée nationale constituante. Là, le peuple aurait l'occasion d'avoir le seul grand débat qui vaille : le débat constituant, pour redéfinir de fond en comble nos institutions.

La Ve République a vécu. Il faut conclure un nouveau pacte social, et refonder nos institutions : c'est la condition pour un avenir en commun. La catastrophe écologique est commencée. Pour y faire face, le peuple tout entier doit être uni, confiant, mobilisé. Car nous avons face à nous un immense chantier : la transition écologique.

4 commentaires :

Le 09/04/2019 à 15:14, Laïc1 a dit :

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"liberté, égalité, fraternité. Nous sommes tous profondément épris de notre devise."

Devise qui est complètement creuse si elle n'est pas mise en oeuvre par des référendums. Sans libre expression du peuple, pas de liberté, pas d'égalité, pas de fraternité.

Vous trouvez ce commentaire constructif : non neutre oui

Le 09/04/2019 à 15:18, Laïc1 a dit :

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"De quoi avons-nous parlé ? De souffrance animale, bien sûr,"

Egalement dans les abattoirs religieux ? (qui sont bizarrement au-dessus des lois et de la souffrance animale, ben tiens…)

Vous trouvez ce commentaire constructif : non neutre oui

Le 09/04/2019 à 15:20, Laïc1 a dit :

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"et que vous vous moquez de lui."

Ca c'est bien vrai, c'est ce qui s'appelle se foutre de la gueule du peuple.

Vous trouvez ce commentaire constructif : non neutre oui

Le 09/04/2019 à 15:34, Laïc1 a dit :

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" Il faut savoir faire confiance au peuple."

Le pouvoir dégueule le peuple, c'est son ennemi personnel.

Vous trouvez ce commentaire constructif : non neutre oui

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