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Intervention de Dominique Potier

Séance en hémicycle du jeudi 3 octobre 2019 à 21h30
Bioéthique — Après l'article 4

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaDominique Potier :

La science et la technique permettent aujourd'hui de dépasser ces limites. La seule question qui m'habite depuis quelques semaines est de savoir si ce que nous votons ensemble nous humanisera collectivement ou non.

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits » : l'article 1er de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 constitue, au même titre que le triptyque républicain, ma boussole. Ils doivent devenir le fil d'une réflexion qui ne peut être réduite à de simples évidences. Je le dis ici avec beaucoup de prudence, l'égalité doit être mise en dialogue avec l'altérité, et la liberté avec la responsabilité pour autrui. La fraternité, enfin, doit être pensée non seulement dans la dimension d'un projet familial singulier, pour lequel j'ai beaucoup de sensibilité et d'attachement car je le considère comme un appel à la vie, mais également dans ce qui est en jeu pour l'ensemble des relations humaines. Il ne s'agit pas de juger les situations existantes, les choix personnels et les désirs de vie dont ils témoignent. Il ne s'agit pas non plus de douter de notre capacité, depuis la nuit des temps, à renouer, par la parole, les liens qui remontent au-delà même de l'origine. L'enjeu, ici, est de mesurer les effets systémiques et symboliques de ce que la loi institue.

C'est dans cette perspective que j'avoue un sentiment de vertige à l'idée que soient reconnus une filiation lacunaire et un droit à concevoir seule, que soient interrogés les principes qui fondent la médecine et la sécurité sociale, et qu'incidemment, prenne corps l'idée d'une conception « sur mesure », réduisant l'être humain à sa matérialité.

Mes questions, qui n'ont pas de réponses évidentes, portent sur les conséquences à long terme pour l'enfant et la société. Mon alerte la plus vive, qui justifie à elle seule mon opposition à ce projet de loi, est le risque d'une marchandisation accrue du vivant.

1 commentaire :

Le 06/10/2019 à 13:38, Laïc1 a dit :

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"La science et la technique permettent aujourd'hui de dépasser ces limites. La seule question qui m'habite depuis quelques semaines est de savoir si ce que nous votons ensemble nous humanisera collectivement ou non."

Non, ça va nous déshumaniser. Tant pis, on aura le RN au pouvoir en 2022, ce sera la faute à Macron et compagnie.

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