Intervention de Elsa Faucillon

Réunion du jeudi 24 octobre 2019 à 9h35
Commission des affaires culturelles et de l'éducation

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaElsa Faucillon :

L'année passée a montré une nouvelle fois combien le ministère de la culture, en s'appuyant sur l'expertise de ses agents, devait être la clé de voûte des politiques culturelles de notre pays. Nous avons eu l'occasion de le rappeler lors de l'examen de la loi sur la restauration de Notre-Dame, où nous dénoncions la mise à l'écart des expertises existantes et du ministère de la culture dans la précipitation qui a suivi l'incendie. Nous en avons vu ensuite les conséquences. Parce que nous sommes attachés à un ministère de la Culture fort, nous espérons que toutes les velléités d'affaiblissement de celui-ci et de son administration seront définitivement abandonnées. L'ombre du rapport Cap 2022 plane sur la rue de Valois. C'est donc soucieux que nous attendons la restructuration en janvier 2020 des services du ministère.

Ce budget marque également une nouvelle diminution des emplois en administration centrale, qui fait suite aux suppressions de plusieurs dizaines de postes ces deux dernières années. Monsieur le ministre, pouvez-vous nous éclairer sur cette transformation du ministère ? Je voudrais savoir comment vous entendez mieux prendre en compte les initiatives atypiques, faire en sorte que ce qui n'entre pas tout à fait dans les cases, notamment ce qui ne répond pas aux nouvelles modalités de rencontres entre artistes et citoyens, puisse trouver sa place dans cette restructuration et comment cela se traduit en termes de personnel.

Plus généralement, les différents crédits budgétaires nous ramènent au niveau du début de la décennie après les diminutions intervenues dans les premières années du quinquennat.

Comme l'an dernier, nous résumerons ainsi notre état d'esprit devant ce budget : un budget qui manque d'ambition claire et de souffle, en dehors de quelques dispositifs. Je regrette, par exemple, que le budget dédié aux archives continue d'être sous-doté après la baisse de 17 % l'an dernier alors que le ministère s'était engagé, en début de mandat, à ce qu'aucune économie ne soit faite sur notre mémoire.

Les crédits en faveur du patrimoine sont stables. Je rejoins la rapporteure pour avis sur l'affichage que constitue la création d'une ligne budgétaire de 2 millions d'euros en faveur de la sécurisation des cathédrales et, de manière plus générale, notre dépendance au mécénat privé pour entretenir notre patrimoine, ce qui n'est pas acceptable. Une telle dépendance grève nos finances publiques par les avantages fiscaux qu'ils procurent et place aussi l'État en situation de faiblesse.

Monsieur le ministre, vous avez évoqué le Pass culture qui enregistre un taux d'activation de 52 %, un taux d'utilisation des jeunes qui ont créé leur compte de 68 % et un taux de consommation de 60 %. Comment le ministère analyse-t-il ces chiffres, qui traduisent une sous-utilisation du dispositif ? Les différences sont-elles sensibles entre les cinq départements et selon les classes sociales ?

Par ailleurs, de nombreuses collectivités aujourd'hui se soucient d'associer des artistes à leurs projets d'aménagement urbain afin d'introduire une dimension sensible dans la fabrique de la ville. Je note que le ministère de la culture ne semble pas soutenir véritablement ce type d'initiative. Qu'en est-il réellement ?

Enfin, comment distinguez-vous, ou non, les tiers-lieux et les micro-folies ?

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