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Intervention de Stéphane Peu

Séance en hémicycle du jeudi 12 octobre 2017 à 15h00
Maintien des compétences eau et assainissement dans les compétences optionnelles des communautés de communes — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaStéphane Peu :

Les articles 64 et 66 de la loi NOTRe portent en outre en leur sein un ensemble de difficultés politiques. Je vais ici ne développer qu'un point, mais qui nous paraît essentiel : c'est la question du mode de gestion valable pour toutes les communes. Comment fait-on si des communes veulent être en régie publique tandis que d'autres optent pour une délégation de service public ou une gestion déléguée ? Est-il raisonnable d'imposer aux maires un mode de gestion d'une ressource aussi fondamentale que l'eau dont ni lui ni sa population ne veulent ? Obliger une commune à adhérer à un mode de gestion qu'elle n'a pas choisi pose un grave problème de démocratie. Les incidences du mode de gestion peuvent être très importantes : ce sont la qualité du service, le prix payé par les usagers et le respect des valeurs régissant le service public qui risquent d'en pâtir. Nous sommes, au groupe GDR, viscéralement attachés à la possibilité d'une gestion directe du service public de l'eau et de l'assainissement par la commune. Les élus locaux doivent avoir le choix et ne pas être noyés dans une structure qui les obligerait, le cas échéant, à adopter un mode de gestion dont ils ne veulent pas, avec des multinationales plus promptes à verser des dividendes à leurs actionnaires qu'à offrir une qualité de service digne de ce nom, à un tarif juste, sans coupure en cas de difficultés financières de l'usager. Derrière ce cas précis, c'est le rôle du maire qu'il faut préserver. En effet, les femmes et les hommes qui exercent ce mandat, et qui sont pour beaucoup d'entre eux les élus de confiance des Français, ne doivent pas devenir de simples officiers d'état civil ou exécutants.

C'est pourquoi je veux ici affirmer notre attachement à la commune, issue de la Révolution française. L'histoire de notre démocratie et de la construction de la République française est liée à celle des communes, lesquelles en sont le pilier. Les communes sont issues de siècles et de siècles d'histoire, elles ont une raison d'être qui dépasse largement les considérations administratives ou purement organisationnelles. Ce n'est pas sans raison que les Français y sont particulièrement attachés. Ils voient concrètement à quoi sert leur commune, ils demandent des comptes directement aux élus, qui vivent parmi eux et connaissent leurs problèmes. Or depuis quelques années déjà, la commune est attaquée de partout, on lui ôte peu à peu ses prérogatives, on l'oblige à s'intégrer dans des EPCI toujours plus vastes. Aux difficultés économiques, liées à la baisse des dotations, on ajoute des difficultés administratives, techniques et politiques. Il faut que cette logique d'affaiblissement du pouvoir communal cesse !

Personne ne dit que l'organisation territoriale est aujourd'hui optimale : il y a beaucoup d'échelons, de nombreux doublons et des compétences qui s'enchevêtrent souvent. Il reste beaucoup à faire. Mais cette organisation ne doit plus se faire à la serpe, découpant les territoires pour les réorganiser de manière arbitraire, ni à coups de fouet pour que les communes transfèrent leurs compétences. Des collectivités qui s'organisent de manière cohérente selon leurs spécificités territoriales, avec un État qui veille à l'égalité sur le territoire, garant de l'unité et de l'indivisibilité de notre République, voilà ce que nous voulons.

Je conclurai en soulignant que ce texte permet opportunément de rappeler que le droit à l'eau et à l'assainissement doit être considéré comme un droit de l'homme, un droit fondamental.

1 commentaire :

Le 26/10/2017 à 10:07, Laïc1 a dit :

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"Des collectivités qui s'organisent de manière cohérente selon leurs spécificités territoriales, avec un État qui veille à l'égalité sur le territoire, garant de l'unité et de l'indivisibilité de notre République, voilà ce que nous voulons."

En guise d'indivisibilité, on est bien obligé de constater que la société française est constituée de groupements d'intérêts économiques et culturels divergents qui se juxtaposent, qui se concurrencent d'ailleurs fortement, et que le bonheur des uns fait plus que souvent le malheur des autres, et inversement. Comment dans ces conditions parler d'indivisibilité ? On peut espérer aller vers plus d'indivisibilité, mais la réalité l'infirme tout le temps.

Et puis, pour que la que la démocratie ait un sens, il faut faire participer les gens, or les citoyens ne participent jamais à rien, on ne leur demande jamais leur avis, on ne les consulte jamais, bref il n'y a pas de démocratie en France.

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