Intervention de Mathilde Panot

Séance en hémicycle du mardi 1er août 2017 à 15h00
Renforcement du dialogue social — Motion de rejet préalable

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMathilde Panot :

… des idées qui, elles, sont adaptées à notre temps et aux besoins de notre peuple.

D'abord, il faut un droit du travail pour toutes et tous. Il n'y a pas un code général des impôts par contribuable, ni un code de l'éducation par école, ni un code des marchés publics par collectivité. C'est le code du travail qui permet au salariat d'exister, aux personnes de changer d'emploi, d'avoir confiance les unes envers les autres, sans devoir perpétuellement tout négocier. Ce qui est interdit dans une entreprise, car cela fait souffrir des salariés, ne saurait être toléré dans l'entreprise voisine !

Le démantèlement du code du travail est un blanc-seing donné aux employeurs, car vous supprimez du même coup l'Inspection du travail, qu'il faudrait au contraire protéger. Le corps des inspecteurs a perdu 20 % de ses effectifs entre 2007 et 2017 ; seuls vingt-six élèves inspecteurs ont été recrutés en 2017. Or l'Inspection du travail, c'est ce qui garantit, avec les prud'hommes, le respect du code du travail et des droits des travailleurs. Un droit différent par entreprise équivaudrait à supprimer le métier, car cela rendrait le contrôle par l'Inspection plus difficile, voire impossible. Par ailleurs, la faiblesse des moyens de l'Inspection du travail et de la justice conduit à ce que les employeurs qui fraudent ne sont pas punis dans des délais raisonnables, ou restent impunis.

Il faut encadrer les écarts de salaire de un à vingt, et rétablir une fiscalité qui décharge les classes moyennes et mette à contribution les millionnaires.

Il faut partager le travail tout au long de la vie : formation professionnelle, allongement de la scolarité obligatoire, retraite à 60 ans à taux plein, sixième semaine de congés payés, rétablissement strict des 35 heures.

Alors que l'on a appris hier qu'il y aurait seulement 5 % de chances de limiter le réchauffement climatique à 2° C, il faut une vraie transition écologique, avec un investissement public conséquent pour dynamiser les secteurs de la transition énergétique ou des transports doux.

Bref, il faut construire une société vivable, qui donne à chacun la capacité de s'émanciper.

Je demande le rejet de ces ordonnances pour réfléchir à de nouvelles orientations politiques, qui rencontrent les aspirations du plus grand nombre !

S'il faut libérer le travail, il faut le libérer de la finance.

S'il faut libérer le travail, il faut le libérer de la peur, de la peur du lendemain, de la peur de perdre son travail.

Nous invitons tous les citoyens et citoyennes qui le veulent à descendre dans la rue pour manifester notre opposition à ces ordonnances, le 12 septembre, à l'appel des syndicats, et le 23 septembre.

7 commentaires :

Le 02/08/2017 à 22:59, Laïc1 a dit :

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Mme a oublié de parler du jour de carence scandaleusement imposé aux fonctionnaires à partir de 2018.

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Le 03/08/2017 à 15:52, aldodep a dit :

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euh c'est 3 jours dans le privé, et c'est un rempart contre l'absentéisme reconnu comme endémique chez les fonctionnaires

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Le 04/08/2017 à 08:17, Laïc1 a dit :

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Les salariés du privé ont une assurance pour rembourser leurs jours de carence. Du moins pour les 2/3 d'entre eux. Pour les autres, c'est Zola : marche ou crève. C'est ainsi que j'ai pu voir des employées de supérettes venir travailler avec 39 de fièvres, sinon pas de salaire ! Et c'est sur la souffrance humaine que vous prétendez aligner les fonctionnaires ? S'il doit y avoir égalité, c'est celle de l'abolition du jour de carence pour toutes et tous, sans discrimination. Il n'y a pas de raison que les salariés du privés qui ont une assurance payée par leur entreprise soient favorisés à ce point sur les autres.

Quant à l'absentéisme endémique, on nage là en plein fantasme, et le fantasme est le lit de la démagogie, la démagogie de droite, toujours malfaisante et hypocrite, jamais honnête.

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Le 05/08/2017 à 12:04, aldodep a dit :

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Effectivement, il y'a une assurance pour ceux qui bossent dans les grosses boites, essentiellement : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/01/07/20002-20150107ARTFIG00013-la-prise-en-charge-du-delai-de-carence-reduit-la-duree-des-arrets-de-travail.php. Attention c'est le Figaro, journal de droite, donc forcément démagogique, bien que sur cet article il aille dans votre sens, étonnant, non ? Celui-là vous fera moins plaisir : http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/dessous-chiffres/2016/11/29/29006-20161129ARTFIG00213-les-chiffres-chocs-de-l-absenteisme-dans-les-collectivites-territoriales.php. C'est un vieux débat, il y'a eu des tonnes de livres et d'études sur ces sujets, faciles à trouver, et pas toujours de droite (vade retro satanas). Même les méthodes s'opposent : d'un côté les histoires individuelles malheureuses (la caissière), qui nécessitent certainement des solutions, et de l'autre, des études sérieuses, chiffrées, factuelles, et qu'on ne peut contester par des histoires individuelles. Ces dernières méritant, je le répète, des solutions, mais pas nécessairement en impactant négativement l'ensemble du système.

Peu de place pour développer plus avant ici. Au "fantasme", je vous oppose le "déni de réalité".

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Le 05/08/2017 à 20:20, Laïc1 a dit :

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Il y a d'excellents articles du Figaro, journal de droite donc, démontrant que remettre le jour de carence chez les fonctionnaires ne faisait qu'augmenter les journées d'arrêts maladie des fonctionnaires. Dérangeant non ? D'autant plus que les articles du Figaro sont corroborés par des enquêtes gouvernementales qui se veulent aussi neutres que possible sur la question. Donc l'idée selon laquelle mettre le jour de carence chez les fonctionnaires ne ferait que diminuer le nombre d'arrêts maladie n'est rien d'autre qu'un fantasme entretenu délibérément par la droite, dont l'idéologie de droite va plus loin que celle du journal de droite le figaro. Au moins ce journal se fend de dire la vérité de temps en temps.

Comme quoi vous tentez de m'opposer un déni de réalité qui vous arrange et qui n'existe que dans vos... fantasmes.

Pour la caissière malade, et exploitée, qui doit quand même travailler dur pour assurer un revenu pour elle et sa famille, j'attends vos solutions. Bien sûr vous n'en avez pas. Pas plus que la droite d'ailleurs, toujours plus assoiffée de démagogie stupide et navrante, destinée à exploiter encore et encore les travailleurs pour engraisser les actionnaires. Pauvre droite, c'est elle qui a fait gagner Macron par son intransigeance économique suicidaire, mais je crains que si M. Macron continue à suivre son déplorable exemple, il ne finisse pareillement dans le naufrage électoral.

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Le 06/08/2017 à 14:12, aldodep a dit :

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Intéressant : en mentionnant la caissière qui vient travailler à 39 de fièvre, à cause des jours de carence, vous admettez que sans ces jours de carence, elle ne serait pas venu travailler (à raison on est d'accord). Et donc vous admettez également l'inverse de la proposition : avec jours de carence il y'a moins d'absentéisme. CQFD. La vraie question est donc bien de séparer l'absentéisme justifié de celui qui ne l'est pas. Et cela pourrait ouvrir un débat de fond intéressant, mais cela vous a échappé. Normal, vous êtes vraisemblablement à l'extrême gauche, qui, comme tous les extrêmes, simplifie tous les sujets dans le but d'émouvoir les foules. Voyez je fais comme vous, porter un jugement de valeur, vous ne savez rien de moi, et notamment si je suis de droite. Vous démontrez donc, par ces deux points, que vous êtes la définition même de la démagogie. Cette vie de haine doit vous peser, je vous souhaite sincèrement de vous en détacher. Bien à vous.

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Le 06/08/2017 à 17:17, Laïc1 a dit :

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Bien sûr, l'absentéisme pour cause de maladie de la caissière serait justifié, mais pas celui du fonctionnaire. Ben voyons et pour quelle raison ? Vous avez un a priori de nature discriminatoire contre les fonctionnaires ? Pour ce qui est de la haine, je ne vois pas en quoi défendre le jour de maladie remboursé de la caissière malade peut être assimilé à de la haine, ainsi que de défendre le droit au jour de maladie remboursé des fonctionnaires. Question haine, c'est plutôt ceux qui veulent faire travailler les gens malades qui devraient se poser des questions. Le refus de la haine de l'autre malade contre l'amour de l'argent, voilà ce que c'est que le refus du jour de carence. Quant à mon inclination politique, je n'en ai aucune, je suis seulement motivé par la défense la justice et du bien, ce qui suffit à motiver mon ardeur à participer à ce site qu'est"nos députés".

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