Séance en hémicycle du mardi 3 mars 2020 à 15h00

La séance

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La séance est ouverte à quinze heures.

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J'informe l'Assemblée que le président de l'Assemblée nationale a pris acte, le 29 février 2020, du dépôt de deux motions de censure, en application de l'article 49, alinéa 3 de la Constitution, le Premier ministre ayant engagé la responsabilité du Gouvernement sur l'adoption du projet de loi instituant un système universel de retraite.

La première motion, déposée à dix-neuf heures une, est signée par M. Damien Abad et quatre-vingts députés. La seconde, déposée à vingt heures trente-deux, est signée par MM. André Chassaigne et Jean-Luc Mélenchon, Mme Valérie Rabault et soixante députés.

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L'ordre du jour appelle les questions au Gouvernement.

À l'occasion de la semaine internationale des droits des femmes, la séance de questions au Gouvernement est traditionnellement présidée par une vice-présidente. Je remercie le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, de veiller au respect de cette tradition à laquelle nous sommes tous particulièrement attachés.

Applaudissements sur tous les bancs.

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J'associe à cette question mes collègues de l'Oise Olivier Dassault et Éric Woerth, sans oublier notre collègue Pierre Vatin, confiné depuis hier soir.

Applaudissements sur les bancs du groupe LR.

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Alors que le coronavirus a atteint la France, l'Oise se trouve en première ligne et paye un lourd tribut. Je tiens à saluer le courage et la résilience de ses habitants et de ses élus locaux, qui font face à la situation avec dignité malgré les inquiétudes légitimes qui les assaillent. J'ai également une pensée pour les victimes et tous les personnels de santé confinés ou travaillant dans les hôpitaux, qui luttent pied à pied contre la maladie et qui accompagnent nos malades. Enfin, je remercie les services de l'État, qui, dans le contexte extrêmement difficile que nous connaissons, accomplissent leurs missions avec dévouement et abnégation.

Applaudissements sur tous les bancs.

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Depuis quelques jours, l'Oise est mise sous cloche, des mesures de sauvegarde – manifestations interdites, déplacements limités, établissements scolaires fermés dans certaines communes – ayant été prises, en plus des gestes de bon sens qui s'imposent à chacun d'entre nous, pour limiter la propagation du virus.

Si le manque de transparence qui a accompagné les premières heures de l'apparition de cas dans notre département a été en partie résorbé, une plus grande pédagogie est nécessaire, notamment pour ce qui concerne le zonage des interdictions et des fermetures. En outre, des interrogations demeurent, notamment sur la recherche du patient zéro et la prise en charge des militaires de la base de Creil à leur retour de Chine. J'appelle donc à ce que toute la lumière soit faite et à ce que des réponses soient apportées sans délai.

Monsieur le Premier ministre, que dites-vous aux habitants de l'Oise ? Comment pouvez-vous, afin d'éviter la psychose, les rassurer sur l'action de l'État ?

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Alors qu'il fait peu de doute que la phase 3 de l'alerte sanitaire sera déclenchée dans les prochaines heures ou dans les prochains jours, comment comptez-vous associer l'ensemble des personnels soignants du département – y compris les médecins de ville et les infirmiers libéraux – à la gestion de l'épidémie ?

Applaudissements sur les bancs du groupe LR.

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La parole est à M. le ministre des solidarités et de la santé.

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

Je vous remercie de votre question, qui me permet de faire un point sur la situation du département de l'Oise, lequel est particulièrement touché par l'épidémie, puisqu'il compte désormais soixante-quatre malades du coronavirus et que des zones de circulation active du virus s'y concentrent.

Je rappelle, sans visée polémique aucune, que nous tenons, depuis le premier jour, au moins une conférence de presse quotidienne, au cours de laquelle nous livrons la totalité des informations disponibles.

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On le sait ! On vous écoute tous les jours…

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

J'ai d'ailleurs annoncé, au cours d'une de ces conférences de presse, la détection de trois malades dans la base militaire de Creil. Nous avons depuis reçu des informations permettant d'exclure l'hypothèse selon laquelle l'infection se serait propagée à partir de cette base militaire, mais qu'importe : les chaînes de contamination doivent être identifiées et toutes les pistes doivent être explorées.

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

Le patient zéro, vous l'avez parfaitement dit, doit être recherché par tous les moyens et nous devons protéger la population.

Je me suis rendu dès vendredi soir dans les communes de Vaumoise et de Crépy-en-Valois – dont je salue le maire, qui a été testé positif au coronavirus. J'y ai rencontré les différents acteurs concernés – le préfet, la rectrice, les élus, le directeur général de l'ARS, l'agence régionale de santé – ainsi que la population de la commune de Vaumoise, qui m'a posé des questions auxquelles j'ai répondu sans filtre.

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

J'ai trouvé cette population extrêmement courageuse et faisant preuve de beaucoup de sang-froid et de cran, ce qui, dans la période actuelle, me semble important.

Je me suis par ailleurs entretenu avant-hier avec le maire de Creil après le déploiement de diverses mesures de confinement et de fermeture d'écoles. Il m'a fait savoir combien il était satisfait de constater que les services de l'État étaient pleinement opérationnels dans l'ensemble du département de l'Oise.

Soyez assuré, monsieur le député, qu'en la matière, nous faisons le maximum, depuis le premier jour, pour protéger les populations.

Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et MODEM.

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Merci de ces éléments de réponse, monsieur le ministre. Je vous rejoins sur un point : le coronavirus n'est ni de droite ni de gauche. Vous pouvez compter sur nous pour être à vos côtés afin d'éradiquer ce virus qui fait tant paniquer les Français.

Applaudissements sur les bancs des groupes LR, LaREM et MODEM.

Coronavirus

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Ma question, relative aux mesures accompagnant la limitation du virus covid-19, s'adresse à M. le ministre des solidarités et de la santé. Je me permets d'y associer ma collègue Carole Bureau-Bonnard. J'irai même jusqu'à y associer l'ensemble de mes collègues de l'Oise, …

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… car nous sommes tous concernés par cette situation.

Le département de l'Oise est devenu l'un des épicentres du virus en France. À ce jour, on recense plusieurs dizaines de personnes contrôlées positives et d'autres placées en confinement. Permettez-moi d'avoir une pensée pour les familles des deux personnes décédées ainsi que pour les militaires de la base aérienne de Creil, qui ont permis le rapatriement de nos compatriotes de Chine et dont certains sont hospitalisés.

Des mesures strictes ont depuis été prises pour circonscrire la propagation du virus. Vous en avez été témoin, monsieur le ministre, à l'occasion de la création de la cellule de crise placée sous l'égide du préfet de l'Oise et du directeur de l'ARS des Hauts-de-France, qui sont eux-mêmes confinés depuis hier tout en restant opérationnels.

Limiter la propagation du virus sans verser dans la psychose constitue un impératif. C'est pour cette raison que de nombreux événements publics ont été annulés et que tout rassemblement collectif est interdit.

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Plusieurs communes font l'objet de contraintes spécifiques incitant leurs habitants à limiter leurs déplacements et à recourir au télétravail. C'est la même prudence qui a conduit au placement en quarantaine des personnels soignants des centres hospitaliers de Creil et de Compiègne, mais aussi à la fermeture d'établissements scolaires et à l'annulation de toutes sorties scolaires en cette rentrée.

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La situation est évolutive et nous devons garder notre sang-froid et faire appel au sens des responsabilités de chacun. Des questions me sont adressées par des citoyens et des élus confrontés à l'anxiété ou à la pénurie de masques ou de solutions hydro-alcooliques pour se protéger.

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Quelles sont les mesures envisagées pour assurer l'approvisionnement en matériel et le renfort des personnels hospitaliers ? Quelles sont les autres…

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Regardez le chronomètre, le temps imparti est dépassé !

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La parole est à M. le ministre des solidarités et de la santé.

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

J'évoquais à l'instant la mobilisation des services de l'État. Votre question me permet de souligner la mobilisation pleine et entière de l'ensemble des services de santé, dans tout le pays, en particulier dans le département de l'Oise, qui a payé à cette heure le plus lourd tribut à la maladie liée au coronavirus.

S'agissant d'abord des hôpitaux, le plan blanc, qui prévoit l'activation de tous les services et la réorganisation de l'activité de manière à pouvoir traiter les urgences et à laisser la place aux patients les plus sévères, a été déclenché très précocement, notamment à l'hôpital de Compiègne, mais également à l'hôpital de Creil. Les hôpitaux disposent du matériel adéquat.

J'adresse d'ailleurs un message particulier de soutien et d'encouragement – auquel, je le crois, la représentation nationale s'associera – à tous les soignants du secteur hospitalier,

Applaudissements sur tous les bancs

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

qui sont mobilisés, dans ces deux hôpitaux en particulier mais également dans toute la France, et sur lesquels nous pouvons compter. Nous avons la chance de disposer d'un système de santé de très grande qualité. Les Français le savent.

Je dirai ensuite un mot de la médecine de ville, en y incluant l'ensemble des soignants paramédicaux, qui participent aussi de la lutte contre la diffusion du virus. J'ai veillé à faire du département de l'Oise le premier département dont toutes les pharmacies d'officine sont approvisionnées en masques. Les soignants peuvent ainsi s'y rendre pour s'y fournir en masques, qui leur sont délivrés gratuitement – c'est bien normal, puisqu'il s'agit d'un stock d'État – afin qu'ils puissent travailler dans de bonnes conditions de sécurité sanitaire. Cette mesure est aujourd'hui étendue à toute la France.

Quant au gel hydro-alcoolique, après m'être entretenu avec les élus et le directeur général de l'ARS, je peux vous annoncer qu'il arrive. Il n'y avait pas de pénurie, mais simplement une demande extrêmement forte concentrée sur une période très brève. La production bat son plein et les industriels – français, en l'occurrence – seront capables de répondre à cette demande dans les prochaines heures.

Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.

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« Le 49. 3, ça n'a jamais été une arme destinée à museler l'opposition. C'est une arme destinée à museler la majorité. C'est quand le Gouvernement n'a pas de majorité à l'Assemblée, quand il n'est pas sûr de faire adopter un texte par l'Assemblée, qu'il utilise le 49. 3. »

Exclamations sur de nombreux bancs des groupes LaREM et MODEM.

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Ces mots, monsieur le Premier ministre, ne sont pas les miens : ce sont les vôtres, prononcés en 2016 !

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Vous parlez d'une « arme ». Or aujourd'hui, ce LBD parlementaire – lanceur de balles de défense – d'une Ve République à bout de souffle, c'est vous qui le dégainez !

Protestations sur les bancs des groupe LaREM et MODEM.

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Vous êtes seul contre tous : contre la représentation nationale, contre la majorité de Français opposée à votre texte, contre les grévistes et les manifestants, contre les engagements pris devant les Français par le candidat devenu Président. Et vous voudriez nous faire porter le chapeau !

« Oui ! » sur de nombreux bancs du groupe LaREM.

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Peut-être auriez-vous pu, entre deux allers-retours au Havre, jeter un oeil à nos discussions : le débat de fond, c'est nous qui l'avons permis !

Applaudissements du groupe FI. – Protestations sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.

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Vous prétendez que nous aurions débattu pendant des heures pour savoir s'il fallait par exemple remplacer les mots « tous les ans » par « chaque année ». Vous mentez et vous le savez !

Exclamations sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.

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Car si nous avons en effet déposé ce type d'amendements, c'était pour disposer d'autant d'occasions de prendre la parole pour animer le débat de fond, sous la menace permanente de votre recours à l'article 49, alinéa 3.

Notre bilan est plutôt bon : en quinze jours de débat, nous vous avons fait avouer que votre système n'est pas universel, que les agriculteurs ne verront pas la couleur des 1 000 euros que vous leur promettiez ou encore que la valeur du point sera indexée sur un indice qui n'existe pas – on comprend mieux pourquoi vous avez souhaité interrompre la discussion !

Exclamations sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Reste une autre hypothèse : on assiste depuis le début de l'année à des démissions en cascade de parlementaires du groupe de La République en Marche. Ne sont-ce pas plutôt ces départs qui vous ont poussé à utiliser l'article 49, alinéa 3 de la Constitution ?

Applaudissements sur les bancs des groupes FI et GDR.

Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

Vous avez commencé votre question en citant les bons auteurs – pardonnez-moi cette immodestie.

Sourires sur plusieurs bancs du groupe LaREM

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

Il est vrai qu'il m'arrivait, sous la législature précédente, de commenter le choix du gouvernement d'alors d'avoir recours à l'article 49, alinéa 3 de la Constitution. Cette situation se présentait d'ailleurs régulièrement, puisque le gouvernement précédent avait décidé d'utiliser cet article à plusieurs reprises, …

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

… conduisant les observateurs et les acteurs de la vie politique à se prononcer fréquemment sur cet usage.

L'article 49, alinéa 3 de la Constitution est parfois utilisé, c'est vrai, comme un instrument permettant à un gouvernement de faire passer un texte lorsque sa propre majorité paraît relative ou fragile.

Lors des quatre-vingt-huit précédents recours à l'article 49, alinéa 3, depuis 1958 – quatre vingt-huit ! – , il est en effet arrivé que cet instrument soit utilisé pour résoudre une difficulté causée par sa propre majorité.

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

Mais il est également arrivé – et vous le savez car vous êtes un observateur attentif de la vie politique française – que des Premiers ministres utilisent cet instrument mis à leur disposition par la Constitution de 1958 pour s'extraire d'une stratégie d'obstruction – assumée d'ailleurs par les oppositions.

Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

Je me permets de vous renvoyer à ce Premier ministre qui eut recours à l'article 49, alinéa 3 avant même que ne débute l'examen du texte à l'Assemblée nationale – c'est arrivé ! – ainsi qu'à ce qui s'est passé en 2003 à l'occasion de la discussion sur le mode de scrutin pour les élections régionales. Autrement dit, pour employer le vocabulaire des juristes, il y a des précédents. C'est tout à fait dans cette optique que nous nous situons.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Cet instrument n'a jamais été utilisé pour les retraites !

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

Vous pouvez prétendre – et après tout, je ne peux vous en vouloir pour cela – qu'il est important de discuter pour savoir si le mot « analogue » doit être remplacé par « similaire » et inversement.

Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

Vous pouvez débattre pour savoir s'il est plus intelligent de dire « chaque année » plutôt qu'« annuellement » lorsqu'on évoque la retraite des Français. Vous en avez le droit, c'est vrai. Il me semble personnellement – et j'ai aussi le droit de le penser – qu'il s'agit d'un débat d'obstruction. Et, puisque vous avez voulu commencer votre question en mettant l'accent sur d'éventuelles différences entre ce qui a été dit hier et ce qui est assumé aujourd'hui, permettez-moi de vous renvoyer au président de votre propre groupe qui, non pas il y a trois ans, non pas il y a deux ans mais il y a deux semaines, expliquait que l'objectif de votre groupe était littéralement de procéder à de l'obstruction et qui, aujourd'hui, dit l'inverse.

De nombreux députés des groupes LaREM, MODEM et UDI-Agir se lèvent et applaudissent.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

« La grandeur de l'homme est grande en ce qu'il se connaît misérable », nous a appris Blaise Pascal. En utilisant des dizaines de milliers de pauvres migrants comme instruments de pression, en les mettant délibérément en mouvement vers la frontière grecque, le président turc nous montre une des faces les plus sombres de notre humanité. Aujourd'hui, la frontière européenne se situe à Kastani, au nord de la Grèce. C'est là que l'Europe doit enfin déployer ses moyens et témoigner de sa solidarité. Devant le drame humanitaire qui se déroule, la crise migratoire qui se profile et les interrogations sécuritaires qui se posent, les Européens ne peuvent plus se payer de mots. Car à trop attendre, nous risquons fort de voir se multiplier dans le fleuve Evros les décès de nouveaux petits Aylan Kurdi.

Dans cette affaire comme dans d'autres, l'Europe s'est montrée dispersée, indécise, sujette à la procrastination ; notre communauté internationale s'est trouvée prise au piège de ses nombreuses contradictions. Nous attendons que l'Europe fasse front commun car il y va de notre sécurité mais aussi de la vie d'hommes, de femmes et d'enfants pris en otage d'un chantage migratoire inacceptable.

Dès lors, monsieur le ministre de l'Europe et des affaires étrangères, pouvez-vous nous présenter la feuille de route que vous proposerez au conseil extraordinaire du 6 mars à Zagreb ? Quelle sera la nature du soutien que la France instaurera vis-à-vis de la Grèce ? Quels seront les moyens dévolus à la mission Frontex ? Quel message la France, à travers l'Europe, adressera-t-elle à la Turquie ? Enfin, quel regard portez-vous sur l'accord migratoire conclu entre l'Union européenne et la Turquie en 2016 ? Quelles nouvelles pistes de partenariat explorez-vous ? Gageons qu'après le Brexit et en pleine impasse budgétaire, l'Europe pourra restaurer son unité – une unité durable et paisible – autour de cette cause commune.

Applaudissements sur les bancs du groupe UDI-Agir et sur plusieurs bancs des groupes LaREM, MODEM et LR

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La parole est à M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères.

Debut de section - Permalien
Jean-Yves le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères

La crise que traverse actuellement le nord-ouest de la Syrie est sans doute la plus grave qu'ait connue ce pays en neuf ans de guerre. Sa cause, connue, est simple : c'est la décision du régime syrien, fortement soutenue par la Russie, de pilonner l'ensemble de la province d'Idlib au mépris des accords de Sotchi, passés entre la Russie et la Turquie en septembre 2018, du droit international et humanitaire et des populations syriennes.

Comme tous nos partenaires européens, nous avons fermement condamné cette décision et cette offensive. Cependant, vous le savez, une escalade militaire est en cours. Cette crise se caractérise par deux symptômes. Tout d'abord, un cataclysme se dessine sur le plan humanitaire car, comme au début de la guerre conduite par le régime syrien contre sa population, les principales victimes sont les syriens eux-mêmes, civils, femmes et enfants visés délibérément par le régime et par ses alliés russes. Une crise migratoire s'ajoute à ce drame, la Turquie ayant décidé d'instrumentaliser les réfugiés et migrants déjà présents sur son territoire pour faire pression sur l'Europe au mépris total de l'accord de 2005. Il ne faut pas confondre ces deux questions.

Nous avons condamné l'attaque conduite la semaine dernière contre les forces turques et qui a tué trente-quatre de leurs soldats. Le Président de la République a demandé au Président Vladimir Poutine de faire cesser l'offensive d'Idlib et de se situer de nouveau dans le cadre défini par Sotchi. Mais l'exigence de solidarité est valable des deux côtés. L'usage par la Turquie des migrants comme moyen de pression et de chantage sur l'Europe est absolument inacceptable.

Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.

Crise migratoire

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M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères nous a beaucoup parlé de la Syrie, j'aimerais lui poser une question à propos de la Grèce et de la frontière de l'Union européenne.

Vous l'avez rappelé, dans un contexte de tension militaire avec la Russie en Syrie et dans le but d'obtenir le soutien de l'Union européenne et de l'OTAN, la Turquie a annoncé qu'elle ne retiendrait plus à ses frontières les migrants désireux de rejoindre l'Europe. Selon l'ONU, 13 000 migrants se masseraient à la frontière gréco-turque avec l'intention de pénétrer sur le territoire de l'Union européenne. Le ministre de l'intérieur turc estime, lui, que ce sont 76 000 migrants qui convergeraient vers cette zone, parfois même avec l'aide de bus mis à disposition par des municipalités tenues par le parti de M. Erdogan. La Grèce est débordée, les tensions se font chaque jour de plus en plus vives, l'armée grecque multiplie les exercices militaires à balles réelles tandis que la population locale excédée tente, par ses propres moyens, de repousser les migrants. Un enfant est également mort noyé lors d'une tentative de traversée sur une embarcation surchargée. Ce chantage mené par la Gouvernement turc est scandaleux et irresponsable, en totale violation de l'accord relatif à la réadmission des migrants conclu en 2016 avec l'Union européenne

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Cela s'ajoute à d'autres actes inamicaux comme la livraison d'armes et l'envoi de combattants djihadistes. Monsieur le ministre, pouvez-nous indiquer ce que fera la France, en pleine crise épidémiologique mondiale, pour faire cesser cette situation ?

Applaudissements sur les bancs du groupe LR. – M. Nicolas Dupont-Aignan et Mme Agnès Thill applaudissent aussi.

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La parole est à M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères.

Debut de section - Permalien
Jean-Yves le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Vous avez rappelé quelle était la situation migratoire à la frontière entre la Grèce et la Bulgarie d'une part et la Turquie d'autre part. Nous observons en effet un afflux de migrants à la frontière terrestre et des arrivées sur les îles. Présents depuis longtemps en Turquie, ces migrants, qu'ils soient iraniens, afghans, syriens ou – pour beaucoup – africains, sont sans doute poussés par les autorités turques à essayer de franchir la frontière. La Grèce a pris des mesures fortes visant à empêcher cela. Comme le Président de la République l'a fait avec son homologue grec, j'ai moi-même exprimé au ministre grec des affaires étrangères, hier et avant-hier, la pleine et entière solidarité de la France. Ce message a été transmis aux autorités bulgares car ce qui passe en Grèce nous concerne tous dans le cadre de l'espace Schengen.

Je veux vous dire clairement qu'il est inacceptable que la Turquie instrumentalise la question des migrants pour faire pression sur l'Europe. Nous avons conclu en mars 2016 un accord que tous les pays membres de l'Union européenne appliquent depuis quatre ans. La Turquie doit également le respecter, d'autant plus que les engagements financiers sont très significatifs.

Debut de section - Permalien
Plusieurs députés du groupe LR

Qu'est-ce qu'on fait ?

Debut de section - Permalien
Jean-Yves le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Pour que notre organisation soit plus efficace, nous avons décidé de tenir deux réunions, un conseil des ministres de l'intérieur demain et, en soutien à la Grèce, une réunion du conseil européen vendredi…

Debut de section - Permalien
Jean-Yves le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères

… afin de déployer des moyens d'intervention rapide destinés à soulager les autorités grecques, d'activer le mécanisme Frontex et de faire en sorte que les Grecs aient les moyens de réagir et de s'opposer à cette intrusion et à ce chantage. Telle est la position de la France.

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Permettez-moi, monsieur le ministre, de vous proposer quelques contre-mesures concrètes. Le minimum serait de rappeler notre ambassadeur français à Ankara…

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… et de suspendre notre participation aux exercices militaires dans les bases de l'OTAN en Turquie.

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Nous pourrions déployer la marine française dans le cadre de l'accord bilatéral de partenariat franco-grec. Pour prévenir le risque de submersion migratoire, une suspension de l'espace Schengen et un rétablissement des contrôles aux frontières paraissent incontournables. Enfin, indépendamment de ces mesures circonstancielles, il me semble que la Turquie vient de commettre un acte qui la disqualifie du processus d'adhésion à l'Union européenne.

Applaudissements sur les bancs du groupe LR. – M. Nicolas Dupont-Aignan applaudit également.

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Ma question s'adresse à M. le ministre des solidarités et de la santé. Les personnels soignants des hôpitaux publics sont en première ligne pour faire face à l'épidémie de coronavirus qui se dessine. Vous leur avez récemment transmis un guide détaillant les procédures à appliquer pour éviter la propagation du virus. Cependant, les inquiétudes persistent concernant les moyens disponibles pour appliquer une telle stratégie, d'autant plus que, depuis plus d'un an, l'hôpital public traverse une crise sociale sans précédent.

Alors que le manque d'effectifs et de ressources financières freine déjà le fonctionnement quotidien des établissements hospitaliers, cette crise épidémique ne peut qu'aggraver la situation. En novembre dernier, Agnès Buzyn annonçait un plan en faveur de l'hôpital public. Parmi les mesures présentées figurait la reprise de la dette des hôpitaux par l'État, à hauteur de 10 milliards d'euros sur trois ans, soit un tiers de la dette totale. Cette mesure, essentielle pour redonner de la capacité d'autofinancement mais aussi pour faire repartir l'investissement hospitalier, divisé par deux en dix ans, nécessite, pour être appliquée, la promulgation d'une loi. S'agit-il, d'ailleurs, d'une loi ordinaire ou d'une loi organique ? Lors de la présentation de ce plan, le Premier ministre annonçait que cette loi serait débattue au Parlement au premier semestre 2020, en même temps que la loi de programmation des finances publiques. Or, en janvier dernier, Agnès Buzyn évoquait le second semestre 2020.

Monsieur le ministre, pouvez-vous nous éclairer sur le calendrier et les modalités de reprise de la dette ? Par ailleurs, qu'en est-il des autres mesures présentées dans ce plan, notamment le fléchage de 150 millions d'euros pour l'investissement courant des établissements hospitaliers ? Face à l'urgence sanitaire qui s'impose aujourd'hui à nous, le Gouvernement envisage-t-il de nouvelles mesures pour permettre aux hôpitaux de mener à bien leurs missions de service public ?

Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LT, LaREM, MODEM et UDI-Agir.

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La parole est à M. le ministre des solidarités et de la santé.

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

Madame Dubié, je connais, pour vous avoir côtoyée pendant de nombreuses semaines en commission des affaires sociales de l'Assemblée, votre engagement au service de l'hôpital public. Aussi vos interrogations et vos attentes ne me surprennent-elles pas. Je partage d'ailleurs votre souhait de soutenir l'hôpital – que nous aimons tous ici, sur chacun des bancs – , notamment en période de crise épidémique mais au-delà mêmes de ces circonstances, pour lui permettre de répondre pleinement à ses missions.

Vous me demandez quelles sont les nouvelles mesures. Permettez-moi d'abord de saluer celles qui ont déjà été prises et celle qui viennent d'être annoncées, grâce au travail de ma prédécesseure au poste de ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn :

M. Sylvain Maillard applaudit.

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

l'allocation de 150 millions d'euros aux professionnels de santé pour des investissements courants dans les différents hôpitaux français ; l'engagement que les tarifs hospitaliers, après près de dix ans de baisse, augmenteraient pendant au moins trois ans consécutifs ; l'engagement d'assurer une visibilité pluriannuelle des budgets hospitaliers accordés et signés par l'ensemble des représentants du monde hospitalier.

À propos de la reprise de la dette à hauteur de 10 milliards d'euros, que vous avez évoquée, je me suis engagé, devant le monde hospitalier, à rendre publiques d'ici à la fin mars les conclusions essentielles de la mission d'inspection générale qui est en cours et qui permettra de déterminer quelle partie de la datte doit être reprise, à quel type d'hôpitaux et dans quelles conditions. Je me suis engagé à ce que, sans attendre la fin de l'année, les directions de chaque hôpital puissent savoir, dès le mois de juin, quel montant de la dette serait repris, de façon à ce que des dépenses nouvelles puissent être engagées avant l'été. Celles-ci devront-elles être consacrées à de l'investissement, à des ressources humaines, à l'un et à l'autre ? Nous verrons – je souhaite lancer de vastes concertations.

Pour conclure à propos des mesures nouvelles, j'ai annoncé ce matin même le dégel de 260 millions d'euros de budget supplémentaire destinés directement et dès à présent aux hôpitaux français pour les aider à passer le cap et à poursuivre la transformation amorcée.

Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.

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Monsieur le Premier ministre, notre pays fait face à un risque sanitaire sans précédent avec la propagation du coronavirus. Je tiens à souligner combien le personnel soignant a toute notre confiance dans l'épreuve qui, probablement, nous attend.

Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs du groupe GDR.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Loin de nous l'idée de vouloir nourrir d'obscènes polémiques, à l'instar de celles qui émaillent la campagne des élections municipales à Paris. Sur ce sujet, l'heure est à l'unité nationale.

Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – Mme Catherine Fabre applaudit également.

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Dès lors qu'un péril menace la nation, c'est la République qui nous commande de dépasser nos clivages pour protéger les Français et l'ensemble de la population présente sur notre sol. À cet égard, monsieur le Premier ministre, j'appelle votre attention sur les règles d'accès aux soins pour les personnes d'origine étrangère en situation irrégulière ou demandeuses d'asile.

Le décret du 30 décembre 2019 prévoit un délai de quatre-vingt-dix jours avant que ne leur soit accordée l'aide médicale d'État – AME. Quatre-vingt-dix jours pendant lesquels, en refusant leur prise en charge médicale, nous les abandonnons à leur sort tout en faisant courir un risque insensé à la population.

Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et GDR et sur quelques bancs du groupe FI. – M. Bertrand Pancher applaudit également.

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Monsieur le Premier ministre, il ne peut pas y avoir de protection sélective face à la menace d'une épidémie. Dans un contexte sanitaire inédit, cette règle est une folie. L'Académie de médecine a dit hier sa très grande préoccupation à ce sujet. De même, et à l'initiative de notre collègue Jean-Michel Clément, de nombreux parlementaires ont demandé l'abrogation de ce décret. Cette abrogation s'impose à la fois pour les personnes concernées, mais aussi dans l'intérêt de la population française que nous avons à protéger.

Monsieur le Premier ministre, je vous demande donc de vous prononcer sans délai en faveur de cette abrogation.

Applaudissements sur les bancs des groupes SOC, FI et GDR. – M. Bertrand Pancher et Mme Bénédicte Pételle applaudissent également.

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La parole est à M. le ministre des solidarités et de la santé.

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

Votre question me permet de vous apporter une réponse très factuelle, s'agissant du coronavirus et du lien que vous faites avec les populations les plus fragiles, notamment celles qui ont quitté leur pays et franchi des frontières dans des conditions souvent très difficiles pour arriver en France.

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

Pas plus aujourd'hui qu'hier, qu'avant-hier, qu'avant l'existence même de l'aide médicale d'État, aussi loin que nous puissions remonter dans le temps, à savoir au moment de la création du système d'assurance maladie, de la création de la sécurité sociale, il n'a été question de priver les personnes malades – et souffrant notamment d'une maladie infectieuse en période épidémique – du moindre soin.

M. Florian Bachelier applaudit.

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

Même avant la création de l'aide médicale d'État – et vous savez mon attachement à l'AME…

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

… et à la protection sociale des plus fragiles, vous connaissez mes engagements en la matière et je connais les vôtres, monsieur Saulignac – , quand une personne avait besoin de soins, qu'elle souffre de syndrome infectieux, de syndrome fébrile pouvant laisser soupçonner une épidémie, de quelque nature qu'elle soit, ces soins lui ont toujours été prodigués.

« Et le décret ? » sur plusieurs bancs du groupe SOC.

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

Aussi, monsieur Saulignac, je ne peux pas imaginer qu'un médecin de ville ou d'hôpital, …

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Le décret du 30 décembre 2019, allez-vous l'abroger, oui ou non ?

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

… quand bien même il n'y aurait pas de couverture de soins – alors que cette couverture est bien réelle, l'ensemble des examens et des soins étant couverts par les dispositifs en vigueur – , je ne peux pas imaginer une seconde, disais-je, qu'une blouse blanche refuse de soigner quelqu'un en période d'épidémie, ou hors période d'épidémie, qui présenterait un syndrome fébrile ou des troubles respiratoires.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Nous ne savons toujours pas si vous avez l'intention d'abroger le décret !

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

Soyez donc pleinement rassuré, monsieur Saulignac,

Exclamations sur les bancs du groupe SOC

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

l'ensemble de nos concitoyens, quelle que soit leur origine, quelle que soit leur situation sociale, sont protégés par notre système de santé et peuvent être soignés tant en ville qu'à l'hôpital.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Il vous reste dix-huit secondes pour nous dire si vous allez abroger le décret du 30 décembre 2019 !

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

J'ajoute que sur la question particulière des mineurs non accompagnés, des migrants et des personnes logées en hébergement d'urgence, …

Protestations sur plusieurs bancs du groupe LaREM.

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

… sujet que j'ai évoqué avec Julien Denormandie…

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

Il me semble que le sujet est sérieux…

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

Je réponds à un collègue de vos bancs, c'est dommage. Je disais donc que je me suis entretenu avec le ministre Denormandie pour m'assurer que tout était fait pour que l'ensemble des tests de dépistage, des soins et des examens

« Et le décret ? » sur plusieurs bancs du groupe SOC

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

puissent être réalisés pour n'importe quel citoyen sur le territoire français, quelle que soit sa situation.

Applaudissements sur de très nombreux bancs du groupe LaREM.

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Vous comprendrez, monsieur le ministre, que je ne sois qu'à moitié rassuré. Je le serai pleinement le jour où vous abrogerez le décret du 30 décembre 2019. En attendant, je souhaite par-dessus tout qu'on n'ait pas à constater qu'il y a des porteurs du coronavirus parmi les populations au nom desquelles j'ai pris la parole.

Applaudissements sur les bancs des groupes SOC, FI et GDR.

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Monsieur le secrétaire d'État chargé des retraites, aucun parlementaire ne peut se réjouir de l'utilisation de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution.

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Cependant, l'impossibilité de débattre du fond du texte et des propositions concrètes de tous les groupes a abouti à ce résultat.

Applaudissements sur les bancs des groupes MODEM et LaREM.

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Certes, on nous a empêchés de débattre du fond, mais la position du groupe MODEM était très claire : il était hors de question que l'Assemblée soit privée de la possibilité d'enrichir le texte.

« Supplétifs ! », « Playmobil ! » sur les bancs du groupe LR.

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C'est pourquoi nous saluons l'intégration de plus de 300 amendements issus de tous les groupes politiques

Applaudissements sur les bancs des groupes MODEM et LaREM

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qui ont bien voulu travailler sérieusement sur le texte, qui ont oeuvré de bonne foi pour améliorer la réforme mais dont les propositions n'ont pu être examinées du fait de l'obstruction.

Protestations sur les bancs des groupes FI et GDR. – « Nous n'avons pas fait d'obstruction ! » et exclamations sur les bancs du groupe LR.

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Le texte a également été enrichi des avancées négociées avec les partenaires sociaux.

Parmi les principales avancées, je me réjouis des engagements forts en matière de justice sociale et d'égalité des droits. Nous célébrerons dans quelques jours la journée des droits des femmes et j'en profite pour saluer la présidence de notre collègue Annie Genevard.

Applaudissements sur tous les bancs.

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C'est la seule phrase de bon sens dans cette intervention !

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Mais, chacun en est conscient ici, les droits des femmes ne sauraient se manifester uniquement de manière symbolique. Notre groupe s'était particulièrement engagé sur la protection des femmes et sur les nouveaux droits familiaux, d'abord pour des raisons de justice sociale, ensuite parce qu'une politique familiale forte est la condition nécessaire à la robustesse de notre système par répartition.

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C'est l'un des plus forts enjeux de cette réforme : faire en sorte que les femmes les plus en difficulté n'aient plus à travailler jusqu'à 67 ans comme les y contraint le système actuel ; faire en sorte que les mères de familles aient des garanties fortes en contrepartie de carrières hachées ou de préjudices de carrière trop souvent sous-estimés.

Exclamations sur les bancs du groupe SOC.

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Monsieur le secrétaire d'État, pouvez-vous rappeler les avancées que le Gouvernement a intégrées dans le projet de loi en la matière et confirmer à la représentation nationale qu'il sera davantage protecteur pour les femmes les plus fragiles ?

Applaudissements sur les bancs des groupes MODEM et LaREM.

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La parole est à M. le secrétaire d'État chargé des retraites.

Debut de section - Permalien
Laurent Pietraszewski, secrétaire d'état chargé des retraites

Permettez-moi de saluer à mon tour la présidence de Mme Genevard.

Vous avez raison, madame Elimas, notre objectif est bien d'améliorer le niveau des pensions des femmes par une meilleure prise en compte des droits familiaux.

Debut de section - Permalien
Laurent Pietraszewski, secrétaire d'état chargé des retraites

Je tiens à cet égard à saluer votre investissement personnel mais aussi celui des députés de votre groupe. Nous avons en effet eu l'occasion de travailler ensemble pour enrichir le texte grâce, vous l'avez rappelé, à de nombreux amendements proposés par de nombreux députés, et grâce aux échanges que nous avons eus, fût-ce en dehors de l'hémicycle.

Debut de section - Permalien
Laurent Pietraszewski, secrétaire d'état chargé des retraites

Oui, nous avons souhaité que le projet de loi intègre de nombreuses avancées.

Debut de section - Permalien
Laurent Pietraszewski, secrétaire d'état chargé des retraites

J'en rappellerai quelques-unes. Seront accordés 5 % de majoration de pension…

Debut de section - Permalien
Laurent Pietraszewski, secrétaire d'état chargé des retraites

… pour chaque enfant avec 2,5 % au moins pour la maman, puisque ce sera au titre de la maternité. Sera mis en place un plancher minimum pour la mère…

Debut de section - Permalien
Laurent Pietraszewski, secrétaire d'état chargé des retraites

… qui sera modulable en fonction du nombre d'enfants, ce qui permettra, par exemple, de mieux prendre en considération l'arrivée du troisième enfant – c'était l'objet de votre question et d'attentes exprimées par les députés de votre groupe.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Vous tenez toujours le même discours, c'est honteux !

Debut de section - Permalien
Laurent Pietraszewski, secrétaire d'état chargé des retraites

Je rappelle par ailleurs que nous allons majorer les droits familiaux pour les parents isolés – je sais que cette question vous préoccupe également – , améliorer le dispositif de reversion pour les conjoints divorcés et instaurer d'autres mesures qui tiennent compte de l'évolution de la société comme la suppression de la réversion en cas de condamnation pénale – si la majoration a été attribuée au papa et que ce dernier est condamné pour violence conjugale, la majoration lui sera retirée. Je pense, donc, que nous avons bien travaillé.

Applaudissements sur quelques bancs des groupes LaREM et MODEM.

Réforme des retraites

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Monsieur le Premier ministre, ultime symbole de votre fiasco sur la réforme des retraites, deux organisations syndicales de salariés viennent d'annoncer la fin de leur participation à la conférence de financement. Cette réforme, c'est l'histoire d'un échec annoncé. À chaque étape, vous avez échoué à convaincre : deux ans de pseudo-concertation, l'opposition de la majorité de nos concitoyens, les avertissements inédits du Conseil d'État, une étude d'impact lacunaire et truquée, un débat parlementaire escamoté.

Pour faire adopter en force ce projet de loi, vous avez donc décidé de recourir à l'article 49, alinéa 3, de la Constitution, dernière marque de votre brutalité et de votre isolement. Ce recours, c'est le symbole de votre violence contre le peuple. Après avoir été sourds à l'expression légitime de la rue, après avoir rejeté la souveraineté du peuple en refusant d'organiser un référendum, vous avez décidé de couper la parole à ses représentants. Vous réformez seuls contre tous : contre les citoyens, contre les syndicats, contre le Conseil d'État, contre le Parlement et, désormais, contre une partie de votre propre majorité.

Ce recours, c'est aussi un moyen de chercher à dissimuler un mauvais projet. Ce que vous qualifiez d'obstruction, c'était la possibilité pour nous de démontrer, amendement après amendement, les arnaques de votre texte concernant la valeur du point qui sera indexée sur un indicateur inexistant,

Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et FI. – Mme Laurence Dumont applaudit également

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l'absence de revalorisation des retraites agricoles, le recul de l'âge de départ à la retraite à 65 ans, la baisse des pensions ou encore la création d'un régime spécial pour les plus riches.

Ce recours, c'est enfin le signe de votre faiblesse. Au pouvoir, la violence, c'est l'arme du faible. Prenez acte de votre propre échec. Votre recours à l'article 49, alinéa 3 de la Constitution ne passera pas auprès de la population. La colère grandit : vous n'avez pas de majorité populaire. Les députés communistes vous demandent de retirer votre projet ou d'annoncer la tenue d'un référendum sur le texte final.

Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur quelques bancs des groupes SOC et FI.

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La parole est à M. le secrétaire d'État chargé des retraites.

Debut de section - Permalien
Laurent Pietraszewski, secrétaire d'état chargé des retraites

Vous avez raison : les travaux de la conférence de financement se poursuivent même si deux organisations représentatives de salariés ont exprimé le souhait de la quitter. Ce n'est jamais une bonne nouvelle, sur le fond, que des syndicats représentatifs décident de quitter une conférence qui accorde une large place au dialogue social. Cela étant, vous savez que le paysage syndical français est riche et divers et d'autres organisations syndicales restent autour de la table.

Debut de section - Permalien
Laurent Pietraszewski, secrétaire d'état chargé des retraites

Je les appelle toutes à revenir négocier pour trouver de quelle manière trouver l'équilibre financier du système universel de retraite. Il s'agit en effet de garantir la solidité du dispositif de solidarité dont vous vous souciez et que les Français réclament tant également.

Debut de section - Permalien
Laurent Pietraszewski, secrétaire d'état chargé des retraites

Le minimum de pension à 1 000 euros équivaudra à 85 % du SMIC en 2025. J'ai évoqué les droits familiaux en répondant à Mme Elimas. Demain, 5 millions de femmes pourront percevoir une pension majorée de 5 % dès le premier enfant.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Je répète : les Français ne vous croient pas !

Debut de section - Permalien
Laurent Pietraszewski, secrétaire d'état chargé des retraites

Les personnes en situation de handicap pourront prendre une retraite progressive dès l'âge de 55 ans.

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En fait, vous allez faire travailler les gens plus longtemps.

Debut de section - Permalien
Laurent Pietraszewski, secrétaire d'état chargé des retraites

Le bénéfice des critères de pénibilité sera étendu à l'ensemble de la fonction publique et à tous les régimes spéciaux.

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Assumez les départs à la retraite à l'âge de 65 ans !

Debut de section - Permalien
Laurent Pietraszewski, secrétaire d'état chargé des retraites

Autant d'éléments qui nécessitent que le système soit équilibré financièrement afin qu'il soit solide pour les générations à venir.

Monsieur Lecoq, …

Debut de section - Permalien
Laurent Pietraszewski, secrétaire d'état chargé des retraites

… vous êtes sans doute déçu, préoccupé par ce dispositif, mais je vous invite à l'améliorer avec nous afin que vous soyez rassuré et afin que vos attentes en matière de solidarité soient exaucées.

Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.

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Faibles applaudissements pour le secrétaire d'État…

Réforme des retraites

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Monsieur le Premier ministre : « Plus de quatre-vingts 49. 3 ont été utilisés sous la Ve République. Il faut arrêter d'être fasciné par l'impuissance collective. » Ces mots ont été tweetés le 4 mai 2017 par Emmanuel Macron.

Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe LR.

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Près de trois ans plus tard, il a visiblement changé d'avis et vous aussi…

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… puisque vous avez imposé l'article 49, alinéa 3 de la Constitution alors que votre gouvernement dispose d'une très large majorité.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Que vous l'ayez déclenché en catimini, un samedi après-midi, en profitant de manière très cynique d'un conseil des ministres censé traiter de la seule question du coronavirus, n'a donc qu'un seul objectif, priver le Parlement et les Français d'un vrai débat sur la question des retraites.

Cela signifie que cette réforme qui déterminera l'avenir de millions de Français pendant des décennies ne sera pas votée par l'Assemblée nationale, ni en commission spéciale, ni en séance publique. Cela signifie que des questions complexes et potentiellement redoutables, comme la fixation de la valeur du point, la mise en place d'une super-décote, la prise en compte de la pénibilité, n'auront jamais pu être évoquées. Au fond, vous avez encouragé l'obstruction, puis activé l'article 49, alinéa 3 de la Constitution pour éviter d'expliquer votre réforme, et pour en masquer les lacunes.

Applaudissements sur les bancs du groupe LR. – M. Joël Aviragnet et M. Alain David applaudissent également.

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Et ne nous faites pas croire que vous avez généreusement accepté d'intégrer dans le texte sur lequel vous avez engagé la responsabilité du Gouvernement des propositions de l'opposition ! Nous avons fait les comptes : vous n'avez repris, en tout et pour tout, que cinq amendements venant des seuls Républicains, et ces cinq amendements étaient soit purement rédactionnels, soit très symboliques – dans les deux cas, ils sont sans incidence sur votre réforme.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Pourtant, nous avons choisi, nous, Les Républicains, d'incarner une opposition responsable en refusant l'obstruction et en défendant un projet de réforme financé, crédible et juste. Nous vous avons proposé une alternative à l'application de l'article 49, alinéa 3 de la Constitution…

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… en vous demandant, dans une proposition de résolution, de déposer un nouveau texte, retravaillé, qui serait examiné en temps programmé pour éviter tout nouveau risque d'obstruction. Pourquoi avoir refusé ces propositions destinées à sortir de l'enlisement par le haut ? Pourquoi avez-vous tout fait pour imposer ce recours à l'article 49, alinéa 3 de la Constitution… ?

Vifs applaudissements sur les bancs du groupe LR.

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La parole est à M. le secrétaire d'État chargé des retraites.

Debut de section - Permalien
Laurent Pietraszewski, secrétaire d'état chargé des retraites

Madame Valérie Beauvais, j'ai participé, sans doute comme vous, à plus de soixante-quinze heures de débat dans l'hémicycle au cours de trente-deux séances, après avoir assisté à vingt-six réunions de la commission spéciale durant plus de soixante-dix heures.

Exclamations sur les bancs du groupe LR.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

C'est votre job, et puis sur une réforme pareille c'est bien normal !

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Vu comment la réforme a été préparée, ce n'est manifestement pas assez !

Debut de section - Permalien
Laurent Pietraszewski, secrétaire d'état chargé des retraites

Comme vous, peut-être, j'ai constaté que nous consacrions plus de temps à débattre d'amendements de suppression que d'éléments de fond.

Exclamations sur les bancs du groupe LR.

Debut de section - Permalien
Laurent Pietraszewski, secrétaire d'état chargé des retraites

Comme vous, peut-être, j'ai constaté qu'il nous avait fallu presque une semaine pour examiner l'article 1er du projet de loi, article consacré à des principes généraux, principes que l'on retrouve dans tous les projets de loi visant à réformer les retraites préalablement examinés par votre assemblée, qu'il s'agisse de celui de 2010 ou de 2014.

Mêmes mouvements.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Nous sommes là pour débattre, cela n'a rien d'exceptionnel !

Debut de section - Permalien
Laurent Pietraszewski, secrétaire d'état chargé des retraites

Vous m'interrogiez sur l'intégration de vos amendements dans le texte sur lequel le Gouvernement a engagé sa responsabilité. Il ne vous a pas échappé, madame la députée, que nos projets politiques étaient différents…

Debut de section - Permalien
Laurent Pietraszewski, secrétaire d'état chargé des retraites

… et que nous défendons, pour notre part, un projet d'universalité et de liberté que vous ne soutenez pas.

Mêmes mouvements.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

C'est un mensonge éhonté : ce n'est pas un projet universel !

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Répondez sur le fond ! Vous fuyez le débat !

Debut de section - Permalien
Laurent Pietraszewski, secrétaire d'état chargé des retraites

Vous ne pouvez donc pas être surprise que les amendements de votre groupe n'aient pas été repris aussi largement que ceux de la majorité. Ils ont sans doute dans votre lecture politique une cohérence qu'ils n'ont pas dans le cadre de notre projet. Ce n'est pas vous faire injure que vous dire que les amendements des membres du groupe Les Républicains n'étaient pas forcément ceux que nous voulions intégrer au projet de loi.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Alors, ne dites pas le contraire à la presse !

Debut de section - Permalien
Laurent Pietraszewski, secrétaire d'état chargé des retraites

Enfin, vous le savez, le parcours de ce projet de loi se poursuit : il sera examiné par le Sénat après avoir été largement enrichi par les travaux des députés, comme je l'ai indiqué il y a un instant en répondant à Mme Nathalie Elimas.

Vives exclamations sur les bancs du groupe LR.

Debut de section - Permalien
Laurent Pietraszewski, secrétaire d'état chargé des retraites

Il ira au Sénat puis il reviendra en deuxième lecture. J'espère que nous retrouverons alors à l'Assemblée des oppositions qui auront envie de débattre projet contre projet plutôt de défendre amendement de suppression sur amendement de suppression.

Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.

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J'associe mes collègues Sandrine Mörch et Nicole Trisse à cette question qui s'adresse à M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères.

Après les raids syriens meurtriers contre Idlib, la Turquie a décidé de laisser partir vers l'Europe les réfugiés dont elle a la responsabilité depuis l'accord de 2016. Face à l'ampleur de la crise humanitaire en Syrie et face au chantage cynique et indigne du président turc, l'Europe tout entière est mise à nouveau au défi. En Syrie, la situation reste extrêmement grave et préoccupante. L'action de la France a été déterminante ces dernières années pour résoudre ce conflit, mais le martyr insoutenable des habitants d'Idlid exige une voix et une action européennes fortes et cohérentes.

Dans le même temps, à nos frontières européennes, notamment en Grèce, les menaces inqualifiables auxquelles nous assistons depuis quarante-huit heures constituent une atteinte à la souveraineté de l'Europe, et une atteinte manifeste à la dignité d'enfants, de femmes, d'hommes. Nous ne pouvons pas nous résoudre à les voir utilisés comme une vulgaire marchandise dans une provocation infamante ; nous ne le devons pas ! Ce sont les valeurs et la crédibilité de l'Europe qui sont défiées.

Cette situation illustre à nouveau le fait qu'aucun pays ne peut relever seul ces défis. Parce que les pays membres de l'Union européenne continuent trop souvent d'agir en ordre dispersé, la lutte contre l'immigration illégale manque d'efficacité et l'accueil des réfugiés manque d'humanité. Nous ne pouvons plus accepter de déléguer notre politique migratoire à des États tiers, comme nous ne pouvons plus accepter que certains égoïsmes nationaux entravent la réforme de la politique d'asile ou de Frontex, l'agence européenne de gardes-frontières et de gardes-côtes.

Chacun sait que l'absence d'une politique migratoire européenne efficace a provoqué des clivages profonds et qu'elle a eu des effets dramatiques. Elle a fait de la Méditerranée un cimetière, une honte qui restera parmi les pages les plus sombres de l'Europe. Un peu partout en Europe, elle a provoqué des séismes politiques de forte intensité.

Monsieur le ministre, pour nous, Européens, cette crise est un test. Je sais la détermination totale du Président de la République et de ce Gouvernement à faire entendre la voix de la France auprès de ses partenaires européens pour mettre un terme au martyre d'Idlib et résoudre la situation migratoire à la frontière grecque de l'Union européenne. Pouvez-vous nous dire quelle position la France entend adopter avec ses partenaires pour y parvenir ?

Applaudissements sur les bancs du groupe LR.

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La parole est à M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères.

Debut de section - Permalien
Jean-Yves le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Vous avez raison de souligner que les intérêts et les valeurs de l'Europe sont directement en jeu dans la crise qui se déroule à Idlib.

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Et la lutte contre le terrorisme, vous n'en parlez pas ?

Debut de section - Permalien
Jean-Yves le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Tout d'abord parce que les populations civiles souffrent les premières dans des conditions extrêmes, otage d'un jeu condamnable de puissances cyniques.

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Il n'y a plus de terroristes à Idlib : êtes-vous sûr de cela ?

Debut de section - Permalien
Jean-Yves le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Ensuite, parce que si cette offensive se poursuit, cela fait peser un risque de dispersion des éléments terroristes qui se trouvent à Idlib. Enfin, dans le contexte de l'offensive en cours, les décisions de la Turquie ont des conséquences migratoires très négatives pour la Grèce et les pays riverains, en particulier la Bulgarie.

Depuis le début de cette crise, les Européens n'avancent pas « en ordre dispersé ». Ils ont déjà eu l'occasion d'affirmer une position unique lors du Conseil européen du 20 février dernier au niveau des chefs d'État et du Gouvernement. Au niveau des ministres des affaires étrangères, nous avons élaboré l'agenda d'une désescalade qui puisse répondre à la foi à la situation immédiate, par l'ouverture des accès humanitaires, par le retour au dispositif de Sotchi, par le respect par la Turquie des engagements pris en septembre 2016.

Nous avons aussi décidé ensemble de nous réunir, vendredi, entre ministres des affaires étrangères, après qu'aura eu lieu, demain, la réunion des ministres de l'intérieur, pour élaborer, en réponse à la demande des Grecs, des positions communes de soutien pratique et concret face aux difficultés que rencontre ce pays. Nous serons amenés à les faire connaître à l'issue de ces réunions.

Au-delà de cela, il faut revenir à la cause c'est-à-dire à la crise en Syrie. La réponse à cette crise ne pourra pas être militaire ; elle ne pourra être que politique. Il importe que le comité constitutionnel syrien, aujourd'hui en panne à Genève, puisse se réunir pour ouvrir des perspectives plus sereines.

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Monsieur le Premier ministre, la motion de censure qui sera soutenue par les membres du groupe Les Républicains, cet après-midi, viendra sanctionner la légèreté avec laquelle vous avez traité le dossier des retraites, …

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… mais elle sanctionnera en réalité bien d'autres échecs, parmi lesquels celui que traduit la crise de l'hôpital public.

Alors que l'arrivée annoncée de l'épidémie de coronavirus fait de notre système de santé une matriochka, nous faisons face à une crise dans la crise à l'hôpital. L'hôpital c'est un peu comme votre gouvernement : quand ceux qui sont en première ligne sont épuisés, il y a de moins en moins de monde en deuxième ligne pour prendre le relais tant vous avez asséché les territoires.

M. Maxime Minot et M. Jean Lassalle applaudissent.

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Entre la gestion des patients courants, l'intensification des urgences et le besoin d'espaces isolés d'accueil pour les patients touchés, les Français s'inquiètent de voir nos grands hôpitaux démunis face à la probable épidémie. Postes non pourvus, gardes à rallonge, personnels en souffrance : c'est toujours la réalité dans nos établissements de santé, malgré vos mesures d'urgence.

Cette crise ne va faire qu'aggraver la violence des déserts médicaux, là où, les uns après les autres, les hôpitaux de proximité sont torpillés par le pouvoir central. Dans la ruralité mais aussi en banlieue, comme dans ma ville de Juvisy-sur-Orge, la souffrance des urgences de proximité ne permettra pas d'assurer le bon fonctionnement de la « deuxième ligne » pourtant nécessaire pour éviter la psychose et traiter correctement l'arrivée d'une épidémie.

Monsieur le Premier ministre, le plan d'urgence pour hôpital, « ma santé 2022 », présenté en novembre dernier par votre ancienne ministre des solidarités et de la santé, montre déjà ses limites. Vous n'aviez rien annoncé, ni création de postes ni ouvertures de lits : c'est cela qui pèsera le plus dans ce contexte de vigilance maximale. Cela revient-il à dire aux 4 millions de personnes qui vivent dans un désert médical qu'elles seront moins bien prises en charge que les autres Français ?

Les questions qui se posent sont simples et très concrètes. À ce stade de l'épidémie, nos hôpitaux sont-ils vraiment prêts ? Comment comptez-vous associer les médecins du premier recours dans nos territoires ? Êtes-vous conscient que ces moments de crise révèlent l'importance de conserver des hôpitaux de proximité et des services d'urgence dans tous les territoires ?

Applaudissements sur les bancs du groupe LR. – Mme Marie-France Lorho applaudit également.

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La parole est à M. le ministre des solidarités et de la santé.

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Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

Figurez-vous que nous allons dans les hôpitaux – j'y travaille. Nous étions hier matin à Bordeaux, avec le Premier ministre, à la rencontre des équipes hospitalières. Personne ne nous a dit que l'hôpital ne serait pas à la hauteur pour prendre en charge les malades.

M. Erwan Balanant applaudit.

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Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

Il y a eu des médecins et des soignants pour nous dire que l'hôpital était sous tension, et qu'il avait besoin d'être soutenu pour tenir. C'est évident, et c'est ce à quoi nous nous employons. Mais, personne n'a affirmé devant nous que l'hôpital ne serait pas à la hauteur. Vous êtes le premier à me dire cela depuis quinze jours.

Applaudissements prolongés sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.

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Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

Je vous le dis : l'hôpital sera à la hauteur, la médecine de ville sera à la hauteur, nos infirmiers seront à la hauteur, nos ambulanciers et nos pompiers seront à la hauteur de cette crise virale. Monsieur Robin Reda, ne vous transformez pas en prédicateur de malheur !

Exclamations sur les bancs du groupe LR.

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Ce n'est pas du tout ce qu'il a dit ! Il faut écouter les questions !

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Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

Nous pouvons être fiers de notre système de santé et c'est pour cela que nous le soutenons. J'ai répondu à la question de Mme Jeanine Dubié en annonçant 260 millions de financements supplémentaires pour l'hôpital public. Nous faisons le tour des hôpitaux, et j'ai annoncé qu'il n'y a pas un département de France, pas un seul département, dans lequel il n'y aura pas un hôpital capable de prendre en charge l'ensemble des malades de A à Z !

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Vous n'avez pas écouté : personne n'a dit le contraire !

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Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

Nous devons travailler le lien pré-hospitalier avec le lien hospitalier, et préparer, dans l'hypothèse d'une épidémie, le lien entre l'hôpital et la médecine de ville. Tout cela mobilise beaucoup d'énergie. Nos soignants sont parmi les meilleurs du monde parce qu'ils sont parmi les mieux formés du monde et qu'ils ont une vocation extrêmement forte. Je crois que la représentation nationale s'honorerait à le reconnaître et à les soutenir.

Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM, MODEM et UDI-Agir.

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Madame la secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, il y a plus de deux ans, le Président Emmanuel Macron faisait de l'égalité entre les femmes et les hommes la grande cause du quinquennat. Depuis, la France s'inscrit dans une dynamique nouvelle, celle d'une diplomatie féministe. Une diplomatie pour la lutte contre les violences sexuelles et sexistes. Une diplomatie pour l'éducation des filles et des femmes, des garçons et des hommes, partout dans le monde. Une diplomatie pour l'émancipation économique des femmes à travers le monde. Une diplomatie qui n'oublie aucun sujet. Une diplomatie concrète qui ne se contente pas de discours.

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Ainsi, au mois d'août dernier, dans le cadre de sa présidence du G7, la France lançait le partenariat de Biarritz pour l'égalité entre les femmes et les hommes. Ce partenariat engage chaque pays à adopter au moins une loi parmi les lois les plus favorables pour l'égalité entre les femmes et les hommes dans le monde, qu'elles viennent du Canada ou encore de Finlande où j'ai eu l'honneur de vous accompagner il y a maintenant quelques semaines.

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Au cours de ce déplacement, nous avons pu mesurer les progrès qu'il nous reste à faire, en France, pour renforcer la place des femmes en politique, dans l'art, dans le sport ou encore dans l'économie. C'est la tâche à laquelle s'attelleront les parlementaires, à vos côtés, pour honorer le partenariat de Biarritz en adoptant une loi ambitieuse et de grand progrès pour l'émancipation économique des femmes.

Cette diplomatie féministe s'inscrit aussi dans la préparation du forum Génération Égalité qui se tiendra à Paris, en juillet 2020, vingt-cinq ans après la conférence mondiale sur les femmes de l'ONU, qui avait eu lieu à Pékin. Ce forum permettra de dresser un bilan des progrès accomplis et d'élaborer des mesures pour atteindre l'égalité avant 2030.

À quatre mois du forum Génération Égalité, pouvez-vous nous dire comment faire de ce rendez-vous un franc succès, et comment associer l'ensemble des parties prenantes pour que cette grande cause du quinquennat devienne, si ce n'est la seule, du moins une grande cause mondiale.

Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.

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La parole est à Mme la secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations.

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Marlène Schiappa, secrétaire d'état chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations

Madame la députée, je vous remercie tout d'abord pour votre présence lors de notre déplacement en Finlande. Votre expertise sur la culture, l'éducation et l'égalité entre les femmes et les hommes a été très précieuse, de même que celle des députées Bérangère Couillard et Alexandra Louis, et de l'ambassadrice Delphine O…

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Marlène Schiappa, secrétaire d'état chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations

Il y avait là une illustration concrète de la diplomatie féministe portée par la France. Pourquoi agir en ce sens ? Parce qu'en 2020, aucun pays dans le monde n'a atteint l'égalité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines. Aucun pays, pas même la France, et aucun pays ne pourra l'atteindre seul. C'est le sens de la diplomatie féministe que nous soutenons depuis près eux ans avec Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sous l'impulsion du Président de la République.

C'est pourquoi, hier, à l'Élysée, nous avons participé à une session de travail autour du Président Emmanuel Macron, avec Mme Margot Wallström, l'ancienne ministre suédoise, initiatrice du concept de diplomatie féministe, et Mme Phumzile Mlambo-Ngcuka, directrice exécutive d'ONU Femmes, entité des Nations unies sous l'égide de laquelle nous préparons le forum Génération égalité.

Ce matin, avec Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, et Amélie de Montchalin, secrétaire d'État chargée des affaires européennes, nous avons remis le prix Simone Veil de la République française, doté de 100 000 euros, à une ONG d'Amérique du Sud qui lutte pour les droits sexuels et reproductifs.

C'est ce même thème que la France a choisi de promouvoir au forum Génération Égalité où, le Président de la République l'a annoncé hier, la France lancera une coalition mondiale pour la défense de l'accès à la contraception et à l'interruption volontaire de grossesse.

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Marlène Schiappa, secrétaire d'état chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations

Ce forum, qui se tiendra en juillet à Paris, marquera le vingt-cinquième anniversaire de la déclaration de Pékin, la plus aboutie à ce jour en matière de droits des femmes.

À l'occasion du 8 mars et toute l'année, nous devons nous battre, en France et partout dans le monde, pour l'égalité entre les femmes et les hommes ; c'est ce que fait le Gouvernement.

Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.

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Le 21 novembre 2018, Thibault de Montbrial, avocat au barreau de Paris et membre du conseil scientifique de l'École de guerre, tirait la sonnette d'alarme : selon lui, les terroristes islamistes français ou francophones se comptent par milliers, et nous risquons d'assister, en 2021-2022, à une montée en puissance des attaques qui s'apparenteront à ce qui se passe au Mali, en Syrie et en Afghanistan.

Madame la garde des sceaux, le 11 janvier dernier, vous avez évoqué la possibilité d'un retour des djihadistes français en France, mais votre cabinet ministériel a démenti l'information, soulignant que les djihadistes devaient être jugés dans les endroits où ils ont commis leurs exactions. Par ailleurs, depuis quelques jours, la Turquie ne retient plus les flux de migrants qui cherchent à gagner l'Europe.

En 2018, Thibault de Montbrial prévenait que 56 % des détenus radicalisés condamnés pour terrorisme sortiraient de prison avant 2020. Officiellement, une quarantaine de djihadistes ont retrouvé la liberté depuis lors. Demain, leur nombre ne fera qu'augmenter : quarante-trois djihadistes devraient sortir de prison en 2020 et une soixantaine en 2021. La loi du 30 octobre 2017, qui a assorti la sortie de prison des terroristes islamistes d'un arsenal de mesures de surveillance administrative et d'une assignation à résidence, n'est évidemment pas suffisante. Comment nos services de renseignement pourront-ils surveiller chacune des personnes suspectes vingt-quatre heures sur vingt-quatre ?

Madame la ministre, quelles dispositions fortes le Gouvernement entend-il prendre pour empêcher la sortie de prison de plusieurs dizaines de détenus dangereux dans les prochaines années ? Comptez-vous frapper ces personnes, qui haïssent viscéralement notre nation, d'une légitime déchéance de nationalité ? En dix ans, la France n'en a prononcé que treize. Comptez-vous laisser les États souverains juger les terroristes français qui ont agi sur leurs terres ?

Applaudissements parmi les députés non inscrits. – Mme Emmanuelle Anthoine et M. Jean-Claude Bouchet applaudissent également.

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La parole est à Mme la garde des sceaux, ministre de la justice.

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Nicole Belloubet, garde des sceaux, ministre de la justice

Vous m'interrogez sur le suivi en détention et post-détention des personnes condamnées pour des faits de terrorisme. Deux éléments me semblent importants.

D'une part, en détention, elles font l'objet d'un encadrement très précis visant à prévenir les phénomènes de violence qui les ont conduites à accomplir les actes pour lesquels elles ont été condamnées. Elles sont également suivies par le renseignement pénitentiaire, qui est ainsi en mesure d'empêcher les éventuelles récidives.

D'autre part, à la sortie de prison – qui dépend évidemment de la peine prononcée par le juge – , elles font l'objet d'un suivi judiciaire, décidé par le juge d'application des peines en matière de terrorisme, ou d'un suivi administratif, mis en place par l'autorité préfectorale et les services de renseignement. L'ensemble de ces mesures nous permet de savoir ce que font et où se trouvent les personnes qui ont été condamnées pour des faits de terrorisme.

Il est sans doute possible – mes services travaillent actuellement en ce sens – d'améliorer l'arsenal juridique applicable en la matière, mais cela doit se faire dans le cadre de l'État de droit et dans le respect des libertés et des garanties fondamentales prévues par la Constitution. C'est cela, l'État de droit : assurer la sécurité et garantir les exigences constitutionnelles – tels sont les deux objectifs que nous nous assignons.

Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.

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Monsieur le Premier ministre, après l'échec, en commission spéciale puis en séance publique, de l'examen du projet de loi relatif à la réforme des retraites, trente-neuf articles, vingt-sept habilitations à légiférer par ordonnance et des centaines d'amendements n'auront fait l'objet d'aucun examen de fond. Nul ne peut sérieusement prétendre aujourd'hui que la représentation nationale est correctement informée des tenants et des aboutissants de cette réforme importante, une telle information relevant pourtant d'une obligation constitutionnelle. Il est regrettable que vous ayez préféré la démocratie expéditive au débat de fond.

Demain, à dix heures trente, la commission des affaires sociales examinera la proposition de résolution du groupe Socialistes et apparentés tendant à la création d'une commission d'enquête sur la sincérité de l'étude d'impact – une étude critiquée par le Conseil d'État, les organisations syndicales et la plupart des analystes, y compris des économistes jadis proches de vous qui prennent aujourd'hui leurs distances. La recevabilité juridique de cette proposition ne fait aucun doute, et il est d'usage républicain d'accepter comme un droit fondamental de l'opposition la création d'une telle commission d'enquête. Celle-ci permettrait d'éclairer utilement la représentation nationale, toute la représentation nationale.

J'entends pourtant dire dans vos rangs et parmi vos ministres que le Gouvernement et la majorité pourraient être tentés d'y faire obstacle. Ce serait une décision grave et funeste pour notre démocratie parlementaire, et une vilenie supplémentaire faite aux Françaises et aux Français.

Monsieur le Premier ministre, comme chef du Gouvernement et dans le respect de la séparation des pouvoirs, mais surtout comme chef de la majorité – que vous venez souvent voir à l'Assemblée – , pouvez-vous nous assurer que nos craintes ne sont pas fondées et que vous ferez tout votre possible pour que ce droit fondamental du Parlement soit respecté ?

Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et GDR. – Mmes Valérie Beauvais et Frédérique Meunier applaudissent également.

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Edouard Philippe, Premier ministre

Vous m'interrogez sur un sujet qui sera évoqué demain en commission des affaires sociales. Vous commencez par exprimer le sentiment qu'en faisant usage d'une disposition constitutionnelle, le Gouvernement méconnaît le rôle du Parlement ; c'est un avis qui vous appartient. Mais immédiatement après avoir ainsi regretté la façon dont le Gouvernement traiterait, si j'ose dire, la représentation nationale, vous demandez au chef du Gouvernement de se prononcer sur une question qu'il appartient à la commission des affaires sociales de trancher souverainement.

Vifs applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

Votre agilité intellectuelle me laisse pantois ! Vous avez, par le passé, cautionné six fois l'usage de l'article 49, alinéa 3, et vous voilà aujourd'hui qui critiquez un gouvernement qui y recourt pour la première fois !

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

Vous accusez le Gouvernement de s'immiscer dans les affaires du Parlement et de ne pas respecter ses droits, mais vous me demandez ce que le Gouvernement pense d'une question qu'il appartient au Parlement de trancher !

Exclamations sur les bancs du groupe SOC.

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

Monsieur le député, soyons sérieux ! Les commissions d'enquête, vous le savez, font l'objet de dispositions précises ; une discussion juridique peut se nouer et se nouera.

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Vous opposerez-vous, oui ou non, à la création de la commission d'enquête ?

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

Demain, la décision sera prise par les députés membres de la commission des affaires sociales, et c'est très bien ainsi !

Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.

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Quelle hypocrisie, monsieur le Premier ministre ! Vous êtes le chef de la majorité !

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Monsieur le Premier ministre, je ne me serais pas permis cette question si je n'avais pas eu des confidences – que certains ministres présents dans l'hémicycle déplorent peut-être – sur les intentions du Gouvernement. Je m'en fais l'écho. J'aurais été heureux d'être rassuré, mais je ne le suis pas à cet instant !

Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – Exclamations sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.

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Monsieur le ministre de l'Europe et des affaires étrangères, depuis 2001, grâce aux efforts de la communauté internationale et à la constitution adoptée en 2004, les femmes afghanes avaient acquis certains droits : elles pouvaient sortir de chez elles, aller à l'école et à l'université, avoir accès au système de santé et à la justice, au Parlement et à la gouvernance. Tous ces droits étaient certes absents de pans entiers du territoire et très fragiles, d'autant plus que la sécurité était, depuis des mois, remise en cause, mais ils constituaient des acquis.

Samedi dernier, le représentant spécial américain Zalmay Khalilzad et le cofondateur du mouvement taliban Abdul Ghani Baradar ont signé un accord dit de paix. Cet accord bilatéral, qui fait moins de quatre pages, donne aux talibans ce pourquoi ils se battaient depuis 2002 : le retrait total des troupes américaines dans les quatorze mois et la perspective du rétablissement de l'État islamique. Or nous savons ce que ce que cela signifie pour les femmes.

En juin 2019, mon collègue Aurélien Pradié et moi-même avons reçu une délégation de femmes afghanes, qui nous ont suppliés de ne pas les abandonner. Le 3 juillet suivant, nous avons adressé au Président de la République une lettre cosignée par soixante-quinze députées, députés, sénatrices et sénateurs. Nous n'avons reçu aucune réponse.

Dans 135 jours environ, 5 000 soldats américains auront quitté l'Afghanistan ; les 8 500 restants partiront dans les quatorze mois. Par ailleurs, 5 000 prisonniers talibans seront libérés d'ici au mois de mars ; les autres, dans les trois mois.

Deux jours après avoir signé l'accord dit de paix, les talibans ont repris les combats. Les Américains nous avaient expliqué qu'ils pouvaient suspendre cet accord à tout moment, mais ne soyons pas naïfs : nous savons qu'il n'en sera rien, élections américaines obligent.

Nous sommes tous complices de cet abandon. En 2011, la France prenait la décision de retirer ses troupes d'Afghanistan. Le 31 décembre 2014, l'armée française quittait le pays après treize ans de présence. Selon l'accord dit de paix signé samedi, les sanctions américaines contre le mouvement islamiste seront levées d'ici au 27 août prochain, et on nous annonce que les sanctions de l'ONU seront levées à la même date.

Monsieur le ministre, la France va-t-elle donner son accord à la levée des sanctions ? Quel rôle va-t-elle jouer dans le cadre de l'ONU ? Allez-vous laisser la lourde porte se refermer sur les femmes afghanes et sur l'Afghanistan – et donc sur l'humanité ?

Applaudissements sur les bancs des groupes LT et UDI-Agir ainsi que sur quelques bancs des groupes LaREM et MODEM. – Mme Valérie Lacroute applaudit également.

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La parole est à M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères.

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Jean-Yves le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Vous avez évoqué les deux textes qui ont été rendus publics le 29 février dernier : la déclaration des gouvernements américain et afghan signée à Kaboul et l'accord entre les États-Unis et les talibans signé à Doha. La signature de ces accords représente une étape significative pour le processus de paix. L'accord entre les États-Unis et les talibans comporte en particulier un engagement de ces derniers à lutter contre le terrorisme. De plus, vous l'avez rappelé, le gouvernement afghan et les talibans devront procéder à des échanges de prisonniers d'ici au 10 mars prochain. Le sujet sera ensuite inscrit à l'ordre du jour du Conseil de sécurité des Nations unies.

À ce stade, la France n'a pas adopté de position définitive sur la question, sous réserve d'inventaire. De notre point de vue, il importe surtout que s'ouvrent des négociations interafghanes. Nous souhaitons que, préalablement au retrait des troupes américaines, l'ensemble des parties s'engagent sur un cessez-le-feu complet et sur une feuille de route inclusive, qui intègre la préservation des acquis en matière de droits humains accumulés depuis le début des années 2000, fruit des discussions au sein de la société civile afghane. Le maintien des acquis démocratiques est la condition d'une paix durable.

Nous poursuivrons nos discussions avec les représentants afghans des droits de l'homme, en particulier Mme la ministre Sima Samar que je recevrai vendredi. Nous prenons, à l'égard des femmes afghanes, des initiatives très fortes dans le cadre de l'agenda Femmes, paix et sécurité ; je pense en particulier au lycée pour filles Malalaï et à l'Institut médical français pour la mère et l'enfant, situés à Kaboul.

Nous sommes très attachés à la préservation des droits des femmes. Nous serons attentifs à leur insertion dans la logique amorcée par la signature de ces accords, qui doivent désormais être examinés par les différentes parties prenantes.

Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.

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Il y a le courage : celui d'Adèle Haenel, d'Aïssa Maïga, des femmes grévistes de l'hôtel Ibis Clichy-Batignolles, de toutes ces personnes qui défoncent depuis bien longtemps les murs du silence patriarcal ; de celles encore qui, en réaction au César de la honte, ont dénoncé les violences subies lorsqu'elles étaient enfants, sous le mot-dièse #jesuisvictime.

Il y a le courage : un geste de la main et des mots qu'on lit sur les lèvres ; une prise de parole qui fige une assemblée ; des manifestations, des collages, des dépôts de plainte – ils sont en hausse de 42 % ; le fait de regarder un monde minable en face et de lui tourner le dos.

Et il y a les réactions des dominants et des dominantes, et leurs réponses, de la salle Pleyel à Matignon, honteuses, indignes, décidément pas à la hauteur, carrément au-dessous de tout : récompenser par des prix – non pas le pédocriminel, mais l'artiste, bien sûr ! – , refuser de mettre sur la table les moyens humains et financiers nécessaires.

Il faut, au bas mot, 1 milliard ; là, maintenant, et non étalé sur plusieurs années en autorisations d'engagement.

Applaudissements sur les bancs du groupe FI.

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Il faut 1 milliard pour les 130 000 filles et 35 000 garçons qui subissent chaque année des viols et tentatives de viol.

Il faut 1 milliard non pour faire de la com' ni pour récupérer 830 millions dans les budgets de l'aide au développement ou de la solidarité, mais parce que 65 % des femmes tuées par leur partenaire ou ex-partenaire avaient déposé plainte.

Il faut 1 milliard pour que les survivantes, celles qui parviennent à franchir la porte d'un commissariat, soient correctement reçues et écoutées, pour garantir qu'elles soient hébergées et puissent ainsi quitter leur domicile.

Il faut 1 milliard pour leur fournir un suivi social et psychologique, pour former des juges, des enquêteurs et des enquêtrices, des travailleurs et des travailleuses sociales, des infirmiers et des infirmières.

Il faut 1 milliard, au bas mot, consacré uniquement à la politique de lutte contre les violences sexuelles, afin qu'elle soit un tant soit peu conséquente.

Monsieur le Premier ministre, où est-il, ce milliard ?

Applaudissements sur les bancs du groupe FI et sur quelques bancs des groupes GDR et SOC.

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La parole est à Mme la secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations.

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Marlène Schiappa, secrétaire d'état chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations

Vous avez commencé par saluer le courage des femmes qui parlent et, bien évidemment, je ne peux que vous rejoindre. Depuis quelques années, notamment depuis le mouvement #MeToo, ces femmes ont le courage de dénoncer les violences sexistes et sexuelles qu'elles ont vécues, qu'il s'agisse de harcèlement sexuel sur le lieu de travail, de viol ou de violences conjugales, voire d'excision et d'exploitation sexuelle.

Pendant quelques années, il a été de bon ton de parler de « libération de la parole des femmes ». Personnellement, je ne me reconnais pas dans cette expression, à laquelle je préfère celle de « libération de l'écoute des femmes ». En effet, cela fait des générations que les femmes parlent, sans être entendues.

Mme Laure de La Raudière applaudit.

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Marlène Schiappa, secrétaire d'état chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations

Ce qui a changé, au cours des dernières années, ce n'est pas que les femmes se mettent à parler ; c'est qu'enfin la société se met à les écouter.

Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.

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Très bien, madame la secrétaire d'État ! Ça, ce n'est pas du bla-bla !

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Marlène Schiappa, secrétaire d'état chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations

Les écouter, c'est précisément le travail du Gouvernement, afin qu'elles ne parlent pas dans le vide et que les réseaux sociaux ne soient pas leur dernier recours.

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Il faut agir, pas écouter ! Voilà votre travail !

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Marlène Schiappa, secrétaire d'état chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations

C'est pourquoi nous avons créé la plateforme numérique Arrêtons les violences, sur laquelle des policières et des policiers spécialement formés répondent vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, aux femmes victimes de violences sexistes et sexuelles.

C'est pourquoi nous avons augmenté les subventions à la plateforme téléphonique 3919, qui peut désormais répondre à 100 % des appels, grâce à de nouvelles écoutantes formées, et sera bientôt ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

C'est pourquoi nous avons organisé le Grenelle des violences conjugales, sous l'égide du Premier ministre. Je n'ai d'ailleurs pas compris votre allusion à Matignon, madame Obono : notre Premier ministre est le premier à avoir lancé une mobilisation interministérielle contre les violences sexistes et sexuelles.

Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.

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Il faut des places d'accueil dans les structures !

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Marlène Schiappa, secrétaire d'état chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations

Nous avons engagé 1 milliard d'euros dans un cadre interministériel, dont une partie provient effectivement du ministère de l'Europe et des affaires étrangères. Nous ne le cachons pas, nous en sommes fiers ; nous sommes d'ailleurs salués dans le monde entier pour cela, et c'est pourquoi la France a été choisie pour organiser le forum Génération Égalité.

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Marlène Schiappa, secrétaire d'état chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations

Voulez-vous donc que la France revienne sur son engagement de soutenir, à hauteur de 6 millions d'euros, le fonds du docteur Denis Mukwege, prix Nobel de la paix, plus connu sous le nom de « l'homme qui répare les femmes » ? Il soigne les femmes qui, partout dans le monde, sont victimes de viols de guerre.

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Ce n'est pas 1 milliard ! Quel bobard ! Sur un sujet aussi important !

Debut de section - Permalien
Marlène Schiappa, secrétaire d'état chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations

Je ne pense pas que telle soit votre intention.

Nous subventionnons 1 300 associations féministes partout sur le territoire. Aucun gouvernement n'a auparavant consacré autant d'argent à la défense des femmes, non seulement le 8 mars, mais tout au long de l'année !

Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM et sur quelques bancs du groupe MODEM – Exclamations sur les bancs du groupe LR.

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Madame la secrétaire d'État, vous dites que vous écoutez et que vous entendez, mais vous n'agissez pas. Et nous avons bien compris, à la lumière de votre réponse, que vous continuerez à ne rien faire. Néanmoins, nous ne sommes pas déçus, puisque nous n'attendions rien de vous.

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De toute évidence, comme toujours, nous n'obtiendrons rien que nous n'ayons arraché. Il ne nous reste plus qu'à appeler à une nouvelle mobilisation, comme le 23 novembre dernier, …

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… notamment le 5 mars prochain, contre la réforme des retraites, dont les femmes seront les grandes perdantes !

Applaudissements sur les bancs du groupe FI. – Protestations sur les bancs du groupe LaREM.

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Monsieur le ministre des solidarités et de la santé, depuis l'épidémie du SRAS – syndrome respiratoire aigu sévère – en 2003, puis celle du virus H5N1, le monde s'est préparé à la possibilité d'une pandémie grippale. Cette préparation s'est intensifiée avec la crise liée au virus humain H1N1, qui est apparu au Mexique en 2009 et s'est répandu à l'échelle de la planète jusqu'en août 2010 – nous nous en souvenons tous.

Aujourd'hui, nous sommes confrontés à la multiplication, sur plusieurs continents, de foyers de contamination par le coronavirus, identifié en Chine. Il y aurait environ 200 cas en France, quatre malades étant, malheureusement, décédés.

Il est indispensable de prévoir et de se préparer, compte tenu de la mutation possible des virus, de leur migration et de leur éventuelle combinaison avec d'autres virus, comme ce fut le cas de la grippe espagnole en 1918.

De nombreux exercices nationaux – neuf – ont été organisés. La France est donc parfaitement préparée. Grâce à son plan national de prévention, notre pays est le mieux armé pour faire face à un risque de pandémie grippale grave. La loi du 9 août 2004 impose en effet un plan blanc élargi à tous les hôpitaux afin de faire face à une situation sanitaire exceptionnelle. La loi du 5 mars 2007 a créé, quant à elle, la réserve sanitaire, qui peut être appelée rapidement en renfort. Tout cela, monsieur le ministre, est l'héritage des gouvernements précédents, en particulier de ceux du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

En 2006, 200 millions de masques FFP2 et 6 000 respirateurs ont été stockés. Que sont-ils devenus et quel est leur état ? Vos prédécesseurs ont en outre commandé 550 millions de masques.

La gestion d'une crise ne s'improvise pas. La gestion de celle-ci doit être non seulement sanitaire, mais aussi politique. Tel est le problème fondamental auquel nous sommes à présent confrontés.

Applaudissements sur les bancs du groupe LR.

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La parole est à M. le ministre des solidarités et de la santé.

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

Je vous communique tout d'abord cette information : à treize heures, 204 cas positifs de coronavirus étaient dénombrés dans notre pays ; nous avons par ailleurs à déplorer un quatrième décès, celui d'un homme de 92 ans, dans le département du Morbihan.

La question que vous posez est intéressante, monsieur Door – je vous sais fin connaisseur de l'histoire des crises sanitaires et de la santé publique dans notre pays. Vous vous rappelez sans doute qu'en 2011, à la suite de l'épisode de la grippe H1N1, une grande concertation avait été lancée afin de déterminer les stocks de différentes marchandises nécessaires en cas de nouveaux épisodes viraux. Or il a été établi alors que la France n'avait pas besoin de constituer un stock d'État des fameux masques FFP2. Du fait de cette décision prise en 2011, l'État n'a donc pas de stock de masques FFP2.

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

En revanche, il a été décidé cette même année que la France devait se doter d'un stock de 145 millions de masques chirurgicaux, les masques anti-projection. L'État dispose donc d'un stock de 145 millions de masques de ce type.

Exclamations sur les bancs du groupe LR.

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

On n'avait probablement pas été anticipé en 2011 – je le dis sans aucun esprit de polémique – que les crises sanitaires peuvent parfois engendrer des crises industrielles. L'épisode viral qu'a connu la Chine a été d'une telle ampleur qu'il a entraîné le ralentissement de l'économie chinoise, en particulier des industries qui produisent les masques de protection FFP2 et les masques anti-projection.

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Parlez-nous des stocks ! Dans quel état les masques sont-ils ?

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

Fort heureusement, sur le territoire national, quatre grandes entreprises fabriquent de tels masques. Nous venons de leur passer une commande publique massive, en leur demandant – j'ai encore vérifié hier que tel est bien le cas – de travailler jour et nuit, vingt-quatre sur vingt-quatre, sept jours sur sept, pour fournir le maximum de masques possible.

Toutefois, comme cela ne suffit pas à garantir que chaque soignant et chaque personne fragile pourra obtenir un masque, …

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

… je vous annonce officiellement que le Président de la République…

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

… vient de signer un décret de réquisition de l'ensemble des stocks et des masques en cours de production sur le territoire national.

Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

Cette mesure témoigne de l'engagement de notre pays afin de compléter le dispositif de santé publique élaboré en 2011, qui a permis d'anticiper certaines situations, mais pas toutes.

Mêmes mouvements.

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Ma question s'adresse à M. Julien Denormandie, ministre chargé de la ville et du logement.

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J'y associe mon collègue Jean François Mbaye.

Comme l'a rappelé le Président de la République à Amiens, il est essentiel que la jeunesse puisse véritablement se saisir de son destin. Il est donc légitime que l'éducation soit au coeur de notre projet.

L'éducation doit favoriser l'apprentissage, l'insertion et l'émancipation. Cette bataille qui permettra à notre jeunesse de se tourner sereinement vers l'avenir, nous devons la conduire collectivement, à tous les niveaux, dans les ministères, dans les régions et dans les communes, avec tous les acteurs qui entourent les enfants – les parents, les enseignants, les éducateurs et les bénévoles.

Les inégalités de destin, nous le savons, sont plus prégnantes dans nos quartiers. Les statistiques relatives au chômage des jeunes issus des quartiers prioritaires de la politique de la ville nous le rappellent.

Le Gouvernement a donc lancé le dispositif des cités éducatives, afin de favoriser l'innovation et de nourrir l'intelligence collective grâce à des échanges de bonnes pratiques. Les cités éducatives nourrissent une ambition forte : rétablir l'égalité des chances en renforçant les dynamiques territoriales, ainsi que les liens entre l'école et le territoire, car le cadre scolaire ne peut compenser, à lui seul, un environnement familial et social défavorisé.

D'autres mesures ambitieuses et évolutions législatives adoptées par la majorité contribuent à cet objectif : le plan 1 000 premiers jours, la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté, le plan mercredi, le développement des tiers-lieux, la formation obligatoire des jeunes âgés de 16 à 18 ans, le lancement du pass culture.

Il est essentiel de travailler sur tous les temps de vie de l'enfant – scolaire, périscolaire, extrascolaire – , de la naissance jusqu'à l'insertion, pour l'aider à développer les compétences qui lui seront essentielles et qui favoriseront son engagement, sa mobilité, son autonomie et sa citoyenneté.

Monsieur le ministre, quelles mesures comptez-vous prendre pour que les quatre-vingts cités éducatives disposent des moyens de leur ambition ?

Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.

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La parole est à M. le ministre chargé de la ville et du logement.

Debut de section - Permalien
Julien Denormandie, ministre chargé de la ville et du logement

Vous avez raison, madame Charrière : l'éducation est la clé ; elle est au coeur de la promesse républicaine qui veut que tout individu puisse s'émanciper par soi-même, accéder à un travail et, en définitive, choisir son propre destin.

L'éducation doit être le pilier de toute l'action que nous menons. C'est précisément ce que fait le Gouvernement et ce que fait ici la majorité présidentielle : nous mettons l'éducation et le travail au centre de toutes nos politiques publiques.

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Et les autres députés ? Nous ne sommes rien ?

Debut de section - Permalien
Julien Denormandie, ministre chargé de la ville et du logement

Dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, …

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Il faut redéfinir les critères de cette politique !

Debut de section - Permalien
Julien Denormandie, ministre chargé de la ville et du logement

… notre action doit effectivement être plus forte encore, notamment grâce à la politique d'équité que nous menons avec le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, Jean-Michel Blanquer. L'enjeu des cités éducatives est précisément l'excellence dans l'éducation. Celle-ci doit non pas être réservée à quelques-uns, mais offerte à tous les enfants de la République qui vivent dans ces quartiers.

J'aimerais rappeler cette très belle phrase de Paul Valéry : « L'enseignement ne se limite pas à l'école. » L'éducation ne s'arrête pas, en effet, aux frontières du collège. C'est aussi le sport, la musique, les relations avec les parents et avec tous les acteurs associatifs qui, au jour le jour, oeuvrent pour améliorer le quotidien de tous les enfants de la République.

Debut de section - Permalien
Julien Denormandie, ministre chargé de la ville et du logement

Tel est le projet politique des cités éducatives.

Nous allons donc créer quatre-vingts cités éducatives, partout en France, dans les territoires qui en ont le plus besoin. La majorité a adopté des crédits de 100 millions d'euros pour accompagner ce dispositif sur trois ans. Près de 300 000 enfants de la République seront ainsi accompagnés, du matin jusqu'au soir, par les associations, par les écoles, par les proviseurs et par les parents, dans l'accomplissement de leur propre destin.

Debut de section - Permalien
Julien Denormandie, ministre chargé de la ville et du logement

Il s'agit d'un dispositif essentiel, au coeur de la politique de réussite républicaine que nous menons. Je vous remercie donc vivement de toute votre action en ce sens.

Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM. – Mme Géraldine Bannier applaudit également.

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Monsieur le Premier ministre, l'utilisation de l'article 49, alinéa 3, en pleine crise du coronavirus et en pleine campagne des municipales marquera de manière indélébile ce quinquennat. Comment les Français peuvent-ils accepter votre refus de débattre d'un texte aussi important que ce projet de loi de réforme des retraites ?

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Comment les parlementaires que nous sommes, quels que soient les bancs sur lesquels ils siègent, peuvent-ils accepter ce mépris envers leur travail ?

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Le recours à une procédure aussi exceptionnelle que la délibération secrète en conseil des ministres…

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… témoigne d'un véritable cynisme envers la représentation nationale et nos concitoyens.

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Mais après tout, monsieur le Premier ministre, comment vous en vouloir ? Vous vous occupez à la fois des retraites, d'une crise sanitaire mondiale et d'une campagne électorale – on vous a vu débattre un mercredi soir alors que votre porte-parole avait juré que votre campagne aurait lieu uniquement le week-end.

Debut de section - Permalien
Plusieurs députés du groupe LR

Très juste !

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Les Français sont inquiets et attendent légitimement que le chef du Gouvernement soit totalement mobilisé au service de l'intérêt national. Ils attendent que le Premier ministre privilégie son pays, non son parti.

Monsieur le Premier ministre, il s'agit peut-être de la dernière question que j'adresse au Gouvernement, parce que je ferai le choix du coeur, le choix du local, comme d'autres collègues dans cet hémicycle.

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Si nous sommes élus maires, la loi nous imposera de renoncer à notre mandat de député. Ce n'est pas le cas pour les membres du Gouvernement, puisque rien ne les empêche d'être à la fois ministre et maire. Pourquoi une telle différence de traitement ?

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Les Français ont besoin d'élus non pas amateurs, mais expérimentés !

Applaudissements sur les bancs du groupe LR et sur quelques bancs du groupe SOC.

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Par mesure d'équité, envisagez-vous de permettre au maire, l'élu préféré des Français, de siéger à nouveau dans l'hémicycle ?

Applaudissements sur les bancs du groupe LR.

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Ça va être imputé sur les comptes de campagne !

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

Vous avez dit, madame la députée, que cette question était peut-être la dernière que vous posiez dans cet hémicycle, tout du moins pour un temps.

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Je vous souhaite bon courage pour les élections municipales dans votre commune, comme je le fais systématiquement à tous ceux qui se présentent aux suffrages de leurs concitoyens. Bonne chance et bon courage !

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Elle vient de perdre 5 ou 10 points dans les sondages !

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

Car, comme vous, je considère que se soumettre au suffrage universel, dans une démocratie, ce n'est pas rien. Et je ne comprends pas que l'on puisse reprocher à des responsables politiques de se soumettre au suffrage universel alors qu'ils exercent une fonction.

Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.

Debut de section - Permalien
Plusieurs députés du groupe LR

Ce n'est pas ce qu'elle a dit !

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

Vous savez parfaitement que c'est ce qu'implique votre question.

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Arrêtez ces mensonges, ce n'était pas la question !

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Consacrez-vous à votre poste de Premier ministre !

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

De même qu'il ne me viendrait pas à l'esprit de vous critiquer pour ce choix, je trouve curieux que l'on veuille faire en sorte que des responsables politiques ne puissent…

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Mais Valérie Lacroute n'est pas Premier ministre !

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

Pas encore, mais cela viendra peut-être ! Ne la dénigrez pas : elle en a toutes les qualités !

Sourires.

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Ce serait une bonne nouvelle ! Elle ne pourrait que faire mieux que vous !

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

Je suis certain, madame Lacroute, que le fait que des responsables politiques se soumettent au suffrage universel est une bonne chose.

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

Vous dites – et je vous entends – que vous préférerez votre mandat local à un mandat national. C'est parfaitement votre droit, …

Exclamations sur les bancs du groupe LR.

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

… et c'est d'ailleurs ce que j'avais fait moi-même en ne me présentant pas aux élections législatives lorsque j'étais maire du Havre, parce que je jugeais – comme vous demain, peut-être – plus intéressant, plus propice à l'accomplissement, plus épanouissant de présider aux destinées de sa ville que de participer au travail législatif.

Exclamations sur les bancs du groupe SOC.

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

C'est le choix que j'avais fait, et peut-être est-ce celui que vous ferez ; nous aurons alors eu la même appréciation.

Mme Sandra Marsaud applaudit. – Exclamations sur les bancs des groupes LR et SOC.

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

Sur le fond, soyons clairs. Il n'y a aucune utilisation de moyens publics dans la campagne des ministres aux élections municipales.

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Ça coûte combien, dans les comptes de campagne ?

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

Il n'y a aucun membre du Gouvernement qui soit maire, président de conseil départemental ou président de conseil régional.

Debut de section - Permalien
Plusieurs députés du groupe LR

Darmanin, premier adjoint !

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

J'ai dit avec beaucoup de clarté quelle était la règle qui s'appliquait et qui continuerait de s'appliquer : les membres du Gouvernement ne peuvent pas présider un exécutif local ; c'est la règle que nous avons fixée.

« Et Darmanin ? » sur les bancs du groupe LR.

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

C'est cette règle qui explique que les ministres qui étaient élus locaux et qui présidaient des exécutifs locaux aient cessé leurs fonctions dès lors qu'ils étaient nommés au Gouvernement. Je le répète, nous continuerons d'appliquer cette règle.

Exclamations sur les bancs du groupe LR.

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

Je regrette que vous n'écoutiez pas ma réponse, …

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

… car, de mon côté, j'ai pris beaucoup de plaisir à vous la donner.

Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM. – Mme Nadia Essayan applaudit également.

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Je ne vous ai pas senti très à l'aise dans votre réponse, monsieur le Premier ministre.

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Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais !

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Je ne vous ai intenté aucun procès. Il s'agissait simplement de souligner qu'il est bien dommage que les maires, élus préférés des Français, ne puissent plus siéger dans l'hémicycle, alors que les ministres ont en ce domaine le choix du roi !

Applaudissements sur les bancs du groupe LR et sur plusieurs bancs du groupe SOC. – M. Stéphane Baudu applaudit également.

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Monsieur le ministre de l'Europe et des affaires étrangères, depuis 2011, la Syrie est plongée dans une guerre civile qui déchire le pays et a causé la mort d'au moins 600 000 personnes, dont la moitié sont des civils. Plus de 10 millions de Syriens ont dû fuir les combats, et 4 millions d'entre eux ont quitté leur pays.

Voici plusieurs semaines que se joue ce qui est peut-être l'un des derniers épisodes de cette effroyable tragédie. Les troupes du régime syrien ont entamé la reconquête de la région d'Idlib, dernier territoire où s'entassent des forces d'opposition au régime, des groupes djihadistes et plusieurs millions de personnes déplacées au gré des événements de la guerre civile.

Depuis le début de cette offensive, en décembre dernier, 900 000 civils ont fui les combats. Le bilan provisoire fait état de plusieurs centaines de tués, dont certains seraient morts de froid. L'escalade des affrontements dans la région d'Idlib accroît fortement les risques d'un conflit d'ampleur et menace les populations civiles. Selon le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, des sites de déplacés et des hôpitaux ont été visés par des frappes. Une nouvelle fois, nous devons condamner avec la plus grande fermeté toute attaque, délibérée ou non, de populations civiles.

La Turquie accueille sur son sol plus de 3,5 millions de réfugiés, ce qui représente, reconnaissons-le, un défi pour ce pays membre de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, l'OTAN. Dans le même temps, plus de 15 000 réfugiés se sont massés à la frontière gréco-turque, dans des conditions particulièrement difficiles. La situation humanitaire y est désastreuse. La communauté internationale doit se mobiliser pour faire face à cette crise humanitaire aux portes de l'Europe, mais également pour mettre un terme aux affrontements meurtriers en Syrie. Au-delà de la réunion des ministres européens de l'intérieur, c'est toute la diplomatie européenne qui doit se mobiliser, car seule une solution politique associant les pays concernés peut mettre fin à cette situation.

Face à ce constat, quelles mesures très concrètes notre pays et ses alliés européens comptent-ils engager pour faire cesser les combats et la catastrophe humanitaire à Idlib ? Qu'en est-il du sommet qui devait se tenir cette semaine entre la France, l'Allemagne, la Turquie et la Russie ? Il m'apparaît indispensable.

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Quelles mesures les États européens comptent-ils prendre pour faire face à la crise des réfugiés à la frontière grecque et pour aider…

Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC. – M. Florian Bachelier applaudit également.

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Merci, mon cher collègue.

La parole est à M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères.

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Jean-Yves le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Vous avez bien fait, monsieur le député, de replacer l'ensemble des questions qui se posent dans le contexte historique et dans le contexte actuel. Je l'ai dit tout à l'heure en répondant à d'autres députés qui m'interrogeaient à ce sujet : la cause profonde de la situation est bien le pilonnage engagé par le régime syrien, avec l'appui de la Russie, pour récupérer le territoire d'Idlib.

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Jean-Yves le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Il faut dire la vérité ! C'est cela, la cause profonde !

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Et les terroristes qui sont là-bas, vous n'en dites rien ?

Debut de section - Permalien
Jean-Yves le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Dès lors, les conditions dans lesquelles se trouvent les populations de la zone concernée deviennent dramatiques : 1 million de personnes sont de nouveau déplacées après l'avoir été une première fois ; la population est soumise à des bombardements ; les centres d'accueil sont saturés ; les déplacés s'entassent dans des conditions terribles à proximité de la frontière turque, à la merci du froid, de la faim et des épidémies. On observe aussi une recrudescence des violences contre les femmes et les filles. L'offensive du régime syrien, rendue possible par le soutien aérien russe, est également marquée par des violations systématiques du droit international humanitaire.

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Les terroristes s'appellent Daech, au cas où vous l'auriez oublié !

Debut de section - Permalien
Jean-Yves le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Nous estimons – je m'adresse à vous, monsieur Pueyo, mais aussi à M. Lecoq – que ces violations sont potentiellement susceptibles d'être considérées comme des crimes de guerre ; en tout cas, nous allons les documenter.

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Et pour l'Arabie Saoudite au Yémen, vous allez faire la même chose ?

Debut de section - Permalien
Jean-Yves le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Parallèlement, un accord a été conclu entre les Russes et les Turcs en vue de préserver un cessez-le-feu minimal dans la zone d'Idlib. Il n'est pas respecté, ce qui se traduit par une grave conflictualité entre la Turquie et la Russie. Nous voulons que l'on revienne à l'accord de Sotchi, pour que le cessez-le-feu soit respecté.

Concernant la Turquie, nous considérons – je l'ai dit à deux reprises tout à l'heure – que le fait d'utiliser les réfugiés comme des otages pour faire pression sur l'Europe est parfaitement inacceptable, et nous le refusons.

Applaudissements sur quelques bancs des groupes LaREM et MODEM.

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Monsieur le ministre de l'intérieur, le 12 juin 2019, lors de sa déclaration de politique générale, le Premier ministre a annoncé, pour 2020, un livre blanc de la sécurité intérieure. Le 14 octobre, vous avez vous-même précisé les objectifs des quatre groupes de travail chargés de préparer ce livre blanc.

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L'un d'eux a pour objet le continuum de sécurité, autrement dit la construction d'une stratégie globale de sécurité pour notre pays.

Le groupe du Mouvement démocrate et apparentés s'en félicite, ayant lui-même fait valoir cette exigence de continuité depuis la loi de programmation militaire. Ce groupe de travail devrait donc oeuvrer pour que tous les acteurs publics et privés soient pris en considération dans la construction de cette stratégie.

Pourtant, ni ce groupe de travail ni aucun autre ne semblent appréhender le rôle des armées. La position des forces armées n'a pas non plus été entendue dans nos préfectures lors des récentes assises territoriales de la sécurité intérieure. Or les armées contribuent quotidiennement à garantir la sécurité des Français, dans notre espace aérien, sur nos eaux territoriales, mais également sur notre sol, grâce aux opérations Sentinelle et Cuirasse, Harpie et Titan, Héphaïstos, et plus généralement par leur appui lors des catastrophes naturelles et des pandémies.

Il est par ailleurs utile de rappeler que les menaces contemporaines sont de plus en plus hybrides : civiles et militaires, ouvertes et clandestines, nationales comme transnationales. Ainsi, aux côtés des forces de police et de gendarmerie, nos forces armées ne contribuent pas moins à la sécurité intérieure que la sécurité civile, les polices municipales ou la sécurité privée.

Dès lors, monsieur le ministre, pouvez-vous nous donner des éléments concernant l'intégration de nos forces armées dans les réflexions en cours sur le livre blanc de la sécurité intérieure ?

Applaudissements sur les bancs du groupe MODEM. – M. Rémy Rebeyrotte applaudit également.

Debut de section - Permalien
Christophe Castaner, ministre de l'intérieur

La réponse à votre question n'est pas celle que vous avez évoquée : il est évident que le ministère des armées, fort de ses experts, de son savoir-faire, de son expérience, de la coopération quotidienne avec le ministère de l'intérieur, notamment dans le cadre de l'opération Sentinelle, a toute sa place dans la réflexion que nous conduisons au sujet du livre blanc.

Pour préparer ce dernier, j'ai souhaité la concertation la plus large possible. Ainsi, avec Laurent Nunez, j'ai réuni un collège de citoyens français pour organiser une conférence citoyenne sur les questions de sécurité et sur le rapport entre la police et nos concitoyens. Naturellement, tous les acteurs ont leur place dans cette réflexion, dont l'armée.

C'est en particulier le cas dans deux groupes de travail. D'abord, dans celui que vous avez mentionné sur le continuum de sécurité, auquel le ministère des armées a bien sûr été associé d'emblée et auquel il a apporté une contribution écrite. C'est singulièrement dans le domaine cyber que son expérience apporte un éclairage absolument indispensable. Ensuite, le groupe de travail sur les technologies a associé à sa démarche la direction générale de l'armement, pour bénéficier dans ce domaine également, surtout pour la recherche et l'innovation, d'un savoir-faire dont nous avons besoin. Il en est allé de même du comité stratégique de filière des industries de sécurité. Nous avons donc tenu à associer à notre réflexion le ministère des armées dans ses différentes composantes.

Je vous le redis de la façon la plus claire, la coopération entre le ministère des armées et celui de l'intérieur est absolument indispensable, dans le cadre de notre action internationale comme au niveau national. Florence Parly et moi-même promouvons cet engagement collectif de la façon la plus claire et la plus nette, s'agissant de sujets aussi sensibles et essentiels que la menace terroriste, mais aussi pour la sécurité de nos concitoyens au quotidien. Votre question va dans le sens de nos travaux, et je vous en remercie. Vous serez d'ailleurs vous-même entendu par l'un des groupes de travail en raison de votre engagement sur ces questions.

Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et MODEM.

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Monsieur le ministre des solidarités et de la santé, la situation sanitaire actuelle est particulièrement délicate. Ma question s'inscrit pleinement dans un esprit de solidarité nationale : notre but est d'enrichir les dispositions déjà mises en oeuvre, mais aussi de relayer les inquiétudes des citoyens. En effet, les médias ne cessent de faire la lumière sur une application à géométrie variable du principe de précaution, créant une certaine confusion dans les esprits.

Ainsi, certaines écoles ou crèches restent ouvertes quand d'autres sont placées en quarantaine. Certains salariés exercent leur droit de retrait, quand d'autres, tout aussi exposés à un brassage de population internationale, doivent continuer le travail. Certains maraîchers se voient refuser la possibilité de vendre leurs produits sur des marchés locaux alors que, quelques mètres plus loin, des supermarchés continuent de fonctionner normalement.

Les personnels soignants s'interrogent sur le manque de moyens, par exemple de masques pour les médecins généralistes, mais aussi pour les différents services des hôpitaux. Un protocole strict destiné à garantir la sécurité sanitaire de ces personnels est-il observé ?

Concernant les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes – EHPAD – , la situation est particulièrement sensible. Certains établissements appliquent déjà des consignes comme le lavage des mains des visiteurs ou les questions sur leur état de santé et leurs voyages récents. Plus généralement, une note, et des moyens, ont-ils été fournis à ces établissements ?

Des questions se posent également sur d'éventuels problèmes d'approvisionnement. Je pense particulièrement aux masques et au paracétamol, entre autres. Malheureusement, aujourd'hui encore, des laboratoires pharmaceutiques n'hésitent pas à vendre leurs stocks de médicaments et d'accessoires médicaux aux pays les plus offrants. Pour sortir de cette logique de marchandisation, il serait intéressant de réfléchir à la proposition formulée par les parlementaires communistes : la création d'un pôle public du médicament. Cette mesure forte permettrait d'assurer une régulation sereine du secteur.

Qu'il s'agisse du SRAS ou du Covid-19, les chercheurs vous diront qu'il est impossible de trouver un vaccin en vingt-quatre heures. Il est urgent de leur donner les moyens financiers nécessaires, à l'échelle de l'Europe, pour préparer l'avenir sanitaire.

Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.

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La parole est à M. le ministre des solidarités et de la santé.

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

Je crains que vous n'ayez posé trop de questions – ce n'est pas une critique – pour que je puisse y répondre de façon exhaustive.

Je crois avoir répondu au sujet des masques : j'ai annoncé la réquisition de l'ensemble des stocks de production ; vous y êtes certainement sensible.

S'agissant des EHPAD, j'ai réuni ce matin à mon ministère, en présence de Sophie Cluzel, secrétaire d'État chargée des personnes handicapées, l'ensemble des acteurs du secteur médico-social et social afin de travailler avec eux à la publication, dans les quarante-huit heures, de protocoles de bonnes pratiques. Il faut évidemment protéger les personnes les plus fragiles vis-à-vis de la maladie, c'est-à-dire les personnes âgées ou porteuses d'autres maladies ou d'autres types de fragilité.

Croyez en l'engagement total du Gouvernement. L'enjeu n'est nullement politique, il est de bon sens et humain.

S'agissant des mesures de confinement et des fermetures d'écoles, nous raisonnons territoire par territoire. Au sein de ceux où le virus circule beaucoup, nous pouvons être amenés à fermer des écoles, mais il ne s'agit pas de fermetures sèches : ce sont des fermetures accompagnées, dans le cadre desquelles des volontaires de la réserve sanitaire – je les salue car nous avons une réserve formidable dans notre pays –

Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et MODEM

Debut de section - Permalien
Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

sont mobilisés pour accueillir dans les écoles les familles et les enfants, les interroger, parfois les examiner et réaliser, lorsque c'est nécessaire, des tests-diagnostics.

Au sein de ces territoires, le Gouvernement a demandé d'éviter les grands rassemblements et encouragé le télétravail, mais sans interdire les mobilités, parce qu'il ne faut évidemment pas paralyser les voies de communication entre les habitants, la vie sociale, le pays. Dans les périphéries de ces zones à forte concentration virale, nous avons demandé d'éviter là aussi les grands rassemblements et pris des mesures nationales.

Nous raisonnons, je le répète, territoire par territoire. Chaque décision de santé publique que j'annonce est prise après concertation avec des blouses blanches qui y ont réfléchi. Croyez-moi, toutes les décisions sont raisonnées, et le Gouvernement va continuer à les expliquer aux Français, parce que leur adhésion à l'action que nous menons, au-delà des clivages politiques – je sais que c'est aussi l'esprit de votre question – , est fondamentale dans la période que nous vivons.

Applaudissements sur quelques bancs des groupes LaREM et MODEM.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Monsieur le secrétaire d'État chargé du numérique, l'inclusion numérique avance. Nous sommes allés tous deux il y a quelques semaines, dans le Béarn, pour observer comment la politique publique innovante que nous avions imaginée il y a deux ans se matérialisait. De jeunes gens étaient réunis par la mission locale pour apprendre à utiliser un service public dématérialisé, en l'occurrence le site ameli. fr. C'est grâce au pass numérique qui leur avait été distribué aux guichets de l'assurance maladie qu'ils ont pu facilement payer la formation au numérique à laquelle ils venaient d'assister.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Ce n'est pas une question d'actualité ! Il y a d'autres urgences !

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Déjà 50 000 pass numériques sont en cours de distribution dans quarante-sept territoires qui expérimentent ce dispositif, l'objectif étant d'atteindre 1 million d'ici à la fin de l'année. Le pass numérique concerne tous les publics, des personnes âgées mais aussi des jeunes, des personnes de toute condition sociale, des ruraux comme des urbains, parce que l'illectronisme a ceci de particulier qu'il touche tout le monde ! Il y a aujourd'hui 13 millions de Français éloignés du numérique.

Il nous faut monter en puissance, non seulement parce que la dématérialisation s'accélère dans les services publics, mais aussi, et peut être davantage encore, dans le privé – banques, assurances, transports. Celui-ci devra d'ailleurs prendre sa part dans l'accompagnement de l'inclusion numérique.

Grâce au travail entrepris à l'école, l'inclusion numérique est également l'occasion d'aider les Français à devenir des citoyens numériques éclairés, maîtrisant la technique, bien sûr, mais aussi conscients des risques et des opportunités, de leurs droits et de leurs devoirs.

Monsieur le secrétaire d'État, comment comptez-vous accélérer l'inclusion numérique, compte tenu des enjeux majeurs que cela représente en matière d'égalité des chances et de nouvelles citoyennetés ?

Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

La parole est à M. le secrétaire d'État chargé du numérique.

Debut de section - Permalien
Cédric O, secrétaire d'état chargé du numérique

Je vous remercie pour cette question qui touche à la réalité quotidienne et aux difficultés qu'éprouvent nombre de nos concitoyens avec le numérique – vous avez évoqué le chiffre de 13 millions. Il est vrai que c'est à la fois un vecteur absolument extraordinaire de simplicité et d'ouverture au monde, à la culture et à la connaissance, mais aussi un vecteur de complexité dans le quotidien de nombre de Français, parce que l'ensemble des services deviennent numériques – pour s'inscrire à Pôle emploi, déclarer ses revenus ou accéder à des services privés, il faut maintenant en passer par internet. Il est parfois difficile de comprendre un monde de plus en plus numérisé.

C'est pourquoi le Gouvernement s'engage fortement en la matière. Nous procédons, avec Jacqueline Gourault, au déploiement des maisons France Service et à la réouverture de nombreux guichets, afin d'apporter des solutions au plus près des citoyens. Nous menons, avec l'ensemble des ministres, un travail de simplification des services publiques numériques et d'amélioration de leur accessibilité. Nous mettons en oeuvre la politique d'inclusion numérique que vous avez évoquée, qui repose notamment sur le déploiement du pass numérique. Nous avons travaillé avec les collectivités et les associations pour engager à cet effet 10 millions d'euros dès 2019 et 30 millions cette année – nous avons donc triplé l'effort. L'objectif est de couvrir l'ensemble du territoire et de former tous les Français qui ont besoin de l'être à l'utilisation des outils numériques, qui deviennent de plus en plus indispensables.

Nous travaillons également avec les entreprises, et je vous remercie, madame la députée, de votre mobilisation à cet égard. Nous devons réunir les entreprises, les aidants, les médiateurs, les associations et les collectivités territoriales pour construire cette politique d'inclusion numérique, ce qui suppose d'outiller les aidants et tous ceux qui accompagnent au quotidien les Français qui font face à des difficultés en ce domaine. C'est absolument indispensable si nous voulons continuer à faire société dans un monde de plus en plus numérique.

Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Madame la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, 111 universités et écoles, 278 laboratoires, 7 instituts universitaires de technologie, 145 revues scientifiques, 16 sociétés savantes… et la liste est encore longue : le monde universitaire est en lutte depuis plus de trois mois contre la dégradation générale des conditions de l'enseignement supérieur et de la recherche, au point d'organiser une journée « Facs et labos à l'arrêt » le 5 mars prochain.

Laissez-moi rappeler le contexte : une politique systématique d'assèchement des crédits de la recherche censée être compensée par des financements sur projet, qui suscitent une compétition accrue ; un recours croissant aux recrutements par voie contractuelle ; une évaluation administrative permanente et chronophage à tous les niveaux et à tous les échelons de toutes les structures ; une réforme des retraites qui réduira significativement les pensions.

Le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche se fait désirer ; c'est peu dire que les attentes sont grandes. Or les rapports préparatoires nous inquiètent, car ils assignent des d'objectifs de compétitivité et de performance, au détriment des valeurs d'indépendance et de liberté qui nous paraissent pourtant fondatrices de la recherche. Autrement dit, ce sont les objectifs d'une loi inégalitaire, le président-directeur général du Centre national de la recherche scientifique ayant récemment appelé de ses voeux une loi « darwinienne ».

En effet, la généralisation du financement sur projet au profit de quelques sites dits d'excellence renforcerait la concurrence et les inégalités entre établissements et entre chercheurs. Dans la même logique, la création de nouveaux contrats de travail dérogatoires et la remise en cause profonde du statut d'enseignant-chercheur entraîneraient une précarisation accrue du milieu de la recherche.

Pouvez-vous nous assurer, madame la ministre, que le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche, qui sera examiné très prochainement, sera le grand texte ambitieux et vertueux tant attendu ? Plus précisément, permettra-t-il enfin un investissement massif dans la recherche, à hauteur de 3 % du PIB, et la reconnaissance de nos chercheurs par une revalorisation de toutes les rémunérations ?

Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – Mme Marie-George Buffet et M. Stéphane Peu applaudissent également.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

La parole est à Mme la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation.

Debut de section - Permalien
Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation

Laissez-moi dresser un état des lieux. Le Premier ministre a annoncé que la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche aurait trois objectifs très clairs : du temps, des moyens et de la visibilité pour la recherche.

Debut de section - Permalien
Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation

Il s'agit d'une loi budgétaire, qui permettra de prévoir, pour les années qui viennent, l'investissement de la nation dans la recherche. Pour la première fois, au lieu d'organiser des assises, de rédiger des livres blancs, de tenir des réunions ou de mener des discussions, nous allons inscrire dans la loi un tel investissement.

Ce texte comporte d'ores et déjà des avancées très fortes en matière d'attractivité. J'ai annoncé, vous le savez, que plus aucun jeune chercheur ou enseignant-chercheur ne serait recruté à un salaire inférieur à deux SMIC, ce qui représentera en moyenne 2 600 à 2 800 euros supplémentaires par an. Pour ceux qui étaient recrutés à 1,4 SMIC, ce seront plus de 8 500 euros supplémentaires. Voilà du concret.

Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM. – Mme Maud Petit applaudit également.

Debut de section - Permalien
Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation

J'ai annoncé que 92 millions d'euros seraient consacrés, l'année prochaine – et je ne parle évidemment que de l'année prochaine – , à une revalorisation de tous les métiers de la recherche, afin de mieux reconnaître ceux qui s'investissent dans ce domaine.

L'objectif principal de cette future loi de programmation est que la France, grand pays de recherche, continue à rayonner ; il me paraît essentiel de le rappeler. Tous les laboratoires, centres de recherche et universités avec lesquels j'ai pu échanger et à qui j'ai dit la vérité sur son contenu la soutiennent fortement.

Protestations sur plusieurs bancs du groupe SOC.

Debut de section - Permalien
Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation

Le monde de la recherche ne croit pas aux rumeurs à partir du moment où les faits sont démontrés.

Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe LaREM et sur quelques bancs du groupe MODEM.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Madame la ministre de la transition écologique et solidaire, je vous félicite et vous remercie d'avoir reconnu, devant le Sénat, que l'éolien terrestre se développait de manière anarchique en France et qu'il était nécessaire de l'encadrer beaucoup mieux.

Applaudissements sur les bancs du groupe UDI-Agir et sur plusieurs bancs du groupe LR.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Certains promoteurs éoliens se comportent comme des chasseurs de primes sur nos territoires.

Mmes Cécile Untermaier et Valérie Rabault applaudissent.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Ils ne tiennent nullement compte de l'avis de la population ni même de celui des élus de l'ensemble des communes concernées, celles qui sont situées à proximité du parc éolien envisagé.

Tel est le cas en Eure-et-Loir, en Lozère, en Indre-et-Loire, dans les Hauts-de-France, en Charente-Maritime… partout en France !

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Cela provoque de la colère dans nos campagnes.

Les préfets sont démunis, car ils ne disposent d'aucune possibilité réglementaire solide pour interdire un projet éolien à proximité d'un monument historique ou dans un territoire où ce projet est totalement rejeté par la population. Les promoteurs ont beau dire que les élus ont les moyens d'encadrer le développement de l'éolien par les documents d'urbanisme, c'est tout simplement faux, c'est un mensonge.

Mme Sophie Auconie, M. Thierry Benoit et Mme Bérengère Poletti applaudissent.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

En effet, les services de l'État rejettent les plans locaux d'urbanisme dans lesquels une commune rurale interdit l'éolien sur tout son territoire, même si c'est là le souhait des élus.

Doit-on encore rappeler ici que l'implantation d'éoliennes terrestres en France n'a strictement aucun impact du point de vue de la lutte contre le réchauffement climatique ? Dès lors, au nom de quelle transition écologique accepte-t-on de détruire les paysages et le patrimoine français avec ces machines tournantes et clignotantes de 200 mètres de haut ?

Madame la ministre, quelles mesures législatives et réglementaires avez-vous prévues pour que vos propos courageux contre le développement anarchique de l'éolien soient réellement efficaces ?

Applaudissements sur les bancs du groupe UDI-Agir et sur quelques bancs du groupe LR.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

La parole est à Mme la ministre de la transition écologique et solidaire.

Debut de section - Permalien
élisabeth Borne, ministre de la transition écologique et solidaire

Ma position sur les éoliennes est très claire : elles sont indispensables à la transition énergétique de notre pays.

Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe LaREM.

Debut de section - Permalien
élisabeth Borne, ministre de la transition écologique et solidaire

Du reste, la programmation pluriannuelle de l'énergie prévoit un doublement de leur production d'électricité en dix ans. Je rappelle que cette production a augmenté de 21 % l'an dernier, contribuant à une baisse de 6 % de nos émissions de gaz à effet de serre.

Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LR.

Debut de section - Permalien
élisabeth Borne, ministre de la transition écologique et solidaire

Pour autant, je considère que nous ne réussirons pas le déploiement de l'éolien si nous n'écoutons pas les craintes de certains élus et de certains citoyens ; c'est une question de bon sens puisque sept projets sur dix font l'objet d'un recours. Voilà ce que j'ai indiqué lorsque j'ai été auditionnée au Sénat. Certains se sont alors empressés de dire que j'étais contre l'éolien, mais c'est une caricature…

Debut de section - Permalien
élisabeth Borne, ministre de la transition écologique et solidaire

… et le symptôme d'une écologie qui ne se préoccupe pas de mise en oeuvre concrète. Telle n'est pas mon approche : pour ma part, j'entends défendre une écologie qui suscite l'adhésion et non pas le rejet.

Debut de section - Permalien
élisabeth Borne, ministre de la transition écologique et solidaire

Un travail est donc en cours pour trouver un bon équilibre entre le déploiement de l'éolien et son acceptabilité, condition d'une telle l'adhésion. Une circulaire sera adressée aux préfets, leur demandant d'identifier, avec les élus, les zones dans lesquelles les éoliennes peuvent se développer sans porter atteinte à nos patrimoines naturel et culturel.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Chez nous, il n'y a plus de zones de cette nature, c'est fini !

Debut de section - Permalien
élisabeth Borne, ministre de la transition écologique et solidaire

Il appartiendra aux élus d'introduire les protections paysagères correspondantes dans leurs documents d'urbanisme.

Le Gouvernement continue donc de soutenir la filière éolienne, madame de La Raudière. Il convient de favoriser un développement équilibré et harmonieux, mais aussi ambitieux de cette énergie renouvelable.

Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM et sur quelques bancs du groupe MODEM.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Monsieur le Premier ministre, selon toute vraisemblance, ils sont plus d'un million, qu'ils soient écoliers, collégiens ou lycéens, à vivre un calvaire quotidien dans leur établissement scolaire, mais également en dehors. Je veux parler des jeunes victimes du harcèlement scolaire.

Les chiffres sont effrayants : en moyenne, trois enfants par classe sont victimes d'attaques verbales, physiques ou psychologiques. Le harcèlement scolaire existe depuis longtemps, mais l'essor des réseaux sociaux et leur utilisation massive par les jeunes en ont favorisé le développement.

Les conséquences du harcèlement scolaire sont multiples et assez diverses : le jeune peut devenir violent envers lui-même ou envers les autres, ou bien c'est le repli sur soi, suivi fréquemment d'un décrochage scolaire. À l'extrême, certains jeunes en arrivent au suicide. Nous avons tous, dans nos circonscriptions, le souvenir d'une situation dramatique. À Lisieux, Juliette, 15 ans, élève de seconde, à l'heure d'entrer au lycée, à huit heures trente-cinq, a couru se jeter sous un train.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

C'était il y a quatre ans, jour pour jour, le 3 mars 2016.

Pour protéger nos enfants, pour éviter à de nouvelles familles de connaître un tel drame, il faut agir.

Agir, c'est d'abord prévenir, en parler dans les établissements scolaires.

Agir, c'est aussi former les personnels, aussi bien les enseignants que les agents des collectivités qui travaillent dans les établissements.

Agir, ce serait enfin s'interroger sur l'utilisation des réseaux sociaux par les plus jeunes.

Monsieur le Premier ministre, l'école ne doit-elle pas demeurer le lieu de l'épanouissement de nos enfants, et non un lieu qui les expose à la violence ?

Applaudissements sur les bancs du groupe LR et sur plusieurs bancs du groupe LaREM.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Debut de section - Permalien
Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse

Je souscris à l'ensemble des termes de votre question. Ce sujet est fondamental et nous renvoie aux enjeux de l'éducation en général : tirer le meilleur de chaque être humain. Nous voyons, dès l'école, se développer des phénomènes qu'il faut évidemment endiguer. Cela a tout à voir avec les valeurs de la République et les savoir fondamentaux : lire, écrire, compter, respecter autrui – cette dernière expression indiquant ce qu'il convient de faire.

Le phénomène est mondial et grave ; il touche environ 10 % des élèves et personne ne doit le considérer comme marginal, parce qu'il pollue la vie quotidienne des enfants et peut amener à des actes gravissimes.

Il y a une véritable stratégie contre le harcèlement scolaire en France et elle ne date pas d'hier : elle a commencé au début des années 2010, et j'ai plaisir à dire qu'elle s'est poursuivie durant trois quinquennats successifs ; nous l'approfondissons désormais. Nous sommes un pays en pointe en ce domaine et nous obtenons de premiers résultats, néanmoins largement insuffisants. De 2015 à 2018, le harcèlement tel qu'on peut le mesurer a baissé de 5 %. En revanche, vous l'avez dit, monsieur Leclerc, le cyberharcèlement a augmenté, ce qui est très inquiétant.

J'ai annoncé l'année dernière un plan massif de lutte contre le harcèlement et le cyberharcèlement, qui passe par l'ensemble des outils que vous avez mentionnés, en particulier par la formation désormais systématique des professeurs. Grâce à la loi pour une école de la confiance, nous avons inséré dans le code de l'éducation un droit à la scolarité sans harcèlement, qui est désormais la base juridique des luttes que nous menons. Nous avons également créé la plateforme Net écoute, qui s'ajoute à la plateforme contre le harcèlement, dont nous avons étendu la capacité d'écoute ; plus de 20 000 élèves l'ont contactée l'année dernière.

Nous prenons de nouvelles initiatives. Nous procédons notamment à des expérimentations dans sept académies, qui seront étendues dès l'année prochaine. En outre, chaque établissement scolaire fera l'objet d'une évaluation en fonction de son action en matière de lutte contre le harcèlement ; c'est évidemment un enjeu majeur. Enfin, une conférence internationale sera organisée en France afin de constituer une alliance mondiale contre le harcèlement scolaire.

Applaudissements sur quelques bancs des groupes LaREM et MODEM.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Je vous remercie de votre réponse, monsieur le ministre. Vous avez évoqué de nouvelles initiatives. Peut-être l'État pourrait-il aussi accompagner les communes qui veulent créer des dispositifs pour déceler les situations de harcèlement. Les directeurs académiques des services de l'éducation nationale – DASEN – pourraient prendre contact avec elles à cette fin.

Applaudissements sur les bancs du groupe LR et sur quelques bancs des groupes LaREM et MODEM.

Suspension et reprise de la séance

La séance, suspendue à dix-sept heures, est reprise à dix-sept heures trente, sous la présidence de M. Richard Ferrand.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

L'ordre du jour appelle la discussion commune des motions de censure déposées, en application de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution, par M. Damien Abad et 80 députés, et par M. André Chassaigne, M. Jean-Luc Mélenchon, Mme Valérie Rabault et 60 députés.

La parole est à M. Damien Abad.

Mmes et MM. les membres du groupe LR se lèvent et applaudissent.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Ils pourraient tout de même être présents !

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Du fait du coronavirus, la France, l'Europe et le monde doivent affronter une crise sanitaire majeure. Or cette crise, monsieur le Premier ministre, ne vous a pas empêché de dégainer l'article 49, alinéa 3, de la Constitution un samedi après-midi. L'article lui-même n'est pas en cause : il s'agit d'un outil constitutionnel que nous défendons. Ce que nous rejetons, c'est la précipitation et la brutalité de la méthode utilisée, par pure tactique politique, à l'issue d'un conseil des ministres qui devait être consacré au coronavirus.

En pleine urgence sanitaire, nous pensions, monsieur le Premier ministre, que vous privilégieriez le 15 plutôt que le 49. 3.

Applaudissements sur les bancs du groupe LR.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Privilégier le 15, c'était préserver un indispensable consensus national face à la menace chaque jour grandissante du coronavirus. Privilégier le 15, c'était faire du conseil des ministres de samedi un acte fort de mobilisation nationale et non le théâtre d'une délibération secrète sur l'article 49, alinéa 3.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Privilégier le 15, c'était choisir la politique des grandes causes et non celle des petits bras.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Monsieur le Premier ministre, en voulant masquer votre recours à l'article 49, alinéa 3, derrière le paravent du coronavirus, vous avez préféré choisir les basses manoeuvres politiciennes à la grandeur gaullienne.

Applaudissements sur les bancs du groupe LR.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Parce que vous avez privilégié l'opportunisme politique à l'intérêt général, vous assumez et assumerez tout au long de la crise sanitaire que traverse la France la responsabilité d'avoir ouvert un front politique au moment où la gestion de la crise sanitaire imposait l'unité nationale.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Vous aviez pourtant voulu insuffler cette unité nationale jeudi dernier, en recevant l'ensemble des présidents de groupe et de parti à Matignon. En cédant aux sirènes de l'instrumentalisation, vous avez choisi de mettre le cynisme au coeur de votre politique.

Le comble du cynisme a consisté, dans les rangs de la majorité, à justifier le recours à l'article 49, alinéa 3, par la nécessité de mettre fin au débat sur les retraites pour que le Gouvernement tout entier soit mobilisé sur le coronavirus. Alors soyons cohérents : comment pouvez-vous, monsieur le Premier ministre, appeler à une mobilisation de tous les instants et accepter en même temps que votre ministre de la santé abandonne son poste en pleine crise du coronavirus ?

Applaudissements sur les bancs du groupe LR.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Pourquoi avez-vous demandé à votre ministre de la santé de choisir entre Paris et le coronavirus alors que vous-même refusez toujours de choisir entre votre avenir électoral et l'avenir de la France ?

Mêmes mouvements.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Comment voulez-vous vous concentrer pleinement sur la gestion de la crise et, en même temps, rester candidat à la mairie du Havre ? Je vous le dis avec gravité et dans un esprit de responsabilité : dans quel pays touché par le coronavirus un premier ministre sacrifie-t-il de son temps pour sa propre campagne électorale ?

« Eh oui ! » et applaudissements sur les bancs du groupe LR.

Debut de section - Permalien
Edouard Philippe, Premier ministre

Aux États-Unis ?

Sourires sur les bancs du Gouvernement.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Comment le Premier ministre de la France peut-il encore animer des réunions publiques en pleine crise sanitaire ? Au Havre ou à Paris, ce gouvernement privilégie les intérêts de son parti plutôt que ceux du pays. Votre mission consiste à protéger les Français, non à être en campagne électorale.

« Bravo ! » sur les bancs du groupe LR.

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Le cynisme tout comme l'amateurisme sont votre marque de fabrique depuis le début de cette réforme des retraites. L'amateurisme, c'est un texte mal ficelé, bancal, lacunaire, qui met toutes les professions – ou presque – dans la rue. L'amateurisme, c'est une concertation ratée, un calendrier précipité, un ministre remercié, un financement oublié, une loi bâclée.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Par votre cynisme et par votre amateurisme, vous avez bâti une à une les fondations d'un fiasco parlementaire sans précédent.

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Cette succession d'erreurs nous impose désormais de censurer votre gouvernement.

Revenons sur la chronologie d'un désastre annoncé, en commençant par la concertation ratée : dix-huit mois de concertation pour aboutir à un accord sur rien avec personne ! Votre double langage et votre duperie permanente ont rompu les fils du dialogue social, et les syndicats vous ont définitivement tourné le dos.

Applaudissements sur les bancs du groupe LR.

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C'est l'échec d'une méthode de concertation qui préfère les postures à l'exigence de clarté et les faux-semblants au devoir de vérité, et qui cristallise les angoisses depuis des mois. Du reste, cet échec se poursuit puisque votre conférence de financement se délite de jour en jour, confirmant notre crainte d'un déficit explosif.

« C'est vrai ! » sur les bancs du groupe LR.

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Puis votre gouvernement a fait le choix de jouer sciemment la carte de la précipitation en présentant un texte en catastrophe, juste avant les élections municipales, et en ne consacrant que deux semaines à son examen dans l'hémicycle.

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Comment peut-on examiner avec rigueur et sérieux une réforme aussi complexe selon un calendrier aussi contraint ?

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Le prétendu nouveau monde aurait pu faire le choix d'une discussion parlementaire démocratique et sérieuse mais, en faisant le choix d'un calendrier impossible, c'est tout simplement le débat que vous avez rendu impossible !

Applaudissements sur les bancs du groupe LR.

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Enfin et surtout, votre majorité est directement responsable de l'enlisement du débat – enlisement qu'elle a elle-même encouragé, organisé et soutenu. D'emblée, votre gouvernement aurait pu appliquer le temps législatif programmé…

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… pour garantir un débat de qualité et pour s'assurer qu'il irait à son terme. Mis en place lors de la réforme constitutionnelle de Nicolas Sarkozy en 2008, le temps législatif programmé permet de limiter le nombre d'heures de débat ; il aurait évité toute obstruction parlementaire.

Applaudissements sur les bancs du groupe LR.

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Encore fallait-il pour ce faire disposer d'un texte prêt, en bonne et due forme, afin de respecter le délai légal de six semaines.

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En refusant délibérément cette option, par amateurisme ou par cynisme…

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… voire les deux à la fois, vous avez offert un boulevard au groupe La France insoumise en lui permettant d'appliquer sa stratégie d'obstruction.

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Vous vous êtes ainsi rendus complices de cette obstruction insupportable aux yeux des Français.

Les députés du groupe Les Républicains n'ont cessé de déplorer cette obstruction tout au long des débats. Nous vous avons même fait une proposition de résolution pour sortir de l'enlisement dans lequel se trouvait votre gouvernement.

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Nous vous avons proposé de déposer un nouveau texte, complet et financé, qui serait débattu selon la règle du temps législatif programmé, afin d'éviter toute tentative d'obstruction parlementaire.

Applaudissements sur les bancs du groupe LR.

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Or vous avez repoussé en bloc cette proposition constructive et consensuelle.

Avec Éric Woerth, Stéphane Viry, Thibault Bazin, Marie-Christine Dalloz et l'ensemble des députés du groupe Les Républicains, nous avons toujours privilégié le débat de fond, là où d'autres ont fait le choix des insultes, de l'invective ou encore des attaques personnelles.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

D'un côté, la France insoumise a pris l'hémicycle pour un théâtre de rue où chacun se donne en spectacle ; …

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

… de l'autre, la majorité a joué la carte de la provocation en proférant des insultes et des propos parfois d'une grande vulgarité.

« Eh oui ! » sur les bancs du groupe LR.

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C'est bien la carte de la provocation que vous jouez lorsqu'un rapporteur perd complètement ses nerfs et nous reproche avec mépris de n'être rien !

Applaudissements sur les bancs du groupe LR. – M. Jean-Paul Dufrègne applaudit également.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

C'est la carte de la provocation que vous jouez lorsque le questeur En marche de l'Assemblée nationale propage, par pure démagogie, de grossières fausses informations sur le coût supposé d'une journée de séance dans l'hémicycle !

« Oui » et applaudissements sur quelques bancs du groupe LR. – M. Stéphane Peu applaudit également.

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Et vous avez surjoué la carte de l'obstruction, comme si M. Mélenchon était l'épouvantail confortable et rêvé permettant à des macronistes en quête d'une réforme définitivement évaporée de ressouder leurs rangs ! C'est toute l'hypocrisie des membres de votre majorité qui n'ont cessé de feindre l'indignation pour dénoncer en public une situation de blocage dont ils se réjouissaient parfois en privé. Ce ping-pong oral dévastateur pour notre démocratie et cette guérilla parlementaire entre les indignés et les insoumis n'avaient qu'un seul objectif : détourner le regard des Français de l'essentiel, à savoir le contenu de la réforme des retraites.

Applaudissements sur les bancs du groupe LR.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Permettez-moi de paraphraser le général de Gaulle : l'essentiel est de ne jamais faire le malin, de ne pas jouer au plus fin, de ne pas calculer, car les habiles finissent toujours par avoir tort. Voilà précisément la situation que nous vivons, et votre décision de recourir à l'article 49, alinéa 3, n'est que l'issue désolante d'un débat indigne et d'une réforme ratée qui portent le sceau de votre amateurisme.

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J'ai certes bien compris, monsieur le Premier ministre, que le Président de la République préfère les amateurs aux professionnels, mais le paradoxe, c'est que vous êtes devenus les professionnels de l'amateurisme !

Rires et applaudissements sur les bancs du groupe LR et sur quelques bancs du groupe GDR.

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Cynisme, amateurisme et irresponsabilité : votre gouvernement porte la responsabilité d'une réforme présentée sans l'ombre du commencement d'un début de financement. Comment peut-on sérieusement examiner une réforme des retraites qui mobilise chaque année plus de 320 milliards d'euros ? Monsieur le Premier ministre, 320 milliards d'euros représentent 14 % du PIB et 4 500 euros d'impôt annuel par Français !

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Dans quel autre monde que le vôtre peut-on engager des dépenses avant même d'avoir dégagé des recettes ? Dans quelle famille, dans quelle entreprise, dans quelle collectivité peut-on dépenser l'argent que l'on n'a pas encore ?

Pis, en présentant un texte à trous amputé de son volet relatif au financement et en laissant de multiples sujets essentiels à la merci d'ordonnances, vous brouillez complètement la vision d'ensemble de votre réforme ; ce n'est ni sérieux ni responsable.

D'autre part, vous assumez la responsabilité d'un projet de loi mal conçu, fruit d'une préparation et d'un travail insuffisants. De grandes voix se sont élevées pour vous montrer que vous faisiez fausse route : constitutionnalistes, éditorialistes, acteurs socioprofessionnels ou encore juristes, tous ont tour à tour mis en lumière l'insécurité juridique et les nombreux risques d'inconstitutionnalité qui pèsent sur votre texte. Même le Conseil d'État, dont l'indépendance et la compétence ne sauraient être contestées, a rendu un avis au vitriol sur votre projet de réforme.

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La juridiction administrative la plus élevée du pays est sortie de sa réserve habituelle pour dénoncer une étude d'impact « insuffisante », des projections financières « lacunaires » et un recours excessif aux ordonnances ! C'est la première fois que le Conseil d'État adresse un avis aussi dur au Gouvernement.

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Monsieur le Premier ministre, combien de questions sont restées sans réponse ?

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Avec Éric Woerth et Christian Jacob, nous vous avons posé quarante-neuf questions qui sont restées lettre morte. Parmi elles, il y a deux questions essentielles que se posent tous les Français : à partir de quel âge vais-je pouvoir prendre ma retraite et quel sera le montant de celle-ci ? Vous êtes incapable de répondre à ces deux questions pourtant centrales, …

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… parce que votre réforme est trop technocratique et trop éloignée des préoccupations quotidiennes des Français !

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Cynisme, amateurisme et irresponsabilité, telles sont les trois raisons qui expliquent l'enlisement de votre réforme. Vous vous êtes embourbé et cette non-réforme des retraites restera comme un échec cuisant pour votre majorité et pour votre gouvernement.

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C'est l'échec d'un projet de loi, mal préparé, qui cristallise toutes les angoisses.

C'est l'échec d'une concertation qui aura duré deux ans, pendant lesquels les partenaires sociaux ont été méprisés.

C'est l'échec d'un haut-commissaire, censé incarner la réforme et contraint finalement de démissionner.

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C'est l'échec d'une réforme étatiste, égalitariste et déresponsabilisante !

C'est l'échec de votre âge pivot, cette fausse mesure d'âge, hypocrite et injuste, qui devait être l'alpha et l'oméga de votre réforme, et que vous avez finalement abandonnée sous la pression des grévistes.

C'est l'échec, ensuite, de la conférence de financement, qui, à peine ouverte, est déjà mort-née.

C'est l'échec de votre commission spéciale, qui n'a pas pu aller à son terme.

C'est l'échec, enfin, de cette parodie de débat au sein de l'hémicycle, parodie que vous poussez jusqu'à son paroxysme lorsque vous faites croire que vous reprenez des amendements de l'opposition alors qu'ils sont uniquement rédactionnels ou accessoires ! Là aussi, vous êtes dans la parodie ; là aussi, vous êtes dans la fourberie !

Applaudissements sur les bancs du groupe LR et sur quelques bancs du groupe LT.

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Tous ces échecs répétés ne pouvaient aboutir qu'à une seule conclusion, le recours à l'article 49, alinéa 3. Avec mes collègues députés du groupe Les Républicains, j'ai envie de dire : tout ça pour ça ! Ce n'est plus la réforme des retraites, c'est la retraite des réformes.

Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LaREM.

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Certes, la procédure de l'article 49, alinéa 3 peut être un recours quand un gouvernement n'a pas de majorité, mais elle ne doit pas être déclenchée dans le seul but d'empêcher le débat. Sur un sujet aussi fondamental que l'avenir de notre système de retraite – et alors que vous disposez d'une large majorité sur ces bancs, …

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… même si elle se réduit, j'en conviens – , c'est une triste première de l'histoire parlementaire !

Nous ne pouvons accepter qu'une réforme, que le Gouvernement présente lui-même comme la plus importante du quinquennat, ne puisse jamais être votée à l'Assemblée nationale, ni en commission spéciale, ni en séance publique. C'est du jamais-vu depuis la réforme constitutionnelle de 2008 ! Nous ne pouvons l'accepter !

Applaudissements sur les bancs du groupe LR. – Mme Jeanine Dubié applaudit également.

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Cette utilisation de l'article 49, alinéa 3, aura un coût politique. Je n'ai pas de doute sur le sort qui sera réservé à notre motion de censure, mais cet usage de la Constitution vous fera très certainement perdre, dans un avenir proche, votre majorité absolue à l'Assemblée nationale. Ce sera votre Waterloo politique !

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La preuve en est l'anxiété et le doute qui ont désormais gagné vos rangs, certains n'hésitant pas à parler de déconvenue ou d'échec.

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La liste des députés quittant le groupe La République en marche s'allonge de jour en jour.

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Vous paierez au prix fort ces longs mois d'errance et d'erreurs, qui auront abouti à cette réforme profondément injuste, particulièrement coûteuse et si complexe qu'elle n'a créé que de l'anxiété, de l'angoisse et de l'incompréhension chez nos compatriotes.

Applaudissements sur les bancs du groupe LR.

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Nous comptons sur le Sénat pour redresser la barre…

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Cette réforme des retraites est un incroyable gâchis. Ne nous y trompons pas, les grands perdants, ce sont les Français ! Avec votre réforme, tout le monde y perd : les avocats, les indépendants, les professions libérales, les mères de famille, les ouvriers aux carrières ascendantes, les agriculteurs et même les professeurs.

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Et c'est parce que nous ne voulons pas que les Français soient les grands perdants que nous avons présenté un contre-projet qui leur propose une réforme des retraites plus juste, plus claire, plus responsable.

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Plus juste, j'ai des doutes. Plus responsable, j'en ai également.

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Monsieur le Premier ministre, nous présentons une motion de propositions, et non d'obstruction, parce que nous sommes des réformateurs !

Monsieur le Premier ministre, la droite de gouvernement n'a pas à rougir de son bilan en matière de retraites.

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Par trois fois, nous avons eu le courage de réformer les retraites, en allant jusqu'au bout du débat, …

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… malgré des oppositions tout aussi véhémentes, et en acceptant de nous soumettre au vote du Parlement souverain, sans ordonnances, ni recours à l'article 49, alinéa 3 !

Applaudissements sur les bancs du groupe LR.

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Nous avons pris nos responsabilités, en 2003, en alignant la durée de cotisation du secteur public sur celle du secteur privé.

Nous avons pris nos responsabilités, en 2010, en reculant de deux ans l'âge légal de départ à la retraite.

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Nous avons pris nos responsabilités, en étant les premiers à reconnaître la pénibilité de certaines carrières.

Nous prenons à nouveau nos responsabilités, en vous proposant, de manière transparente, un projet de réforme des retraites.

Sur le fond, la première différence fondamentale entre notre projet et le vôtre tient au fait que nous faisons du maintien du niveau des pensions une ligne rouge infranchissable.

Applaudissements sur les bancs du groupe LR.

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Parce que notre réforme est financée, nous pouvons garantir le niveau des pensions des retraités, actuels comme futurs.

La deuxième grande différence entre votre projet et le nôtre est que nous préservons les caisses de retraite autonomes et respectons les spécificités des métiers, en refusant un système de retraite égalitariste et déresponsabilisant.

Applaudissements sur les bancs du groupe LR.

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Dans votre réforme du système universel de retraite, il y a deux vices de conception : l'absence de financement – je n'y reviens pas – et une confusion entre universalité et uniformité.

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Contrairement à vous, nous pensons que l'universalité n'est pas l'uniformité.

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Prenons un exemple concret, celui des avocats. Monsieur le Premier ministre, pourquoi vouloir supprimer ce qui fonctionne sans coûter un euro d'argent public aux Français ?

Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.

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Le régime de retraite des avocats est efficace, solidaire, autonome.

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Il a fait la preuve de sa robustesse. Pourquoi vouloir le fondre dans un régime universel, si ce n'est pour faire main basse sur les 2 milliards d'euros de réserves qu'ils ont constitués, …

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… et les utiliser pour financer leur transition vers un régime universel dont ils ne veulent pas ? Pourquoi un tel acharnement à mettre au pas les avocats, dont le régime extrêmement redistributif favorise les petits cabinets et dont la caisse verse près de 100 millions d'euros chaque année au régime général ?

Applaudissements sur les bancs du groupe LR.

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La troisième différence entre notre projet et le vôtre est que nous assumons de reculer l'âge légal de départ à la retraite !

M. Jean-Marie Sermier applaudit.

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Nous ne faisons pas de fourberie, nous ne dupons pas les Français ! Les Français ont bien compris que, comme nous vivons plus longtemps, nous devons travailler plus longtemps.

Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.

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Nous vous proposons de porter progressivement l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans en huit ans et à 65 ans en douze ans. Dire la vérité aux Français, c'est leur dire que nous ne pouvons pas conserver éternellement cette exception intenable en Europe, héritée du socialisme !

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C'est un choix difficile, mais indispensable pour assurer l'équilibre de notre régime par répartition, sans baisser les pensions des retraités ni augmenter les cotisations des actifs.

Vous faites, hélas, tout le contraire, car, malgré votre bonne volonté, vous avez été rattrapés par votre propre majorité : vous augmentez brutalement les cotisations des indépendants et doublez même le taux de cotisation des avocats modestes !

Vous faites, hélas, tout le contraire, en créant des retraités pauvres, avec un système injuste et sournois de super-décote.

Vous faites, hélas, tout le contraire, en revoyant la méthode de calcul des pensions de retraite. En calculant désormais la pension sur l'ensemble de la carrière, et non plus sur les seules meilleures années, vous réduirez en moyenne de 10 % les retraites des salariés du privé. Voilà la réalité ! Avec ce mode de calcul, vous affaiblissez davantage l'ascenseur social, en sanctionnant tous ceux qui font l'effort de s'élever durant leur carrière par leur travail et le mérite.

Votre système sera profondément injuste pour une aide-soignante devenue infirmière.

Votre système sera profondément injuste pour un ouvrier devenu contremaître ou pour un contremaître devenu cadre.

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Votre système sera profondément injuste pour un salarié qui a gravi, un à un, les échelons de son entreprise.

Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.

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Tous ceux qui ont connu une carrière ascendante y perdront : votre réforme va à l'encontre du mérite et du travail !

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La quatrième différence entre notre projet et le vôtre est que nous refusons de faire sortir 120 000 cadres du régime de retraite par répartition. Votre choix incompréhensible de réduire l'assiette de cotisations de huit à trois plafonds annuels de la sécurité sociale privera le futur régime de retraite universel de près de 4 milliards d'euros de ressources par an à partir de 2025 ! C'est une folie, alors qu'il nous faudra déjà trouver 15 milliards d'euros supplémentaires chaque année pour équilibrer notre système de retraite. Voici ce que sont l'irresponsabilité et l'amateurisme : augmenter les cotisations et surenchérir le coût du travail !

Applaudissements sur les bancs du groupe LR.

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La cinquième différence entre notre projet et le vôtre est que nous vous proposons de supprimer les régimes spéciaux en douze ans, non en un demi-siècle !

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Ces régimes spéciaux, qui coûtent 6 milliards d'euros par an aux contribuables, doivent être supprimés rapidement, au nom de la justice entre les Français. Comment comprendre qu'un chauffeur de bus de la RATP né en 1985 pourra partir à la retraite à 52 ans en 2037, quand un chauffeur de bus de la ville d'Oyonnax, dans ma circonscription, né le même jour et faisant le même métier, devra partir à 62 ans, soit dix ans plus tard ?

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La sixième différence entre notre projet et le vôtre est que nous refusons l'arbitraire d'un système par points, intenable dans la durée. La question centrale est : comment garantir la valeur du point ? À chaque crise économique, à chaque nouveau déclin démographique, à chaque nouvelle majorité, ce qu'une loi a fait, une autre peut le défaire – vous le savez parfaitement. Ne nous faites pas croire que l'inscription de la valeur du point dans la loi la sanctuarise !

Enfin, la septième différence entre notre projet et le vôtre est que nous refusons qu'une réforme des retraites pénalise des millions de Français. Or la vôtre fera un nombre incroyable de perdants : il y a tous ceux que j'ai déjà mentionnés, mais il y en a d'autres, je pense notamment aux mères de famille, qui perdront leur majoration de trimestre et qui ne pourront plus bénéficier d'une retraite à taux plein.

Debut de section - PermalienPhoto issue du site de l'Assemblée nationale ou de Wikipedia

Nous vous proposons de rendre notre système de retraite plus juste.

Plus juste, en revalorisant les petites retraites et en instaurant, dès 2020, un minimum de pension fixé à 1 000 euros.

Applaudissements sur les bancs du groupe LR et sur quelques bancs du groupe LT.

Debut de section - Permalien
Un député du groupe LaREM

C'est fait !

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Soyons clairs, monsieur le Premier ministre, ce minimum doit concerner l'ensemble des retraités agricoles, y compris actuels.

Applaudissements sur les bancs du groupe LR.

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Contrairement à ce qu'a dit le Président de la République au Salon de l'agriculture, cela coûte non pas 1,1 milliard, mais 400 millions d'euros. Cela coûte simplement un peu de courage et de volonté politique.

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Plus juste, en mettant en place un régime universel de pénibilité, qui donnera droit à une année de retraite anticipée pour cinq années de travail reconnu comme objectivement pénible par la médecine du travail.

Debut de section - Permalien
Un député du groupe LaREM

C'est fait !

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Plus juste, enfin, en revalorisant chaque année l'ensemble des retraites au niveau de l'inflation, quand votre majorité a fait de la désindexation des pensions sa marque de fabrique depuis deux ans et demi.

Au jeu des sept différences, monsieur le Premier ministre, c'est le choix de la responsabilité, du courage et de la clarté qui doit l'emporter, c'est-à-dire tout ce qui nous distingue de vous !

Où est la responsabilité de votre projet quand vous promettez à tour de bras des mesures de compensation, sans qu'une seule d'entre elles ne soit financée ?

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Où est la clarté de votre réforme quand vous êtes incapables de mettre en place un réel simulateur ?

Où est le courage de votre majorité quand vous fuyez le débat parlementaire et la confrontation démocratique, parce que vous êtes incapables d'avouer aux Français les conséquences de votre réforme sur le niveau de leurs pensions ?

Applaudissements sur les bancs du groupe LR.

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Au fond, la grande différence entre nous et vous, c'est que nous considérons que notre système de retraite a besoin d'être non pas fracturé, mais réformé. Il nécessite non pas une révolution systémique, à grand renfort de trinitroglycérine et de déclarations tapageuses, mais une adaptation paramétrique, certes moins spectaculaire, mais plus juste, plus simple et plus courageuse.

Par orgueil, vous voulez faire table rase du passé et dynamiter l'héritage du Conseil national de la Résistance. Par pragmatisme, nous voulons le faire évoluer, pour tenir compte de l'allongement continu de l'espérance de vie en bonne santé, de l'émergence de nouveaux métiers et de nouveaux souhaits de carrière ainsi que du profond renversement démographique que constitue le papy-boom.

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Plutôt qu'une réforme incompréhensible, dont le degré de complexité sert à masquer les lacunes et les dangers, nous avons, nous, un projet de réforme claire, lisible, juste et responsable. Je vous l'ai dit, la présente motion de censure est une motion de propositions. Elle présente clairement ce que serait une réforme de droite du système de retraite.

Voilà pourquoi il ne peut exister, dans cette assemblée, une quelconque alliance des oppositions ! Voilà pourquoi nous ne soutiendrons pas la motion de censure présentée par la gauche radicale, car nous ne voulons pas être confondus avec ceux qui pratiquent le blocage, l'obstruction et le déni de réalité !

Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.

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Nous voulons, au contraire, faire preuve de clarté, en affirmant nos convictions de droite. Aux députés de la gauche radicale et insoumise, aux députés du rassemblement national, je dis ceci : entre vous et nous se trouve une digue infranchissable, celle de la crédibilité. Notre motion de proposition est claire : elle présente une réforme juste et financée.

Au demeurant, si Mme Le Pen et M. Mélenchon ont l'intention de la voter, comme ils le prétendent, cela signifie qu'ils voteront pour la suppression totale des régimes spéciaux en douze ans et pour le report de l'âge légal de départ à la retraite. Eux qui prônent, en toute démagogie, la retraite à 60 ans et le maintien des régimes spéciaux devront rendre compte de leur incohérence devant leurs électeurs !

Applaudissements sur les bancs du groupe LR.

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J'applaudis, car je ne cesse de le leur répéter !

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L'incohérence, voilà justement ce que rejette la seule alternance désormais possible, incarnée par le groupe Les Républicains ! Dans cet hémicycle, il y a plusieurs oppositions, mais il n'y a qu'une seule force d'alternance.

Il y a l'opposition qui n'est même pas en mesure de déposer une motion de censure : c'est l'opposition incapable de Mme Le Pen. Il y a l'opposition qui est obligée de conclure l'alliance de la carpe et du lapin pour déposer une motion de censure procédurale : c'est l'opposition d'obstruction de M. Mélenchon. Et il y a l'opposition qui incarne l'alternance, en déposant une motion de proposition : c'est la nôtre, celle du groupe Les Républicains.

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Mes chers collègues, la droite redonne de la voix. Elle se fait entendre sur le terrain, retrouve des couleurs au Parlement et reprend une place dans le coeur des Français. La droite ne peut rester sans réagir face à un gouvernement prisonnier de ses certitudes, enlisé dans l'échec et dépassé par une réforme qu'il ne maîtrise plus !

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En censurant le Gouvernement, nous voulons dire stop au cynisme, stop à l'amateurisme et stop à l'irresponsabilité !

Oui, le devoir de la droite est de censurer un gouvernement qui navigue à vue et joue avec l'avenir de millions de Français ! Oui, le devoir de la droite est de censurer votre fausse politique d'exemplarité, qui a perdu tout crédit à mesure que les affaires se sont succédé, poussant douze de vos ministres à la démission !

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Oui, le devoir de la droite est de censurer votre fausse politique de cohésion nationale, qui n'est plus qu'un vieux souvenir, dès lors que le mouvement des gilets jaunes a révélé l'ampleur des fractures qui minent notre pays et que vous n'avez cessé d'accentuer depuis que vous exercez vos responsabilités. Oui, le devoir de la droite est de censurer un gouvernement faussement réformateur, qui se fracasse sur la réalité d'une réforme ratée !

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L'histoire retiendra que vous avez appauvri les retraités français…

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… tout en passant à côté d'une formidable chance d'assurer l'équilibre de notre système de retraite et de le rendre plus juste. Tout cela démontre une chose : l'audace réformatrice a changé de camp.

Ce n'est pas seulement votre majorité que nous voulons censurer, ce sont surtout vos renoncements, vos lâchetés et vos trahisons : renoncement sur le recul de l'âge légal de départ à la retraite et sur la suppression des régimes spéciaux ; renoncement sur la réduction des dépenses publiques, alors même que la dette s'envole inexorablement ; renoncement sur la hausse du pouvoir d'achat ; renoncement sur la réduction de l'immigration clandestine ; renoncement sur le recul de la délinquance ; lâcheté sur le communautarisme et sur l'islam radical ; trahison globale de l'audace réformatrice que vous revendiquiez initialement.

Dès lors, plutôt que contempler impuissants le désastre d'une réforme ratée, plutôt que nous résigner à accepter la baisse programmée des pensions de millions de Français, plutôt que nous résoudre à perdre encore deux ans avec ce gouvernement qui a échoué, nous vous invitons, chers collègues, à participer à un sursaut démocratique en votant notre motion de censure !

Il y va de l'honneur d'un Parlement bafoué ! Il y va de l'avenir de notre système de retraite ! Il y va surtout de l'intérêt de la France et des Français !

Mmes et MM. les membres du groupe LR se lèvent et applaudissent.

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J'ai l'honneur d'avoir été désigné par la présidente Valérie Rabault et par le président Jean-Luc Mélenchon…

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… pour présenter, au nom de nos trois groupes, la présente motion de censure, qui vise à empêcher l'adoption sans vote, par le truchement du funeste article 49, alinéa 3, de la Constitution, de votre non moins funeste réforme des retraites, monsieur le Premier ministre.

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Le recours à cette arme parachève la chronique du fiasco annoncé de cette réforme : un mouvement social inédit depuis le début de la Ve République ; un rejet profond et massif des citoyens ; des partenaires sociaux méprisés ; une dénonciation par le Conseil d'État de l'incohérence et de l'insécurité juridique du texte ; une étude d'impact trompeuse et insincère.

Votre amateurisme et votre impréparation aboutissent à un désastre démocratique. La mise à mort de nos débats souligne votre profond mépris du Parlement.

Applaudissements sur quelques bancs des groupes GDR et SOC.

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En effet, elle est la négation même de notre rôle de législateur et constitue une nouvelle étape de la dérive autoritaire du régime. Les pères de la Constitution de 1958, conscients de cette possible dérive, ont souhaité réserver le recours à l'article 49, alinéa 3, de la Constitution aux seuls cas exceptionnels. Quel est donc le cas exceptionnel justifiant à vos yeux le fait que notre assemblée soit privée de débat ?

Il en est un dont se sont fait l'écho, dès le premier jour d'examen du texte, les cacatoès de la majorité…

Applaudissements sur quelques bancs du groupe GDR. – Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LaREM et MODEM.

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Vous valez mieux que cela, monsieur Chassaigne !

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Chers collègues de la majorité, j'avoue que vos gargouillis et vos cris me font plaisir aux oreilles !

Debut de section - Permalien
Un député du groupe LaREM

C'est indigne !

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Le cas exceptionnel, pour vous, est le simple fait que les oppositions proposent, contredisent et interrogent, dans le plus strict respect de notre règlement. Les digéreurs de la parole élyséenne rêvent d'un hémicycle occupé par eux seuls, au sein duquel ils se livreraient, l'échine courbée, à leurs petits arrangements entre amis.

De fait, il vous est insupportable que nous fassions respirer la démocratie. Tout, depuis le début de l'examen du texte, prouve que vous n'avez jamais voulu débattre et que vous souhaitez imposer, coûte que coûte, votre réforme !

Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.

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Rappelons quelques étapes de la discussion parlementaire. Évoquons tout d'abord le choix de la procédure accélérée, sans autre motif que la volonté d'achever la première lecture du texte avant le premier tour des élections municipales.

Monsieur le Premier ministre, pour une réforme que vous avez vous-même décrite comme « une des réformes les plus ambitieuses et les plus complexes [… ] de ces dernières années », …

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… vous avez décidé d'un calendrier intenable, prévoyant des délais tout simplement scandaleux pour examiner soixante-dix articles !

Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur quelques bancs du groupe SOC.

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Dans ces conditions, la commission spéciale a fatalement échoué, dix jours après avoir entamé ses travaux, et nous avons été obligés, en séance publique, de débattre du texte initial. Quant au temps alloué aux débats dans notre hémicycle, vous n'aviez initialement prévu que deux semaines, sachant qu'elles ne suffiraient pas pour comprendre, décrypter et mesurer les conséquences de chacun des soixante-dix articles.

Cinq présidents de groupe vous ont demandé de laisser au débat le temps nécessaire. Fin de non-recevoir !

Nous avons multiplié les demandes de retrait du texte, pour que vous puissiez nous présenter une copie digne du respect que vous devez à nos concitoyens, ainsi qu'à leur avenir, et non un simple brouillon. Fin de non-recevoir !

Nous avons soumis au vote de l'Assemblée une motion référendaire, signée par soixante de ses membres, pour sortir de la crise par le haut, par le peuple, en organisant un référendum. Fin de non-recevoir !

Nous avons alors décidé d'utiliser toutes les possibilités de prise de parole pour obtenir des réponses aux questions que se posent la majorité des Français et les organisations syndicales ainsi que la plus haute juridiction administrative de notre pays. Fin de non-recevoir ultime, avec le recours à l'article 49, alinéa 3 !

Pris au piège, vous avez imaginé, avant de porter ce coup fatal, toutes les parades possibles pour échapper au débat. La plus fameuse, et la moins glorieuse, fut de faire tomber des milliers d'amendements déposés par l'opposition, dans le mépris le plus total de la Constitution,

Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.

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vous obstinant pendant près de deux jours, au point de bloquer nos débats, avant de renoncer, penauds, à ce coup de force !

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À qui la faute ? À celui qui piétine le droit ou à celui qui se bat pour qu'il soit respecté ?

Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur quelques bancs du groupe SOC.

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La mascarade a alors commencé, prenant d'emblée son tour le plus pathétique. Une fois que nous avons pu engager le débat, après avoir arraché le respect de nos droits, les petits soldats d'En Marche et leurs supplétifs du MODEM sont entrés en scène.

Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LaREM et MODEM.

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Dès qu'un député de l'opposition prenait la parole pour formuler des propositions, tenter d'obtenir des réponses sur des points essentiels ou ouvrir un débat de qualité, …

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Sans jamais se soucier de respecter le temps de parole !

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… vos serviteurs déversaient leurs cris d'orfraie pour masquer les non-réponses et fustiger un excès de parole de l'opposition – parole trop gênante, car dévoilant les multiples entourloupes de votre réforme !

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Ainsi, la valeur du point sera indexée sur le revenu d'activité moyen, indicateur inconnu à ce jour mais lourd de menaces pour les pensions des futurs retraités ; les retraités agricoles – ceux d'aujourd'hui et la plupart de ceux de demain – seront exclus du bénéfice du minimum de pension à 85 % du SMIC ; la réforme des pensions de réversion fera 65 % de perdants. Citons également l'absence de garantie en matière de taux de remplacement des pensions et le maintien de façade à 62 ans de l'âge légal de départ à la retraite.

Par conséquent, monsieur le Premier ministre, vous ne pourrez pas convaincre les Français de l'utilité, en l'espèce, de l'article 49, alinéa 3, qui marque celui qui l'utilise du sceau de la faiblesse et de l'autoritarisme, l'un allant souvent avec l'autre.

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Les Français, eux, souhaitaient que le débat se poursuive, pour comprendre les tenants et les aboutissants de la réforme. Ils attendaient de leurs représentants qu'ils corrigent un texte mal écrit, inachevé et bourré d'ordonnances, engageant leur avenir pour des décennies.

Nous voulions également poursuivre le débat.

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Nous en avions le temps. Deux à trois petites semaines supplémentaires y auraient suffi, au rythme atteint ces derniers jours.

Rires sur plusieurs bancs du groupe LaREM.

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Mais l'exécutif ne le voulait pas – surtout pas !

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Au demeurant, chers collègues de la majorité, c'est lorsque les débats devenaient de plus en plus risqués pour vous que le Président de la République a décidé d'abréger votre souffrance.

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Laissant du même coup nos questions sans réponses !

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Il est vrai qu'il devenait cruel de poursuivre les débats alors même que nous allions aborder le coeur du projet de loi : la valeur du point et l'âge d'équilibre.

Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.

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Votre majorité n'en pouvait plus de justifier l'ampleur des régressions sociales projetées : le recul de l'âge de départ par l'instauration d'un âge d'équilibre à 65 ans ; …

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… un système de retraite à points induisant une baisse générale des pensions et rendant chacun comptable de son seul sort ; …

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… une machine à reproduire les inégalités vécues pendant la carrière professionnelle, au détriment des femmes en premier lieu ; l'affaiblissement des mécanismes de solidarité, tels que les pensions de réversion, les retraites anticipées pour carrière longue et la prise en compte des périodes de chômage non indemnisé ; l'affaiblissement des dispositifs de reconnaissance de la pénibilité ; l'ouverture d'espaces de capitalisation pour les hauts salaires.

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Un député du groupe LaREM

Fake news !

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C'est parce que ces débats menaçaient de faire craquer le vernis de votre communication, auraient mis à jour l'ampleur de l'arnaque, que vous avez décidé de mettre fin à ce naufrage programmé…

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… en actionnant l'article 49, alinéa 3, sous le prétexte de sauver la démocratie parlementaire menacée !

Applaudissements sur les bancs du groupe GDR. – M. Jean-Luc Mélenchon applaudit également.

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Une démocratie qui aurait été menacée par un sabotage orchestré par les oppositions ! Ah, monsieur le Premier ministre, qu'en termes galants ces choses-là sont mises !

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Ah non, vous n'êtes pas très galant, monsieur Chassaigne !

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Emporté par le cynisme de votre logorrhée, vous perdez de vue que l'immense majorité du peuple est imperméable à vos grands airs indignés, …

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… parce que vos leçons éculées de morale républicaine n'occulteront jamais la réalité de votre réforme et ne désarmeront pas les opposants à votre projet de régression sociale ; parce que la vérité, c'est que vous êtes incapable de répondre aux questions que se posent les citoyens, relayées par les oppositions parlementaires…

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… et parce que vos envolées pour faire croire que votre projet de loi est la semence d'un nouveau pacte social…

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En réalité, c'est la fin du modèle social !

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… n'occulteront jamais ce qu'il est réellement : un simple débris, celui des avancées sociales d'un gouvernement issu du Conseil national de la Résistance dans lequel siégeaient communistes et gaullistes.

Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.

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Ce n'étaient pas les mêmes gaullistes qu'aujourd'hui !

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Il y a encore des communistes, mais il n'y a plus de gaullistes !

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« Notre ambition est désormais, par le nouveau système, de mettre toute la vie de l'individu en sécurité sociale », disait Ambroise Croizat. Cette ambition, vous dites en porter la flamme, mais vous n'en gardez que les cendres. Avec votre réforme, vous créez le contraire : l'insécurité sociale, c'est-à-dire l'angoisse du lendemain.

Aussi, chers collègues de la majorité, je voudrais m'adresser plus particulièrement à celles et ceux parmi vous qui vivent dans l'oubli de leur métamorphose, dans l'oubli de leurs engagements passés et des combats que nous avons pu partager contre les puissances de l'argent.

MM. Jean-Paul Dufrègne et Sébastien Jumel applaudissent.

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Vous parlez comme les supplétifs du parti socialiste !

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Je sais que vous vous reconnaîtrez et je vous appelle à ne plus être les dupes de bonne foi d'une telle hypocrisie collective. Je vous appelle à voter aujourd'hui en écoutant votre conscience.

Vifs applaudissements sur les bancs des groupes GDR, SOC et FI.

Mmes et MM. les députés des groupes MODEM et LaREM se lèvent et applaudissent.

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Le Gouvernement a engagé sa responsabilité sur le projet de loi portant création d'un régime par répartition et par points ; il revient désormais à la représentation nationale d'assumer à son tour ses responsabilités, sur la situation qui nous a conduits ici aujourd'hui, sur le texte qui sortira de l'Assemblée nationale, mais aussi sur l'état démocratique de notre pays.

Oui, nous avons vécu un moment de blocage parlementaire ; oui, nous avons vécu une période d'obstruction.

« Mais non! » sur plusieurs bancs du groupe GDR.

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Nous avons étudié des amendements et des sous-amendements qui tenaient de l'anthologie des synonymes de la langue française ou du dictionnaire de la ponctuation ; je tiens à le rappeler, puisque tous ceux qui avaient annoncé leur stratégie d'obstruction publiquement – dans cet hémicycle, dans les couloirs, dans les médias – il y a trois semaines, se sont soudainement mus depuis trois jours en de pures transcendances. Mais pas plus que l'article 49, alinéa 3, n'a transformé les carrosses en citrouilles, ni les gros sabots en pantoufles de verre, il n'a transformé des obstructeurs obstinés en débatteurs désintéressés.

Vifs applaudissements sur les bancs des groupes MODEM et LaREM.

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L'obstruction est un droit – pas un devoir, mais un droit ; on peut même lui reconnaître une fonction tribunicienne. C'est un prétexte, certes, pour soulever des questions de fond ; mais, sur chaque sujet, ces amendements et ces sous-amendements ne donnaient lieu qu'à un débat décousu.

Protestations sur les bancs du groupe GDR.

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Nous parlions pénibilité, nous allions vers les retraites agricoles ; des retraites agricoles, nous passions à la part du PIB consacrée au système de retraite ; puis nous repassions à différents cas particuliers, à certaines professions ; enfin nous arrivions aux retraites progressives, à la gouvernance, en passant par le financement.

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Parce que nous n'avions jamais de réponses à nos questions !

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Et sur chaque amendement, sur chaque sous-amendement, nous recommencions !

Applaudissements sur les bancs des groupes MODEM et LaREM.

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Nous avons fait cent fois le tour de la loi, peut-être trois fois le tour du monde dans l'ordre alphabétique des pays plutôt que dans une progression logique.

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C'est que notre pensée est plus complexe que la vôtre !

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C'est à une obstruction assez sophistiquée que nous avons eu affaire, je le reconnais ; mais plutôt que de regretter cette issue, ce débat sans vote, que vous avez, chers collègues des oppositions, assez largement provoqués, assumez ! Prenez vos responsabilités : vous avez voulu obstruer le débat parlementaire !

Applaudissements sur les bancs des groupes MODEM et LaREM.

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Je vous renvoie à la citation apocryphe de Bossuet : nous pourrions rire des hommes qui déplorent les conséquences dont ils ont chéri les causes.

Applaudissements sur quelques bancs du groupe MODEM.

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Non, on ne peut pas créer des problèmes pour regretter ensuite qu'ils surviennent !

La majorité, elle, assume ; elle assume ses choix et elle assume ce texte.

Prenons la question probablement la plus sensible : celle des régimes spéciaux. Nous avons entendu la gauche, et il est légitime qu'elle veuille les défendre, les relégitimer. Nous avons d'ailleurs compris qu'il y avait aussi un match dans le match : un match entre la majorité et les oppositions, mais aussi un autre entre deux groupes de la gauche parlementaire pour savoir qui serait le meilleur représentant des syndicats qui défendent les régimes spéciaux.

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La droite aurait voulu supprimer les régimes spéciaux plus vite, comme le président Abad l'a rappelé tout à l'heure à cette tribune ; nous, majorité, nous avons assumé ce choix d'un même système pour tous, qui s'adapte aux particularités de chacun en fonction de son travail, de son mérite, de ses efforts et de ses difficultés, d'un système qui prenne en considération chaque personne pour lui permettre de façonner sa retraite non pas en fonction de son statut particulier ou de son entreprise, mais en fonction de la réalité de son travail. Sinon, comment comprendre qu'une secrétaire comptable dans une association soit obligée de partir à la retraite plus tard qu'une secrétaire comptable qui fait le même métier dans une entreprise sous statut ? Oui, nous assumons la suppression des régimes spéciaux.

M. Laurent Saint-Martin et Mme Marie-Christine Verdier-Jouclas applaudissent.

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Mais nous assumons aussi de prévoir une transition longue.

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« Mourir pour des idées, d'accord, mais de mort lente ! »

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Non, nous ne le ferons pas brutalement ; nous assumons de remettre de l'équité dans le système, mais en respectant les personnes qui ont bénéficié de ces régimes : c'est le respect de la parole donnée et du contrat signé. Nous aurions aimé pouvoir en débattre de façon moins décousue.

Nous croyons que ce texte apporte des garanties aux Français, tant pour solidifier notre système par répartition que pour réparer les injustices qui en étaient nées au fil du temps : solidifier, parce que la première garantie que l'on doit aux Français, c'est le niveau des pensions, aujourd'hui comme demain ; réparer, pour toutes les femmes qui partent à la retraite à 67 ans par obligation, pour les agriculteurs, les commerçants, les indépendants, pour ceux qui ont eu une carrière heurtée – ce mot pudique pour parler des accidents de vie professionnelle – , pour les travailleurs en galère, pour les bas salaires.

Exclamations sur les bancs du groupe LR.

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Nous avons beaucoup entendu qu'il ne fallait pas réformer ce système parce qu'il y avait plein de problèmes, chez les agriculteurs, chez les commerçants, chez les femmes. Prétendre que l'on ne doit pas réformer un système précisément en raison de ses défauts, voilà bien un sophisme assez sophistiqué ! Ces béances existent ; voilà pourquoi il nous fallait refonder notre système.

Applaudissements sur les bancs des groupes MODEM et LaREM.

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Il y a une grande frustration dans la majorité à ne pas pouvoir débattre projet contre projet.

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Nous aurions voulu débattre projet contre projet avec l'opposition de droite…

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Le MODEM, c'est quand même un peu la droite…

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… de la retraite à 65 ans, de la retraite de base et de l'obligation d'une assurance complémentaire, sur la capitalisation. Nous croyons, nous, que ce système désavantage les plus faibles, les bas revenus : quand on a une carrière heurtée, il faut courir après les complémentaires, et quand on a de bas revenus, on ne peut pas accéder à la capitalisation.

Nous aurions aussi voulu débattre avec les oppositions de gauche, de la retraite à 60 ans, d'un nouveau régime qui devrait consacrer 17 % à 18 % de notre PIB aux retraites plutôt que 13 % à 14 %. Mais nous sommes le pays qui consacre la plus grande part de son PIB à son système de retraite.

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Aller plus loin, ce serait consacrer moins à l'hôpital public, à la justice, à la dépendance, aux forces de l'ordre, à l'école… Nous croyons, nous, que faire société, c'est aussi faire solidarité.

Applaudissements sur les bancs du groupe MODEM et sur de nombreux bancs du groupe LaREM.

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Il y a donc beaucoup de frustration, mais, heureusement, le Gouvernement a accepté d'intégrer des amendements de la majorité, mais aussi de l'opposition – et je l'en remercie : parmi les oppositions responsables, il y avait sans doute aussi beaucoup de frustration à ne pas pouvoir défendre ses projets et ses avancées. Le texte qui sortira d'ici ne sera pas celui qui y est entré.

Nous avons ainsi pu progresser sur la gouvernance, apportant de nouvelles garanties aux Français et à la représentation syndicale. Nous avons apporté de nouvelles garanties sur les droits familiaux, et en particulier sur les femmes aux plus bas salaires. Nous avons apporté des avancées supplémentaires sur la retraite progressive, avec cette notion de transmission, de tutorat, qu'en fin de carrière toute femme et tout homme qui a accumulé une expérience professionnelle doit pouvoir transmettre. Nous avons progressé sur la pénibilité.

Car si, demain, il doit y avoir un âge d'équilibre, comme dans tout système de retraite, celui-ci doit pouvoir être modifié en fonction de l'usure physique de chaque métier exercé par les Françaises et les Français : c'est cela, la justice.

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Heureusement, nous avons aussi intégré à ce texte les avancées de la négociation avec la représentation syndicale : sur les transitions, sur le minimum contributif, sur les garanties apportées aux régimes autonomes.

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Ce n'est pas vous, c'est le Gouvernement ! Je crois que vous faites une confusion entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif…

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D'abord, nous avons pu – dans cet hémicycle – intégrer des garanties pour les réserves des régimes autonomes. C'est la garantie majeure qu'il nous fallait leur apporter : que ceux qui ont constitué des réserves puissent continuer d'en disposer. Nous avons aussi voté les meilleures conditions possibles de transition, et en particulier pour les avocats.

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Eh bien, les avocats n'en sont pas sûrs du tout !

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Je veux m'arrêter sur ce point. Nous avons inscrit dans ce texte la meilleure manière de les accompagner.

Protestations sur les bancs du groupe LR.

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C'est difficile, évidemment, de vivre leur situation : ils ont pris leurs responsabilités ; conscients de l'évolution démographique, ils avaient déjà voté une augmentation de leurs cotisations. Nous avons fait en sorte, en inscrivant dans ce texte des dispositifs d'accompagnement, qu'aucune augmentation ne soit nécessaire d'ici à 2029, et qu'à partir de cette date, une augmentation de 10 à 15 euros par mois leur permette d'accéder au nouveau régime universel.

Protestations sur les bancs du groupe LR.

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Eh bien, 75 000 avocats ne sont pas convaincus !

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Pour autant, je reconnais que cela peut constituer un effort pour la profession d'avocat : contrairement aux caricatures que l'on peut entendre ici ou là dans la rue, selon lesquelles les avocats gagneraient tous forcément très bien leur vie et seraient tous forcément des notables, ce n'est pas le cas des jeunes avocats, et ce n'est pas le cas des petits cabinets.

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Ce qui se joue ici, ce n'est pas seulement la question des retraites des avocats ; c'est la place de l'institution judiciaire dans notre pays – cette institution judiciaire que nous devons mieux protéger et que nous devrons, demain, mieux financer.

Applaudissements sur les bancs du groupe MODEM et sur quelques bancs du groupe LaREM. – Exclamations sur les bancs du groupe LR.

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Malgré toutes ces frustrations, le texte va heureusement continuer de vivre !

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Il va d'abord continuer de vivre avec la démocratie sociale…

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… qui va mener une négociation sur le financement et sur la pénibilité. Nous avons accepté qu'une place soit laissée à la démocratie sociale pour que, sur ces deux points, le projet de loi puisse être complété. Oui, nous acceptons que la démocratie implique un partage du pouvoir : la démocratie parlementaire partage le pouvoir avec la démocratie sociale.

Le texte va continuer à vivre au Sénat, vous l'avez dit, monsieur le président Abad. J'attends avec impatience que la retraite à 65 ans, la retraite de base et la capitalisation y soient inscrites : quand vous aurez refillonisé le texte au Sénat, nous pourrons le remacroniser quand il reviendra à l'Assemblée nationale !

Applaudissements sur les bancs des groupes MODEM et LaREM.

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N'étiez-vous pas vice-président de Laurent Wauquiez ?

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Le débat continuera évidemment demain, ici, sur le projet de loi organique. Ce sera une excellente occasion d'observer l'attitude de tous ceux qui ont opportunément prétendu qu'ils ne s'étaient livrés à aucune obstruction pendant quinze jours : comment se comporteront-ils ?

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Rendez-vous demain, pour voir si nous pourrons enfin travailler sur le fond.

Pour terminer, permettez-moi quelques mots sur l'état de notre démocratie. Depuis samedi, de grands mots, montés sur de grands chevaux – brutalité, violence, déni de démocratie – ,…

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… ont été employés pour critiquer l'utilisation d'un article 49, alinéa 3, qui avait permis, par le passé, d'adopter l'acte II de la décentralisation, la création du Fonds de solidarité vieillesse et du Conseil supérieur de l'audiovisuel – CSA – ou l'instauration de la CSG – contribution sociale généralisée – , excusez du peu !

Dans une démocratie, des opposés ne sont pas forcément des adversaires, ni des ennemis, ni, monsieur Chassaigne, des petits soldats ou des supplétifs.

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Dans une démocratie, un contre-argument n'est pas forcément un mensonge qui dissimulerait des intentions secrètes.

Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes MODEM et LaREM.

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Dans une démocratie, le débat public n'est pas forcément la guerre, ni la guerre de tranchées à l'Assemblée nationale.

Dans une démocratie, il existe d'autres formes d'expression que de demander, pour chaque réforme, son retrait sinon rien.

« Rien », c'est le mot que M. Damien Abad a reproché au rapporteur Nicolas Turquois d'avoir prononcé.

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Le rapporteur a dit que nous n'étions pas la République !

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Je cite encore Bossuet : « On répare ses fautes quand on les pleure. » Et le rapporteur, qui a fait l'objet de harcèlement pendant quatre semaines, s'est excusé immédiatement de son mot malheureux. C'est là l'honneur d'un homme et celui de la démocratie.

Vifs applaudissements sur les bancs des groupes MODEM et LaREM.

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Nous devons, chers collègues, mesurer notre responsabilité dans le débat public qui ne ressemble pas toujours au vacarme en stéréo que vous venez de m'infliger.

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Dans une démocratie, nous pouvons préférer la négociation à l'obstruction, le peuple à la foule, la parole aux pancartes et l'élection à l'insurrection – à laquelle certains ont appelé.

Applaudissements sur les bancs des groupes MODEM et LaREM.

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Si le recours à un article de la Constitution est qualifié de dictature, si déjà, aujourd'hui, des têtes sont mises sur des piques, des lynchages mimés et des permanences caillassées, où s'arrêtera-t-on demain ? Autorisera-t-on la décapitation de vraies têtes et la lapidation parlementaire ?

Nous sommes tous ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons pas par la force de pressions ou d'invectives, fussent-elles inspirées par de légitimes inquiétudes et de sourdes colères.

Vifs applaudissements sur les bancs des groupes MODEM et LaREM.

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Il y a des colères et des inquiétudes, mais notre devoir est de ne pas les attiser, quels que soient les bancs sur lesquels nous siégeons. Nous respectons la parole de chaque banc.